09 février 2006
Dépositions au Congrès concernant un projet de l'USAID qui vise la lutte contre la corruption.
Washington - Le gouvernement des États-Unis, qui a assisté le Liberia à hauteur de 1 milliard de dollars au cours des deux dernières années, compte continuer à appuyer ce pays où la démocratie commence à prendre forme, ont fait valoir de hauts responsables à l'occasion de dépositions devant la sous-commission de la Chambre des représentants chargée de l'Afrique.
Les luttes intestines qui ont déchiré le pays pendant sept ans, pratiquement détruit l'infrastructure du pays et tué des centaines de milliers de Libériens, ont pris fin à l'automne 2005, lorsque Mme Ellen Johnson-Sirleaf a remporté l'élection présidentielle, qui a été caractérisée de « libre et équitable ». Ancienne haute responsable de la Banque mondiale, Mme Johnson-Sirleaf a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille.
Pour la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, la poursuite de l'aide financière des États-Unis au Liberia, « est une bonne chose », et le président Bush, a-t-elle affirmé, « n'a pas l'intention d'abandonner le Liberia alors que ce pays où la démocratie a été rétablie cherche son équilibre ».
Le président de la sous-commission, M. Chris Smith (représentant républicain du New Jersey) s'est fait l'écho des sentiments des parlementaires au sujet de l'aide au Liberia en déclarant : « Pour que le Liberia se relève après son long cauchemar, il faut que les États-Unis montrent la voie au reste de la communauté internationale afin de faciliter ce rétablissement. Cela exigera un engagement constant de la part des États-Unis. »
Pour sa part, Mme Frazer qui, avec l'épouse du président, Mme Laura Bush, a assisté à la récente investiture de Mme Johnson-Sirleaf en tant que présidente, a déclaré : « Depuis 2003, nous n'avons ménagé aucun effort pour aider le Liberia à passer de la guerre à la paix et ce n'est pas maintenant que nous allons arrêter (...) Notre objectif est d'appuyer les efforts mis en œuvre sur le terrain pour épauler un gouvernement librement élu, une économie dynamique et les services, aux plans de la santé et de l'éducation entre autres, qui sont essentiels au bien-être de tout pays. »
À cette fin, a précisé Mme Frazer, l'allocation de 43 millions de dollars servira à mieux faire accepter les difficiles réformes politiques et économiques que doit mettre en place Mme Sirleaf-Johnson.
« Le gouvernement Bush envisage d'allouer près de 43 millions de dollars durant l'année budgétaire 2006 au titre de l'appui économique, un montant sur lequel 6 millions de dollars seront décaissés immédiatement pour appuyer des projets dont la portée se fera sentir rapidement tels que la reconstruction d'écoles, de tribunaux et d'hôpitaux. Il faudra aussi construire des routes pour relier les grandes villes du Liberia entre elles », a expliqué Mme Frazer.
L'administrateur adjoint pour l'Afrique de l'Agence des États-Unis pour le développement international, M. Lloyd Pierson, a précisé qu'un élément-clé de l'aide financière immédiate de 6 millions de dollars était le programme novateur de lutte contre la corruption baptisé « Governance and Economic Management Assistance Program » ou GEMAP, que Mme Johnson-Sirleaf a accepté avec enthousiasme.
« Ce programme accroîtra les fonds qui pourront être utilisés pour les services publics et permettra de protéger le gouvernement national contre la corruption et contre les rivalités en matière d'accès aux ressources, deux situations qui se sont révélées extrêmement déstabilisatrices par le passé », a-t-il souligné.
Le GEMAP, a dit M. Pierson, frappera au cœur même de la corruption dans le gouvernement car il implique le placement de contrôleurs et d'auditeurs dans les bureaux financiers des ministères afin de garantir que les fonds seront dépensés à bon escient. Il a indiqué que des Libériens de la diaspora pourraient être chargés de ces vérifications.
Une partie des fonds, a-t-il précisé, servira aussi « à préparer les contrats pour la gestion externe ou la privatisation d'installations génératrices de revenus, telles que les installations portuaires et aéroportuaires et l'exploitation des forêts ».
M. Pierson s'est déclaré d'avis que « la mise en œuvre réussie du GEMAP et l'adoption, par le gouvernement de Mme Johnson-Sirleaf, de principes fondamentaux de bonne gouvernance et de responsabilité financière, représenteront un nouveau modèle de gouvernement pour le peuple libérien ».
Et de conclure : « Grâce à l'engagement du nouveau gouvernement au Liberia et à l'appui continu de la communauté internationale, un avenir meilleur pour les habitants de toute l'Afrique occidentale est à portée de la main ».
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)