10 mars 2006
Les Américains célèbrent cette fête en colorant leurs rivières et leurs rues en vert.
La Saint-Patrick offre aux Américains d'origine irlandaise ou autre l'occasion de célébrer leur côté irlandais de diverses façons, qu'elles soient authentiques, novatrices ou carrément vulgaires, mais aucune d'entre elles ne s'est révélée aussi courante ou durable que le défilé annuel.
Des défilés ont lieu le 17 mars ou les jours précédents dans des villes du monde entier, notamment à Dublin, à New York, à Montréal et à Boston, mais aussi à Londres, à Paris, à Rome, à Moscou, à Péking, à Hongkong et à Singapour.
Aux États-Unis, les défilés de la Saint-Patrick sont très populaires, même dans des régions où le nombre d'habitants d'origine irlandaise est faible, et prennent un air régional. Ce jour-là, Chicago colore ses rivières en vert et d'autres villes se contentent de peindre en vert les bandes de signalisation dans les rues empruntées par le défilé. À La Nouvelle-Orléans, le défilé prend un air de carnaval et, au lieu de jeter des colliers de fausses perles comme pour le Mardi-Gras, les personnages des chars jettent des légumes sur la foule, peut-être en souvenir des milliers d'Irlandais qui se sont enfuis de l'Irlande pendant la famine des années 1800 pour venir mourir de maladies tropicales en Louisiane.
Le premier défilé connu de la Saint-Patrick a eu lieu le 17 mars 1762, lorsqu'un petit groupe de New-Yorkais d'origine irlandaise se sont dirigés vers l'auberge de John Marshall située près de l'intersection actuelle des rues Barclay et Church à Manhattan. C'est à peu près tout ce que l'on sait de ce défilé.
Destiné tout d'abord à montrer, selon l'historien John Ridge, que « les nouveaux immigrés étaient des citoyens respectables, dignes d'estime dans la société américaine », le défilé est vite devenu un moyen d'affirmer la force politique des Irlandais à New York.
Le défilé de New York est le plus important de tous aux États-Unis. Ses organisateurs font état de plus de 200.000 participants, notamment des fanfares, des groupes de joueurs de cornemuse et de tambour, des policiers, des soldats, des sapeurs-pompiers, des membres de sociétés d'immigrés et des groupes équestres. Le défilé attire près de 2 millions de spectateurs.
Les autres défilés qui ont lieu depuis très longtemps aux États-Unis comprennent ceux de Boston (1737), de Philadelphie (1780), de Chicago (1843) et de San Francisco (1852).
En 1855, Thomas Francis Meagher, qui deviendra plus tard un héros de la guerre de Sécession des États-Unis, a décrit le défilé de New York comme « un festival de souvenirs », et ses organisateurs estiment qu'il en est encore ainsi de nos jours. « C'est un festival de souvenirs religieux, culturels et familiaux (...) car chaque participant et chaque spectateur, même ceux qui ne sont Irlandais que pour ce jour-là, ont leur propre histoire familiale, une histoire qui, vu ce qu'est ce pays et ce qu'est le monde, parle probablement d'exil, de dépossession, de lutte et de réussite, de déclin et de renaissance ainsi que de continuité. »
(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)