22 juin 2006
Résumé des propos du président de cette ONG
Washington - L'organisation non gouvernementale (ONG) Africare, qui travaille en étroite collaboration avec 26 pays africains, a réalisé des progrès considérables dans la lutte contre certains des problèmes les plus pressants du continent, notamment la pauvreté, la famine et la maladie, a affirmé son président, M. Julius Coles, lors d'une discussion organisée le 20 juin au Woman's National Democratic Club (Club national des femmes démocrates) de Washington.
Africare est une organisation sans but lucratif qui fournit de l'aide à l'Afrique depuis plus de 35 ans. Son regretté cofondateur, Diori Hamani, avait dit que la tâche était « immense - à la mesure du continent africain ». (La citation se trouve sur le site web d'Africare).
Le budget annuel d'Africare a considérablement augmenté, puisque de 39.550 dollars en 1971, il est passé à 50 millions de dollars aujourd'hui. L'organisation a distribué pour 540 millions de dollars d'aide et, selon son site web, elle continue de chercher à s'agrandir et à améliorer les services qu'elle fournit.
Africare cherche à aider « les plus pauvres d'entre les pauvres », a dit M. Coles. Cela signifie qu'il faut entreprendre de nombreux projets loin des capitales nationales. « Nous commençons nos travaux là où s'arrête le bitume », a-t-il affirmé.
Africare se distingue par sa concentration sur la coopération avec les collectivités locales. Cette philosophie émane en partie de ses fondateurs, dont bon nombre ont fait partie du Corps de la paix. De plus, 90 % des employés d'Africare sont africains, les 10 % restants venant des États-Unis, a précisé M. Coles.
Les États-Unis contribuent au développement africain par le truchement du Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, créé en 2002, du PEPFAR (Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida dans le monde) annoncé par le président Bush en 2003, et de la Société du compte du millénaire (MCC), dont la création a été proposée en 2002 et que le Congrès a établie en 2004. Les citoyens américains font également des contributions à titre privé. « Les Américains sont très généreux, et ils ont donné généreusement dans le monde », a affirmé M. Coles.
La coopération entre les États-Unis et l'Afrique qui se matérialise par le truchement des projets d'Africare permet à l'aide de parvenir à ceux qui comprennent le mieux les besoins locaux, ce qui a pour résultat d'émanciper les collectivités locales. Par exemple, dans un camp pour les réfugiés du Darfour (Soudan) installé au Tchad, Africare assure la distribution des vivres, s'occupe des installations sanitaires et fournit de l'eau potable. Elle offre également des formations susceptibles de permettre aux réfugiés d'obtenir un revenu et, partant, de retrouver une certaine autonomie.
La santé est un problème de premier plan en Afrique subsaharienne qui abrite, a rappelé M. Coles, 64 % de tous les sidéens du monde. Les enfants sont ceux qui souffrent le plus : nombre d'entre eux sont infectés par le VIH, et 12 millions d'enfants de moins de 17 ans ont perdu au moins l'un de leurs parents à cause du sida.
S'occuper de ces enfants est l'une des missions d'Africare. Un programme en cours dans quatre pays, à savoir le Mozambique, le Rwanda, la Tanzanie et l'Ouganda, permettra de fournir des soins médicaux, une éducation et des services juridiques à deux millions d'enfants.
Africare cherche également à soutenir l'agriculture, a ajouté M. Coles. Un projet lancé au Niger a permis à des agriculteurs de cultiver des légumes et des céréales dans des régions arides. Ils ont même réussi à cultiver du blé, ce qui, jusque-là, était considéré comme impossible. Ce succès est le résultat de la modification de certaines pratiques agricoles et de l'accès à l'eau. De 2001 à 2002, l'aide d'Africare a permis d'augmenter la production de 35 % dans cette région, et elle a moins souffert que d'autres de la récente sécheresse, a ajouté M. Coles.
Malgré ces nombreux problèmes, M. Coles entrevoit pour l'Afrique plusieurs raisons d'espérer. En 2005, le produit intérieur brut a augmenté de 4,9 % sur l'ensemble du continent. Cela s'explique en partie par les bénéfices tirés de l'exportation du pétrole et autres ressources naturelles, mais aussi par le développement du tourisme et les investissements réalisés dans les secteurs des télécommunications, des manufactures et du textile.
M. Coles a ensuite évoqué ce qu'il a qualifié de « renaissance » de l'économie africaine : des réformes dignes de ce nom, la déréglementation et de nouveaux dirigeants. Il a cité la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf comme l'un des nouveaux dirigeants prometteurs susceptibles d'aider les Africains à prendre en main leur propre développement.
« Je suis toujours optimiste lorsque je contemple le continent africain », a déclaré M. Coles, même si certains problèmes dont il a pris note il y a 45 ans, lors de sa première visite sur le continent, existent encore.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)