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20 décembre 2006

Les impressions d'enseignants de langues étrangères venus d'autres pays

Les participants au programme Fulbright sur les langues étrangères

 

Washington - Lorsque des enseignants de trente-sept pays se sont réunis le 15 décembre à Washington, ils étaient désireux de faire part de leur expérience en tant qu'enseignants de leur langue maternelle dans des universités américaines.

Récents diplômés d'universités étrangères, ces enseignants participent au programme Fulbright qui leur permet de passer un an dans une université américaine en qualité d'auxiliaires enseignant vingt et une langues (notamment l'allemand, l'arabe, le chinois, le coréen, l'indonésien, le russe et le swahili). Ils servent aussi d'ambassadeurs culturels de leur pays auprès des étudiants américains et des villes où ils se trouvent.

Plusieurs d'entre eux ont indiqué que leurs idées préconçues sur les États-Unis s'étaient révélées tout à fait inexactes. La Tanzanienne Roswitha Gowela, qui enseigne le swahili à l'université Marshall en Virginie occidentale, a dit qu'elle avait craint que les Américains lui manifestent de la froideur, mais qu'elle avait découvert qu'ils étaient très ouverts et heureux de rencontrer des personnes de diverses origines.

« Au début, j'avais le mal du pays, a-t-elle admis, mais au bout de deux semaines j'ai fait la connaissance d'étudiants nigérians et somaliens et nous avons exécuté des danses africaines avec des étudiants américains qui étaient enthousiastes. »

Ses étudiants font des progrès réguliers en apprenant le swahili au moyen d'une méthode qui minimise l'utilisation de l'anglais. « Après trois mois d'enseignement, mes étudiants peuvent maintenant rédiger de courts essais en swahili. »

Le Libyen Milood Al-Omrani, qui enseigne l'arabe à une université d'Honolulu (Hawaï), a déclaré que le système éducatif américain offrait une souplesse qui étonnait les nouveaux venus. Dans les universités américaines, il est possible de transférer les unités d'enseignement et de changer de spécialité contrairement à ce qui se passe dans son pays. Toutefois, les études de premier cycle sont gratuites en Lybie et même les études de deuxième cycle ne sont pas chères si on les compare aux études dans les universités américaines.

C'est la première fois que Milood Al-Omrani est venu aux États-Unis, mais il n'est pas arrivé avec des idées préconçues provenant des médias, a-t-il dit en ajoutant : « Je n'ai pas confiance dans les médias. Si l'on veut comprendre les États-Unis, il faut les voir sur place. »

Les Américains sont parfois étonnés d'apprendre qu'il est de la Libye. « Quand ils apprennent que vous êtes du Moyen-Orient, a-t-il déclaré, ils pensent que vous êtes une créature exotique, alors que nous avons beaucoup de choses en commun. »

D'autres participants ont indiqué que leurs rapports avec les étudiants américains avaient permis de dissiper des stéréotypes de part et d'autre. C'est ainsi que la Bangladaise Zahida Sharmin, qui enseigne le bengali à l'université du Texas à Austin, s'est déclarée surprise des idées préconçues des Américains au sujet de son pays. « Ils pensent que le Bangladesh est un pays très arriéré et conservateur et que les femmes ne peuvent pas sortir de chez elles. Ma présence donne aux gens une idée de mon pays qui est plus près de la réalité. »

« Le Texas est très multiculturel, a-t-elle ajouté. On compte de nombreux immigrés mexicains, des Afro-Américains, des blancs, des Asiatiques de l'Inde, du Pakistan et du Bangladesh, et tout le monde semble avoir des rapports amicaux. »

Quant à Payenda Seddiqi, un Afghan qui enseigne le dari et le pachtou à l'université de Fayetteville en Caroline du Nord, il a déclaré qu'un grand nombre de ses compatriotes pensaient que les Américains n'aimaient pas les Afghans ou les musulmans, mais que toute personne pouvait être ce qu'elle voulait aux États-Unis. Il a expliqué qu'il avait craint de ne pas pouvoir remplir ses obligations religieuses en venant dans ce pays, mais qu'il avait vite découvert qu'il y avait une mosquée près de son université.

« Je suis venu ici, a-t-il dit, pour apprendre des choses que je pourrai appliquer à mon retour, telles que la création de relations étroites entre les étudiants et les enseignants », qui sont courantes dans les universités américaines. Il a aussi exprimé l'espoir de créer un site Internet pour son école en Afghanistan, semblable à celui de nombreuses écoles américaines.

Tous les participants à ce programme ont indiqué qu'ils comptaient continuer à enseigner à leur retour dans leur pays et tirer parti de leurs nouvelles connaissances, de leur plus grande confiance et de leur intérêt accru pour le multiculturalisme.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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