01 novembre 2006
Ils sont issus de nombreux groupes minoritaires
Washington - Reflétant une tradition de pluralisme politique et de participation qui remonte à la fondation des États-Unis, des Américains aux origines raciales et ethniques diverses et aux croyances religieuses multiples se présentent aux prochaines élections de mi-mandat présidentiel.
De 1788, lorsque les habitants de Pennsylvanie élurent trois Américains d'origine allemande au premier Congrès du pays, à l'heure présente où les maires des trois plus grandes métropoles - New York, Los Angeles et Chicago - se réclament de leurs origines juive, mexicaine ou afro-américaine - les Américains ont de tout temps élu des hommes et de femmes issus de toutes les races, ethnies et religions.
Cette année, plusieurs Afro-Américains briguent certains des 33 sièges en lice au Sénat, notamment le gouverneur adjoint républicain Michael Steele, dans le Maryland, et les démocrates Erik Fleming dans le Mississippi et Harold Ford dans le Tennessee.
Cette année, 51 candidats afro-américains briguent un siège à la Chambre des représentants, qui en compte 435. Au Massachusetts, l'ancien ministre adjoint de la Justice Deval Patrick est donné favori pour devenir le premier gouverneur afro-américain de cet État.
Les femmes continuent à jouir de la faveur des sondages. Quatorze femmes sont actuellement sénatrices et 12 femmes (dont 6 sortantes) figurent au scrutin de 2006. Le 109e Congrès comptait 138 membres féminins à la Chambre des représentants.
Au niveau des États, 6 femmes briguent le poste de gouverneur, notamment en Alaska et dans le Massachusetts. Le Centre pour les Américaines et la politique au sein de l'université Rutgers, fait état du nombre record de 2.431 femmes candidates aux législatures régionales.
Ces chiffres sont le reflet d'efforts constants, de la part des deux principaux partis politiques, pour attirer des candidatures pouvant plaire à une population de plus en plus diverse.
Les membres de certaines minorités sont de plus en plus nombreux sur la scène politique. Si les Américains d'origine latino-américaine constituent la minorité la plus importante du pays, ils sont encore nombreux à n'avoir pas atteint 18 ans, l'âge auquel on peut voter aux États-Unis. Il n'empêche que deux Américains d'origine latino-américaine ont été élus au Sénat en 2004 et que 27 d'entre eux sont membres de la Chambre des représentants.
En septembre, les organisateurs d'une conférence nationale latino-américaine, tenue à Los Angeles, se sont engagés à recruter un million de nouveaux électeurs d'origine latino-américaine, une stratégie dont se réjouit Louis DeSipio, un politologue attaché à l'université de Californie, à Irvine. « Les défilés attirent l'attention des gens, mais ils ne poussent pas pour autant un plus fort pourcentage de la communauté à participer aux affaires civiques. Cela, c'est le fort des campagnes qui encouragent les gens à voter et à s'inscrire sur les listes électorales », a-t-il dit au Los Angeles Times.
Les communautés arabes et musulmanes, qui se chevauchent en partie, ont lancé des campagnes d'inscription sur les listes électorales et augmenté leur appui financier aux campagnes politiques. Lors de l'élection de 2004, 85 % des musulmans inscrits sur les listes ont voté, un pourcentage bien plus élevé que la moyenne nationale.
Quatre Américains d'origine arabe et de foi chrétienne sont actuellement membres de la Chambre des représentants et un est sénateur, un petit groupe auquel espèrent se joindre des candidats du Michigan et du Texas en 2006. Au Minnesota, Keith Ellison est donné pour vainqueur dans la course à la Chambre, ce qui le ferait devenir l'élu musulman de plus haut rang de la nation.
Les Américains d'origine asiatique accroissent aussi leur présence sur la scène politique. En 2005, quelque 550 d'entre eux détenaient des postes d'élus, dont deux de sénateurs et cinq de membres de la Chambre des représentants. Lors d'une élection notoire de 2005, Jun Choi, un Américain d'origine coréenne, a remporté la victoire sur le maire sortant d'Edison, cinquième ville du New Jersey, qui avait été élu 4 fois à ces fonctions.
À l'instar de la plupart des élus, les chefs de file politique appartenant à une ethnie particulière ont commencé leur carrière politique au niveau local. Et, lorsque ceux qui réussissent le mieux progressent vers des fonctions d'élus au niveau régional ou national, ils doivent exercer un attrait sur un grand nombre de groupes divers et représenter leurs intérêts.
Ainsi, au Massachusetts, Deval Patrick a prôné une « renaissance au plan de l'éducation » parmi les Afro-Américains, mais en tant que candidat au poste de gouverneur, il a promis l'école maternelle à temps complet et l'enseignement précoce pour tous les enfants de 3 et 4 ans de l'État.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)