View Other Languages

We’ve gone social!

Follow us on our facebook pages and join the conversation.

From the birth of nations to global sports events... Join our discussion of news and world events!
Democracy Is…the freedom to express yourself. Democracy Is…Your Voice, Your World.
The climate is changing. Join the conversation and discuss courses of action.
Connect the world through CO.NX virtual spaces and let your voice make a difference!
Promoviendo el emprendedurismo y la innovación en Latinoamérica.
Информация о жизни в Америке и событиях в мире. Поделитесь своим мнением!
تمام آنچه می خواهید درباره آمریکا بدانید زندگی در آمریکا، شیوه زندگی آمریکایی و نگاهی از منظر آمریکایی به جهان و ...
أمريكاني: مواضيع لإثارة أهتمامكم حول الثقافة و البيئة و المجتمع المدني و ريادة الأعمال بـ"نكهة أمريكانية

08 décembre 2006

Les É.-U. financent des travaux sur les langues en voie d'extinction

L'aide financière de la Fondation nationale des humanités et de la Fondation nationale des sciences

 
Agrandissement
Verónica Grondona enregistre le chorote que parle Franco Bravo, à Misión La Paz, en Argentine. (Photo Verónica Grondona)

Washington - Dans le monde, des milliers de langues risquent de disparaître, mais des chercheurs s'emploient à découvrir ces liens linguistiques avec l'histoire et à les enregistrer.

C'est ainsi que seulement un quart des membres de la tribu Cheyenne du Montana (États-Unis) parlent leur langue maternelle, que seuls 200 Nigérians parlent le defaka et que l'on ne compte qu'une dizaine d'Africains qui parlent le nuu, une des quelques langues africaines dont certaines consonnes sont prononcées au moyen d'un claquement de langue.

Organisé par la Fondation nationale des humanités (National Endowment for the Humanities) et par la Fondation nationale des sciences (National Science Foundation), un programme sur les langues en voie d'extinction a permis d'accorder 9,4 millions de dollars au cours des deux dernières années à des chercheurs et à des locuteurs locaux en vue de créer des enregistrements numériques de ces langues. Environ la moitié de cette aide financière est destinée à des langues amérindiennes.

Plus de la moitié des 7.000 langues existantes dans le monde risquent de disparaître au cours de notre siècle, indique un communiqué de presse de ces deux fondations. L'une des raisons a trait à la mondialisation : de plus en plus il se révèle nécessaire dans le secteur des affaires d'avoir recours aux langues les plus répandues telles que le chinois, l'anglais, le français, l'espagnol, le russe et l'hindi. L'internet, la presse et la télévision ont aussi accéléré le rythme de disparition de certaines langues. Près de 80 % des internautes ne se servent que de dix langues, l'anglais et le chinois étant les langues utilisées par 42 % d'entre eux, selon le site internatstats.com qui fournit des statistiques relatives à l'internet, au monde des affaires, au secteur financier et au secteur de la publicité.

En faisant des enregistrements audiovisuels, des transcriptions, des dictionnaires et des grammaires, des linguistes peuvent parler avec les locuteurs d'une langue donnée en vue de créer des archives numériques permanentes. Il est possible ensuite de placer ces documents sur l'internet et faire connaître ces langues au monde entier.

Des linguistes collaborent avec des locuteurs du nuu, qui habitent dans le sud du désert de Kalahari, pour créer un dictionnaire et une grammaire qui permettront de faire des travaux de recherche sur la langue et l'histoire des Nuus et d'aider ceux-ci à enseigner à leurs enfants à écrire leur langue. Une linguiste de l'université Cornell, Amanda Miller, se sert d'un appareil portatif à ultrasons pour produire des images de la façon dont un locuteur du nuu bouge sa langue lorsqu'il fait des clics et d'autres sons compliqués.

Un des trois principaux investigateurs de ce projet, Bonny Sands, de l'université Northern Arizona, a déclaré à ce propos : « Chaque fois que je vais en Afrique australe, des personnes d'autres groupes ethniques me demandent quand je reviendrai pour étudier leur langue. Les gens se rendent compte de l'importance des langues. »

Selon l'UNESCO, c'est l'Afrique qui compte le plus grand de langues en voie de disparition. Akinbiyi Akinlabi, de l'université Rutgers, a reçu des subsides en vue d'étudier le defaka, qui ne compte que 200 locuteurs, et le nkoroo, une langue apparentée dont le nombre de locuteurs est de 5.000. « On ne devrait laisser mourir aucune langue sans l'avoir étudié scientifiquement, car une langue représente la culture d'un peuple, son mode de vie et son histoire », a-t-il dit.

Dans le cadre des projets de Bonny Sands et d'Akinbiyi Akinlabi ainsi que de la plupart des autres projets financés par le programme sur les langues en voie d'extinction, des étudiants de deuxième cycle, des locuteurs locaux et d'autres investigateurs du pays de ces locuteurs jouent un rôle essentiel dans les travaux de recherche.

« La qualité des données est bien meilleure si des locuteurs locaux participent à la prise de décisions et à la collecte de données », a indiqué Arienne Dwyer, de l'université du Kansas, qui emploie une vingtaine de personnes en Chine pour préparer une grammaire du monguor, langue mongolique non écrite qui est en voie de disparition dans le nord du Tibet.

Mme Dwyer a souligné que tous ces projets portaient essentiellement sur la documentation. « Nous n'avons pas à décider si une langue doit survivre ou disparaître, a-t-elle dit. Nous ne pouvons que nous présenter en tant que conservateur de ressources. »

Pour sa part, Helen Aguera, de la Fondation nationale des humanités, a indiqué que ce programme pouvait « contribuer à créer les ressources que la population locale serait en mesure d'adapter et d'utiliser en vue de la reviviscence de leur langue ». Par exemple, il est possible de simplifier un dictionnaire érudit pour en faire un dictionnaire élémentaire qui servira à l'enseignement de la langue.

À l'heure actuelle, la Fondation nationale des humanités et la Fondation nationale des sciences examinent les demandes d'aide financière dans le cadre du programme de 2007 et doivent annoncer les bénéficiaires au printemps prochain.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?