07 novembre 2006
L'Iran conduit des exercices militaires tout en défiant l'ONU avec son programme nucléaire.

Washington - Les actuels exercices militaires menés par l'Iran dans le golfe Persique constituent « un message d'intimidation et de peur », affirme le commandant des forces navales américaines dans la région, le vice-amiral Patrick Walsh.
« Cet exercice vise réellement à intimider les habitants de la région et à leur faire peur », a-t-il affirmé, le 3 novembre, lors d'une interview accordée à la chaîne télévisée Fox après que l'Iran eut testé trois nouveaux missiles marins d'une portée de 170 kilomètres. L'ensemble du Golfe est désormais à la portée des armes iraniennes.
M. Walsh s'inquiète tout particulièrement de la menace que représentent ces missiles pour les navires qui circulent sur la mer d'Oman et dans le détroit d'Ormuz, par où transitent chaque jour 20 % des fournitures pétrolières du monde.
Le 3 novembre, l'Iran a testé trois types de missiles mer-mer et sol-mer, (le Noor, le Kausar et le Nasr), dans le cadre d'exercices militaires de dix jours appelés « The Greatest Prophet » (Le plus grand prophète). La veille, l'Iran avait entamé ces exercices par des tests de missiles Shahab-2 et Shahab-3, de courte et moyenne portée. Les médias iraniens rapportent que les missiles Shahab sont équipés de charges à fragmentation qui peuvent atteindre une portée de 2.000 kilomètres, ce qui place l'ensemble du Moyen-Orient et une partie de l'Asie centrale et du Sud à la portée des armes iraniennes.
« Le message que nous souhaitons transmettre est que nous nous tenons fermement aux côtés de nos amis de la région », a affirmé M. Walsh.
L'exercice iranien a commencé moins d'une semaine après que les États-Unis eurent organisé un exercice naval conjoint avec 25 pays dans le Golfe. Il s'agissait de simuler l'interception d'une expédition illégale d'armes nucléaires.
M. Walsh a écarté toute comparaison entre les deux opérations, affirmant que les exercices dirigés par les États-Unis s'inscrivaient dans un programme multinational de respect de la loi visant à prévenir la prolifération des armes de destruction massive.
« Aucun coup de feu n'a été tiré durant cet exercice », a-t-il souligné.
Les exercices militaires iraniens ont lieu à un moment où Téhéran est en conflit avec la communauté internationale au sujet de son programme nucléaire. L'Iran refusant de renoncer à son programme d'enrichissement d'uranium, le Conseil de sécurité de l'ONU est en train d'envisager des sanctions contre ce pays. Téhéran affirme rechercher uniquement une puissance nucléaire civile pacifique, mais de nombreux membres de la communauté internationale craignent que cette technologie ne serve à fabriquer des armes nucléaires.
En 2005, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a découvert en Iran des documents détaillant diverses méthodes de coulage d'uranium enrichi dans des cylindres réservés uniquement à la fabrication d'armes nucléaires.
Les responsables américains refusent de croire que l'Iran s'intéresse exclusivement à l'énergie nucléaire. « Si c'est ce qu'ils veulent, on leur a offert les moyens d'obtenir l'énergie nucléaire », a déclaré la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, lors d'une interview accordée le 4 novembre. Dans le cadre d'un train de mesures incitatives visant à convaincre Téhéran de renoncer à son programme d'enrichissement d'uranium, les États-Unis, la Chine, la France, l'Allemagne, la Russie et le Royaume-Uni avaient en effet offert d'aider l'Iran à développer son industrie nucléaire civile.
« Le monde n'est pas prêt à les voir dotés des techniques d'enrichissement et de retraitement qui peuvent mener à la capacité de fabriquer une arme nucléaire », a dit Mme Rice. « Ils ont donc eu leur chance. Cette chance existe toujours. Mais il va y avoir une résolution du Conseil de sécurité qui reconnaît le fait que l'Iran n'a pas encore respecté la volonté de la communauté internationale. »
Les exercices militaires iraniens doivent s'achever le 11 novembre.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)