07 décembre 2006
Cette conférence vise à renforcer l'appui financier international en vue de se préparer à cette maladie et d'y répondre.
Bamako (Mali) - Le 6 décembre, plus de 350 représentants de pays du monde entier ont commencé à se réunir dans cette capitale ouest-africaine dans le cadre d'une conférence de trois jours durant laquelle les programmes visant à contrer la menace que représentent la grippe aviaire et la pandémie grippale seront évalués et les moyens de renforcer le financement des initiatives visant à s'y préparer et à y répondre seront étudiés.
Les participants à cette quatrième conférence internationale sur la grippe aviaire, organisée par l'Union africaine, le gouvernement du Mali et l'Union européenne, vont œuvrer pour accroître l'aide aux pays pour lesquels une épidémie de grippe aviaire risquerait d'avoir de graves conséquences aux plans social et économique.
Dirigée par l'ambassadeur John Lange, représentant spécial du département d'État pour les questions liées à la grippe aviaire et à la pandémie grippale, la délégation américaine s'est jointe aux représentants de haut rang des Nations unies et d'autres organisations internationales et régionales pour faire le point des flambées épidémiques du virus de la grippe aviaire et des risques de transmission.
La délégation américaine comprend, entre autres, M. Kent Hill, administrateur adjoint de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) chargé des questions liées à la santé mondiale ; le docteur David Bell, coordonnateur du bureau du ministère américain de la santé et des services sociaux pour les questions liées à la grippe dans le monde et M. Ron DeHaven, administrateur des services d'inspection sanitaire des plantes et des animaux au sein du ministère américain de l'agriculture.
Appréciant le grand nombre de participants à la conférence, M. DeHaven a fait remarquer : « Bien que d'énormes progrès aient été faits au cours des derniers mois pour s'attaquer au virus H5N1 chez les volatiles, il reste encore beaucoup à faire, en particulier ici en Afrique. Les engagements pris au cours de cette conférence permettront de maintenir l'élan nécessaire pour élaborer une stratégie mondiale efficace. »
Les progrès et les défis
Lors des premières réunions, des représentants du Canada, de Chine, d'Égypte, de l'Union européenne, d'Indonésie, du Nigeria et des États-Unis ont parlé de l'impact de la grippe aviaire sur leurs pays respectifs, des mesures prises pour y faire face et des stratégies mises au point pour mieux s'y préparer.
M. Joseph Domenech, chef vétérinaire pour l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, qui représentait également l'Organisation mondiale pour la santé animale, a fait le point de l'épizootie de grippe aviaire dans le monde.
En Afrique, a-t-il indiqué, la situation en ce qui concerne la grippe aviaire est complexe.
Depuis que le premier cas d'infection par le virus H5N1 de la grippe aviaire a été découvert au Nigeria en janvier, sept autres pays ont été touchés : le Cameroun, le Niger et l'Égypte, en février ; la Côte d'Ivoire, le Burkina-Faso et le Soudan, en mars ; et Djibouti en avril.
À ce jour, le virus H5N1 circule toujours au Nigeria et en Égypte et la Côte d'Ivoire fait encore état de flambées. Le virus pourrait avoir disparu du Cameroun et du Niger et il n'y a qu'en Égypte et à Djibouti qu'on a constaté des cas d'infection par ce virus chez l'homme.
Étant donné les faibles moyens dont disposent les services vétérinaires africains pour maîtriser les infections par le virus H5N1, le continent africain pose des défis particuliers.
« Du fait de la faiblesse des mécanismes de surveillance (en Afrique), nous ne pouvons être certains que l'infection n'est pas endémique dans certaines régions. En conséquence, il faut donner la priorité à l'Afrique lorsqu'il s'agit de soutenir la lutte contre la grippe aviaire », a souligné M. Domenech.
Les efforts internationaux
La réunion de Bamako est la quatrième conférence internationale depuis septembre 2005, date à laquelle le président Bush avait, lors de l'Assemblée générale de l'ONU, annoncé un nouveau partenariat international contre la grippe aviaire et la pandémie grippale qui doit permettre aux principaux pays et aux organisations internationales d'œuvrer de concert pour se préparer au mieux, à l'échelle mondiale, à l'éventualité d'une pandémie.
Les représentants de pays adhérant au partenariat se sont réunis à Washington en octobre 2005 et à Vienne (Autriche) en juin 2006 afin de coordonner les plans et les stratégies en matière de lutte contre la grippe aviaire.
En janvier 2006, les représentants des pays donateurs se réunissaient à Pékin et s'engageaient à appuyer financièrement les efforts relatifs à la lutte contre la grippe aviaire à hauteur de 1,9 milliard de dollars, les États-Unis versant pour leur part 334 millions de dollars. La contribution des États-Unis est passée à 392 millions de dollars en septembre 2006.
« Les activités internationales auxquelles nous participons pour aider d'autres pays sont la meilleure chose que nous puissions faire pour notre propre bien », a fait valoir M. Kent Hill, de l'USAID, ajoutant : « Si nous pouvons encourager la collaboration internationale, si nous pouvons renforcer les moyens des pays, si nous pouvons garantir une réaction rapide à une épidémie de grippe aviaire, ce sera la meilleure protection possible pour nous, et pour n'importe quel autre pays. »
La conférence de Bamako dure jusqu'au 8 décembre et les ministres de la santé, les ministres de l'agriculture, les hauts responsables et les spécialistes vont y évoquer les stratégies en matière de vaccination et de communication ainsi que les moyens de dédommager les éleveurs de volailles qui doivent détruire leurs animaux afin d'empêcher la propagation du virus de la grippe aviaire. Ils feront aussi le point des promesses de dons, lanceront des appels pour de nouveaux dons, présenteront des stratégies et établiront les priorités pour l'avenir.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)