10 mai 2006
Highland Tea accroît le commerce équitable pour les produits kényans.
Washington - Pour la Kényane Wanja Michuki, le désir de se lancer dans le commerce du thé est venu des petits planteurs de son pays, qui travaillent du matin au soir pour de maigres revenus.
« Les petits planteurs produisent la majorité des thés kényans, pourtant ils sont toujours pauvres. Je passe beaucoup de temps dans notre village, où ma mère a ses plantations de thé. Nous faisons partie d'une petite communauté de planteurs où tout le monde connaît ses voisins », a déclaré Mme Michuki lors d'une interview téléphonique accordée au « Washington File ».
Elle a expliqué que ces petits planteurs, pour la plupart illettrés, vendaient leurs thés en gros aux enchères de Mombasa à un prix très faible (près de 1,5 dollar par kilogramme). « Mais, chaque année, ils voient leurs coûts de production augmenter, ce qui fait que leur revenu se réduit de plus en plus. »
Ce sont les intermédiaires qui font tous les profits. « Une boîte de thé d'environ 40 grammes se vend entre trois et six dollars. Étant donné que le planteur ne reçoit que 1,5 dollar, quelqu'un d'autre empoche la différence. »
Mme Michuki a été éduquée dans de prestigieuses universités américaines, mais son cœur reste à Kanyenyaini, le village de sa grand-mère, au pied du mont Kenya. Elle y a passé de nombreux étés après avoir été élevée sur une plantation de café. C'est sa mère, Watiri, qui a fini par décider de consacrer ses terres fertiles à la culture du thé. « Elle a planté les premières pousses en 1991 », a précisé Mme Michuki.
Formée à la gestion des entreprises et des investissements, Mme Michuki a rapidement pris conscience du fait que là n'était pas sa passion. C'est en cherchant sa voie qu'elle a découvert le commerce équitable. Il s'agit d'un collectif d'associations organisées sous la coupe du Fairtrade Labelling Organizations International (FLO), un organe de normalisation et de certification. Le commerce équitable permet à plus d'un million de producteurs et de travailleurs de 50 pays de bénéficier de produits étiquetés « Commerce équitable ».
Au fil de ses recherches, Mme Michuki a rencontré des gens qui l'ont invitée à une réunion des grands producteurs de thé qui se tenait aux États-Unis. Y participait notamment Steven Smith, directeur de Tazo Teas, distribués par la chaîne Starbucks, entre autres. M. Smith l'a encouragée à aller de l'avant. Ainsi est née la société Highland Tea.
Mme Michuki travaille maintenant pour l'Agence kényane de développement du thé. Il s'agit essentiellement d'une coopérative de petits planteurs. « La coopérative gère les usines auxquelles nous envoyons le thé. Et nous avons réussi à faire bénéficier l'usine de Kanyenyaini du label « Commerce équitable ».
À l'heure actuelle, la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) n'aide pas la société Highland Tea parce que ses produits sont emballés aux États-Unis.
« Nous exportons le thé en gros et l'emballage est fait ici, aux États-Unis. Mais, conformément à nos objectifs de développement, nous voulons que cela change. Cela ferait une différence parce que, normalement, lorsque vous exportez des produits emballés vers les États-Unis, vous devez payer des droits de douane. Or l'AGOA supprimerait ces droits. »
Elle a ajouté que l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) l'avait aidée à participer à des foires commerciales. « Le mois prochain, nous participerons à une foire commerciale à Chicago, le « Fancy Food Show ». L'USAID paie pour notre stand, ce qui nous permet de participer. »
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)