28 décembre 2006
L'association « America's Second Harvest » apporte une aide alimentaire à des millions d'Américains démunis.
Washington - Chaque année, plus de 25 millions d'Américains reçoivent une aide alimentaire par l'intermédiaire de l'association « America's Second Harvest », réseau de banques de vivres qui travaillent en collaboration avec des associations caritatives des États-Unis.
Ce réseau vient en aide à presque autant de personnes que le ministère de l'agriculture le fait par le biais de son programme de coupons alimentaires. Chaque année, il recueille et distribue environ 2 milliards de tonnes de vivres, indique sa directrice, Mme Maura Daly.
« America's Second Harvest » est le plus grand organisme privé d'aide alimentaire des États-Unis. Il a son siège à Chicago et chapeaute plus de 200 banques de vivres et organismes spécialisés dans la récupération de vivres dispersés aux quatre coins des États-Unis et à Porto-Rico.
Les banques de vivres sont des centres de distribution où 50.000 associations caritatives peuvent se procurer gratuitement les conserves, le pain et les autres produits alimentaires qu'elles redistribuent ensuite aux personnes démunies dans leurs localités. Ces associations locales sans but lucratif servent des repas, donnent des colis alimentaires et nourrissent les indigents dans le cadre de divers programmes.
C'est un homme d'affaires à la retraite de Phoenix (Arizona), du nom de John van Hengel, qui a eu l'idée de créer des associations spécialisées dans la récupération des aliments lorsqu'il a su que les supermarchés mettaient au rebut ceux qui avaient été endommagés. En outre, les indigents qui prenaient leurs repas à la soupe populaire où il était bénévole lui disaient souvent qu'ils fouillaient dans les poubelles de ces magasins pour récupérer des aliments et nourrir leur famille.
Convaincu qu'il y avait d'autres moyens un peu plus dignes pour ces personnes d'avoir accès à ces aliments, il a établi en 1967, grâce à un don de son église, un entrepôt qui s'est révélé être la première banque de vivres du pays.
Si de telles organisations n'existaient pas, explique M. Brian Smith de la Banque de vivres de la région de Washington (Capital Area Food Bank), « nombre de programmes d'aide alimentaire ne pourraient pas survivre, et les personnes en difficulté devraient s'adresser aux pouvoirs publics pour obtenir de l'aide ». À l'instar des autres banques de vivres, la Banque de vivres de la région de Washington bénéficie de dons d'aliments et d'objets ménagers de la part de producteurs, de supermarchés, de restaurants, de particuliers et de groupements.
Les dons des magasins d'alimentation peuvent comprendre des marchandises excédentaires ou les boites abîmées et les conserves cabossées que les clients n'achèteraient peut-être pas, mais dont le contenu est encore bon.
La plupart des banques de vivres reçoivent aussi des dons de produits tels que haricots, fromages et légumes du ministère de l'agriculture, ainsi qu'une aide financière permettant de couvrir leurs frais de stockage et de transport. C'est la seule aide que leur fournit l'État fédéral. Les dons en espèces proviennent principalement de particuliers, de fondations et d'entreprises. Ce sont en principe des bénévoles qui trient les articles donnés et qui les mettent dans des cartons pour qu'ils soient transportés aux soupes populaires, aux centres de personnes âgées et à d'autres associations caritatives.
Chaque année, précise M. Brian Smith, 11.000 bénévoles travaillent à la Banque de vivres de la région de Washington. Environ un tiers de ces bénévoles habitent dans d'autres États. Il peut s'agir de groupes confessionnels ou d'élèves du secondaire qui, en plus de visiter les lieux historiques de la région, souhaitent consacrer un peu de temps à des tâches d'intérêt général.
À l'échelle nationale, indique Mme Maura Daly, plus de 1 million de personnes travaillent bénévolement chaque année dans les banques de vivres ou pour des associations caritatives spécialisées dans l'aide alimentaire. « Les bénévoles sont le moteur de notre réseau », fait-elle valoir.
Les banques de vivres ne sont pas seulement destinées aux habitants de grandes villes. Le directeur de la Banque de vivres de l'Idaho à Boise, M. Roger Simon, précise que 81.400 personnes, dans cet État peu peuplé et surtout rural, reçoivent une aide alimentaire chaque année. Il s'agit principalement de personnes en situation précaire qui ont un emploi peu rémunéré et qui demandent de l'aide une fois qu'elles ont utilisé leurs coupons alimentaires mensuels.
Pour Mme Sue Cobley, une mère de 5 enfants qui était sans abri, c'est l'histoire d'une réussite. En 1996, elle a créé « Chefs to the Rescue » (Chefs à la rescousse), une association qui, tous les mois, récupère plus de 27 tonnes d'aliments préparés, mais non utilisés dans les restaurants de Boise, et qui collabore avec la Banque de vivres de l'Idaho pour redistribuer ces aliments aux personnes démunies.
La réaction aux cyclones Katrina et Rita, en 2005, a été un événement marquant pour « America's Second Harvest », explique Mme Maura Daly. En prévision de l'arrivée de ces cyclones, cette association a envoyé des camions de nourriture et d'eau dans des endroits sûrs à proximité de la côte du golfe du Mexique. Elle a expédié dans la région plus de 2.500 cargaisons de vivres, d'eau et d'autres fournitures, allant de couches pour bébé aux ouvre-boîtes. « Lors de catastrophes, nous pouvons nous mobiliser d'une minute à l'autre », dit-elle.
Selon les conclusions d'une étude d'« America's Second Harvest », le nombre des personnes qui reçoivent une aide alimentaire grâce à son réseau a augmenté de 9 % entre 2000 et 2004, et un plus grand nombre de personnes ont besoin d'une aide à titre temporaire plutôt qu'à long terme.
« En fait, notre réseau vient surtout en aide à des personnes qui doivent temporairement faire un choix difficile entre se nourrir ou payer les frais de chauffage, les médicaments ou les soins médicaux », fait remarquer Mme Daly.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)