15 novembre 2006

Inauguration des travaux d'un monument à la mémoire de Martin Luther King

Des milliers de personnes bravent le froid pour rendre hommage au pasteur King.

 
Le président Bush salue les filles de Martin Luther King, Yolanda Denise King et Bernice Albertine King (© AP Images)

Washington - Le 13 novembre, sur le « National Mall », la grande esplanade centrale de Washington, des chanteurs d'opéra et de gospel se sont produits, le président Bush, l'ancien président Clinton et quatre enfants ont prononcé des discours, des poètes ont lu des œuvres et 75 personnes ont creusé le sol avec une pelle afin d'inaugurer les travaux de construction d'un monument à la mémoire du héros de la lutte pour les droits civils, le pasteur Martin Luther King.

Le président Bush a déclaré que ce monument serait à sa juste place, entre le monument à Thomas Jefferson, « qui a proclamé le credo de l'Amérique », et celui d'Abraham Lincoln, « qui a défendu le credo de l'Amérique », parce que le pasteur King a été le rédempteur de ce credo.

Ce monument, le premier jamais érigé sur le « Mall » à la mémoire d'un Afro-Américain, devrait être achevé en 2008.

Durant l'été 1963, le pasteur King prononça son fameux discours intitulé « I have a Dream » (Je fais un rêve) sur les marches du monument à Lincoln devant plus de 200.000 défenseurs des droits civils qui s'étaient rassemblés sur cette vaste esplanade où s'alignent les principaux musées de la capitale et les mémoriaux aux grands personnages et faits de l'histoire des États-Unis. De nombreuses personnes considèrent ce discours comme l'un des plus marquants de l'histoire du pays.

Les paroles du pasteur King seront gravées sur le monument, derrière une cascade et près d'une « pierre d'espérance » évoquant une phrase du discours dans laquelle il affirme : « Telle est notre espérance. Telle est la foi que je ramènerai dans le Sud. Forts de nos convictions, nous parviendrons à distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d'espérance. »

À l'époque de la lutte pour les droits civils, les Afro-Américains étaient séparés des Blancs dans les écoles, les centres commerciaux, les restaurants et les autobus. Dans le Sud, ceux qui essayaient de s'inscrire sur les listes électorales étaient victimes de violence. Le pasteur King a entamé une longue campagne non violente de résistance pour corriger ces erreurs. Dans son fameux discours mentionné ci-dessus, il a déclaré que son peuple ne serait satisfait que « lorsque le droit jaillira comme l'eau, et la justice comme un torrent intarissable ». Moins d'un an plus tard, le président Johnson promulguait la Loi sur les droits civils, qui mettait fin à la ségrégation.

Le 13 novembre, par une matinée froide et pluvieuse, 5.000 personnes sont venues assister au premier coup de pioche. Les militants en faveur des droits civils qui étaient proches de Martin Luther King et qui sont encore en mesure de voyager étaient présents, notamment : Andrew Young, le premier Afro-Américain à représenter les États-Unis aux Nations unies ; le député John Lewis, fondateur du Student Nonviolent Coordinating Committee durant la lutte pour les droits civils ; Dorothy Height, présidente honoraire du Conseil national des Noires ; et Jesse Jackson, un homme politique influent et un ancien candidat à la présidence des États-Unis.

Selon M. Young, si les Américains célèbrent les paroles de Martin Luther King, ce n'est pas seulement parce qu'il les a prononcées, mais parce qu'il a vécu ce dont il parlait. Durant sa lutte non violente pour les droits des Afro-Américains, en effet, sa maison a subi un attentat à la bombe, il a été condamné pour fraude fiscale, il a été poignardé, et il a été emprisonné pour non-renouvellement de son permis de conduire.

M. Bush a fait l'éloge du pasteur King pour avoir forcé l'Amérique à vivre à la hauteur de ses idéaux. Il a affirmé que le rêve du pasteur King n'avait pas volé en éclats par la balle d'un assassin, mais qu'il continuait d'inspirer des millions de gens dans le monde entier.

Nelson Mandela, le héros de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, a envoyé une lettre dans laquelle il affirme que l'action du pasteur King a eu une influence bien au-delà des frontières des États-Unis. Il note également que Martin Luther King était une âme généreuse qui a tenu tête à la tyrannie sans jamais chercher à obtenir de gains personnels.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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