02 novembre 2006
La politique prend en compte les nouvelles technologies et l'importance de l'espace dans le commerce international.
Washington - La liberté d'action dans l'espace est au cœur de la nouvelle politique américaine nationale sur l'espace, qui fait l'objet d'une révision pour la première fois en 10 ans. La nouvelle politique tient compte des avancées technologiques et de l'importance croissante de l'espace pour le commerce international, la science, la paix et la sécurité.
Les nouveaux aspects de cette politique comprennent l'utilisation de l'espace pour assurer la sécurité du territoire en accentuant et en renforçant les partenariats interagences et l'importance accordée à la réussite des missions du gouvernement américain dans ses programmes d'acquisition de l'espace.
« Depuis un certain temps », explique un haut responsable au Washington File le 20 octobre, « les défis, dangers et possibilités évoluent et les nouvelles agences créées par le gouvernement, tels que le ministère de la sécurité intérieure, doivent en tenir compte ».
La nouvelle politique vise à renforcer la base scientifique et technologique de l'espace et la compétitivité industrielle américaine ainsi qu'à encourager le développement d'un nouveau cadre de professionnels de l'espace et l'utilisation par le gouvernement américain des capacités commerciales de l'espace.
Dans une déclaration du 11 octobre, M. Robert Luaces, représentant des États-Unis auprès de la Première Commission sur le désarmement et la sécurité internationale de l'Assemblée générale des Nations unies, explique : « Les États-Unis reconnaissent l'importance cruciale de l'accès et de l'utilisation de l'espace pour notre économie et notre sécurité nationale. »
La commission se réunit chaque octobre et est ouverte à tous les représentants des 191 pays membres des Nations unies.
« Nous devons tous nous engager en faveur de ce droit », poursuit M. Luaces, « car perdre l'accès à l'espace aurait des conséquences graves sur l'économie mondiale et sur nos vies quotidiennes ».
Les technologies spatiales et satellitaires ont augmenté la valeur et l'utilisation de l'espace sur terre. Aujourd'hui, dans le monde entier, nous dépendons des capacités spatiales pour les services radio, la prévention et la gestion des catastrophes, les services d'intervention d'urgence, les systèmes personnels de navigation, les distributeurs automatiques de billets de banques, le suivi d'envoi des colis et l'utilisation des téléphones portables.
Aucune course aux armements dans l'espace
Lors de la réunion de la Première Commission, M. Luaces a déclaré que les États-Unis s'opposeraient à toute proposition de négociation sur la prévention d'une course aux armements dans l'espace.
Conformément à la politique spatiale américaine, « les États-Unis s'opposeront à la mise en place d'un nouveau régime juridique ou de toute restriction visant à interdire ou limiter l'accès ou l'utilisation de l'espace par les États-Unis. Toute proposition d'accord ou de restriction sur le contrôle des armements ne peut limiter le droit des États-Unis à lancer des activités de recherche, de développement, de test et toute autre opération dans l'espace en vue de défendre les intérêts nationaux américains. »
« Le danger face auquel nous devons rester vigilants », déclare Robert Luaces, « n'est pas une course aux armements théorique dans l'espace mais toute menace qui empêcherait un accès et une utilisation pacifiques de l'espace, comme par exemple les moyens installés au sol visant à limiter le libre accès et l'utilisation des systèmes et services spatiaux ».
D'après un haut responsable, cette nouvelle politique confirme que les États-Unis demeurent « complètement engagés » envers une utilisation pacifique de l'espace qui inclut notamment les activités liées à la défense.
« Nous pensons également que les autres pays ont le droit d'utiliser l'espace », ajoute-t-il, et que « les nations qui disposent de systèmes, capacités et services dans l'espace disposent d'un droit de libre passage, à savoir que leurs satellites doivent pouvoir aller, sans entraves, là où ils le souhaitent ».
Les États-Unis conservent le droit de protéger leurs installations spatiales, soutient-il, mais « cette protection ne signifie pas nécessairement l'utilisation de la force ».
Une telle protection englobe un large éventail d'actions diplomatiques et techniques non militaires telles que le déplacement ou le « durcissement » des systèmes satellitaires.
La politique spatiale américaine
La nouvelle politique spatiale, explique M. Frederick Jones, porte-parole du Conseil national de la sécurité, dans un communiqué, « parachève une initiative présidentielle visant à réviser l'ensemble de la politique spatiale des États-Unis », dont les cinq piliers suivants ont été mis à jour depuis 2003 :
- Réglementation sur la télédétection commerciale (avril 2003) : contrôle l'octroi de licences pour l'utilisation de systèmes spatiaux de télédétection commerciale et l'accès à ces systèmes par d'autres pays. (Pour de plus amples renseignements, consulter le site Web de l'U.S. Geological Survey.)
- Vision pour l'exploration spatiale (janvier 2004) : programme d'exploration spatiale visant à défendre les intérêts scientifiques, sécuritaires et économiques américains.
• Politique américaine sur les transports dans l'espace (décembre 2004) : définit la politique, la réglementation et les procédures nationales d'application des programmes de transport dans l'espace.
• Politique américaine sur le positionnement, la navigation et la synchronisation dans l'espace (décembre 2004) : détermine la réglementation et les actions liées aux programmes de positionnement, de navigation et de synchronisation dans l'espace.
Certains volets de la politique de l'espace sont classifiés mais une feuille d'information est disponible sur le site Web du Bureau de la Maison-Blanche pour la politique en matière de science et de technologie.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)