26 juin 2006
Les partisans de l'Initiative de sécurité contre la prolifération se sont réunis à Varsovie.
Washington - Alors que les représentants de haut rang de soixante pays adhérant à l'Initiative de sécurité contre la prolifération (ISP) se réunissaient le 23 juin en Pologne, le président Bush se félicitait de l'adhésion de nouveaux pays, notamment de pays du Golfe persique et d'Asie centrale.
« Je m'associe au président Lech Kaczynski pour accueillir les partisans de l'ISP », souligne M. Bush dans un communiqué publié par la Maison-Blanche le 23 juin, rendant hommage aux participants pour s'être déclarés prêts à refuser aux terroristes et aux États dévoyés la possibilité d'obtenir des armes de destruction massive (ADM) et les matériaux qui y sont liés.
Et d'ajouter : « Il faut que tous les États responsables se joignent à cet effort mondial pour mettre fin au commerce des ADM contribuant à la prolifération. »
Depuis son lancement en 2003, à Cracovie, a souligné le président, « cette initiative qui comprenait au départ une poignée de nations est devenue un partenariat international comprenant plus de 70 pays représentant toutes les régions du monde ».
« Ensemble, nous œuvrons à entraver les activités financières des réseaux qui soutiennent la prolifération, ainsi que le préconisent les résolutions 1540 et 1673 du Conseil de sécurité de l'ONU », a expliqué M. Bush, précisant que l'action commune entravait les activités des sociétés de façade et des réseaux encourageant la prolifération ainsi que le transport de ces matériaux dangereux, que ce soit par voie terrestre, aérienne ou maritime.
- La ministre des affaires étrangères de Pologne souligne les succès remportés par l'ISP
Lorsqu'elle a accueilli les participants à la conférence, la ministre des affaires étrangères de Pologne, Mme Anna Fotyga, a rappelé que la prolifération des ADM exigeait une action internationale décisive et régulière.
Elle s'est réjouie des résultats obtenus depuis la réunion à Cracovie, en 2004, qui marquait le premier anniversaire de l'Initiative, faisant remarquer que le réseau des nations y participant s'étendait aux quatre coins du monde et que ces nations représentaient des régions où la question de la prolifération des ADM était la plus préoccupante.
Du fait des instruments juridiques adoptés et des capacités acquises par les pays membres de l'initiative aux plans militaire et juridique, a-t-elle fait valoir, il a été possible de mener à bien des activités d'interdiction et de bloquer des cargos d'équipements suspects.
- L'AEI souligne la souplesse de l'ISP et le fait que les pays y adhèrent volontairement
En janvier, l'American Enterprise Institute for Public Policy (AEI), qui a son siège à Washington, a publié un rapport soulignant le caractère remarquable de l'ISP, celle-ci ayant « opposé à la menace de la prolifération une véritable coalition mondiale ».
Les auteurs du rapport, Thomas Donnelly et Vance Serchuk, font valoir qu'au lieu de séparer les relations transatlantiques et transpacifiques en deux sphères, l'ISP englobe à la fois des puissances maritimes asiatiques telles que le Japon et l'Australie et des nations européennes telles que les Pays-Bas, la Pologne et le Royaume-Uni.
La souplesse de l'initiative se reflète dans le caractère volontaire de la participation des pays. Les deux auteurs expliquent les multiples façons permettant aux pays d'y prendre part, qui vont du partage des informations à l'organisation de réunions en passant par une formation en matière d'interdiction.
À ce jour, le succès le plus remarquable de l'ISP a été l'interdiction du navire-cargo « BBC China » en octobre 2003, qui a été intercepté alors qu'il se rendait en Libye avec, à son bord, des pièces destinées à l'enrichissement de l'uranium. C'est à cet événement que l'on attribue la remontée de la filière du réseau nucléaire d'A. Q. Khan et la décision de la Libye de finalement abandonner son programme d'ADM.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)