15 novembre 2006
Les tribus amérindiennes conservent le statut souverain spécial de « nations intérieures dépendantes ».
Washington - De nombreuses personnes sont perplexes lorsqu'elles entendent le président des États-Unis utiliser des expressions telles que « base d'une relation de gouvernement à gouvernement avec les gouvernements tribaux », « souveraineté tribale » ou encore « autodétermination » pour les Amérindiens. Les États-Unis ne sont-ils pas « une nation... indivisible » comme l'affirme le serment d'allégeance ?
La réponse est plus complexe qu'un seul « oui » ou « non ». Selon le bureau de la justice tribale du ministère américain de la justice, les tribus amérindiennes sont considérées comme des « nations intérieures dépendantes » au sein des États-Unis. En tant que telles, elles continuent à exercer leurs pouvoirs souverains sur leurs membres et territoires sauf dans les domaines où ces pouvoirs ont été modifiés spécifiquement par le droit américain. Les Amérindiens sont plus que de simples membres d'un groupe racial minoritaire aux États-Unis ; ils constituent un peuple autochtone des Amériques bénéficiant d'un statut assimilable à la double nationalité.
Lors de son discours du 1er novembre 2006 où il proclama le Mois du patrimoine amérindien, le président Bush réaffirma le respect de son administration pour la politique nationale d'autodétermination des tribus amérindiennes, politique lancée sous le président Richard Nixon.
Les États-Unis « continueront à travailler sur la base d'une relation de gouvernement à gouvernement avec les gouvernements tribaux et à honorer le principe de souveraineté tribale et le droit à l'autodétermination », a déclaré M. Bush, et « à s'assurer que l'Amérique demeure une terre de promesses pour les Amérindiens, les peuples autochtones de l'Alaska et tous nos citoyens ».
Au cours d'une rencontre en février dernier entre des responsables du gouvernement américain et des délégués des peuples autochtones pour rédiger une « déclaration interaméricaine des droits des peuples autochtones », John Maisto, le représentant permanent américain auprès de l'Organisation des États américains, avait déclaré que les États-Unis étaient « fiers de leur engagement de longue date en faveur de la souveraineté tribale et de l'autodétermination et des relations de gouvernement à gouvernement avec des tribus reconnues au niveau fédéral ».
« La politique d'autodétermination pour les Amérindiens est l'un des aspects les plus positifs de l'expérience américaine et pourrait éventuellement servir de modèle pour améliorer les relations entre d'autres pays et leurs peuples et populations indigènes », avait-il poursuivi.
Le gouvernement fédéral américain reconnaît à l'heure actuelle 561 nations amérindiennes. Le bureau des affaires amérindiennes (BIA) du ministère des affaires intérieures des États-Unis gère en fiducie 22,5 millions d'hectares de terres pour les Amérindiens. Le BIA est également chargé de l'administration des écoles tribales qui comptent quelque 48.000 Amérindiens aux niveaux primaire, secondaire et universitaire.
Appartenance tribale
Chaque tribu détermine qui en est membre, et une personne peut appartenir à plusieurs tribus. Par conséquent, parmi les 4,5 millions de citoyens américains, soit 1,5 % de la population totale, identifiés lors du dernier recensement (juillet 2005) comme amérindiens à 100 % ou en partie amérindiens ou indigènes de l'Alaska, beaucoup peuvent demander à appartenir à plusieurs nations amérindiennes.
En général, les tribus utilisent le système de proportion de sang autochtone ou le système de descendance, ou une combinaison des deux, pour octroyer le statut de membre. Les tribus peuvent aussi imposer des critères de domiciliation ou autres pour toutes les personnes qui souhaitent devenir membres.
Dans le cadre du système de proportion de sang autochtone, un candidat au statut de membre doit prouver qu'il a hérité d'un certain pourcentage de sang « amérindien » de la tribu à laquelle il souhaite appartenir. La nation « Nez Percé » par exemple accorde le statut de membre à tous ceux qui justifient « d'au moins un quart d'ascendance amérindienne de la tribu Nez Percé ».
Le système de descendance n'établit pas un degré minimal de proportion de sang autochtone. Mais les candidats intéressés doivent prouver qu'ils descendent directement d'un membre d'une tribu à une période donnée. La nation Cherokee dans l'Oklahoma, par exemple, exige que les candidats parviennent à faire remonter leur ascendance jusqu'à une personne au moins dont le nom se trouve sur la liste « Dawes » de 1899-1907, la liste officielle des personnes reconnues par la commission Dawes en tant que membres des tribus amérindiennes Cherokee, Creek, Choctaw, Chickasaw et Seminole.
Les Amérindiens participent activement à tous les aspects de la vie américaine. Parmi les Amérindiens les plus célèbres, on trouve l'ancien sénateur Ben Nighthorse Campbell (Cheyenne du Nord), Richard West, directeur fondateur du musée national des Amérindiens (Cheyenne du Sud, Cheyenne et Arapaho), le physicien Fred Begay (Navajo et Ute), le médaillé olympique Billy Mills (Lakota), le compositeur Louis Ballard (Quapaw et Cherokee), la ballerine Maria Tallchief (Osage), le poète Simon Ortiz (Acoma), le chanteur du groupe Village People, Felipe Rose (Lakota), l'acteur Floyd Red Crow Westerman (branche du peuple Sioux du Dakota), l'actrice Irene Bedard (Inupiat Eskimo et Cree), l'auteur Leslie Marmon Silko (Laguna Pueblo), l'écrivain Scott Momaday (Kiowa)et la militante et femme de lettres Winona LaDuke (Ojibwa).
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)