15 août 2006
Les nouvelles statistiques du Bureau du recensement
Washington - Les immigrés aux États-Unis s'installent de plus en plus dans des régions diverses, autres que leurs lieux traditionnels de destination.
Selon des statistiques que le Bureau du recensement a diffusées le 15 août, en 2005 les États-Unis comptaient 36 millions d'habitants nés à l'étranger, soit 12,4 % de la population. Plus d'un tiers des habitants de Los Angeles et de New York n'avaient pas la nationalité américaine à leur naissance. Toutefois, ce sont les États du Sud-Est qui connaissent l'augmentation la plus rapide du nombre de leurs habitants nés à l'étranger.
Sur les 5 millions de personnes qui ont immigré aux États-Unis pendant les années 2000 à 2005, 58 % se sont installés dans les 6 États qui attirent depuis longtemps le plus grand nombre d'immigrés, à savoir la Californie, le Texas, la Floride, l'État de New York, le New Jersey et l'Illinois. La Californie à elle seule en a attiré 21 %.
Selon un démographe du Centre hispanique Pew de Washington, M. Jeffrey Passel, la proportion des immigrés dans ces 6 États est cependant en diminution. Dans les années 1980 et au début des années 1990, ces États avaient attiré 80 % des nouveaux venus, et la Californie 35 %.
De 2000 à 2005, les États de la Caroline du Sud, de la Géorgie, de l'Alabama, du Mississippi, de l'Arkansas, du Tennessee, du Kentucky, du Nebraska et du New Hampshire ont connu un taux d'augmentation du nombre de leurs habitants nés à l'étranger plus de deux fois supérieur à celui du taux de l'ensemble des États-Unis (qui est de 16 %).
D'après un directeur de recherche du Centre hispanique Pew, M. Rakesh Kochhar, la croissance économique et les emplois qui vont avec constituent des éléments qui attirent les immigrés. Le nombre de ces derniers a atteint un maximum à la fin des années 1990, puis a diminué. « Il se peut, a-t-il dit, que cette diminution ait été due à la récession ou aux attentats du 11 septembre 2001. Elle a constitué une pause temporaire en 2003 et en 2004, car on observe de nouveau une reprise des arrivées. »
M. Kochhar a attribué la forte augmentation de la proportion des immigrés qui s'installent dans le sud-est du pays au grand nombre d'emplois offerts dans les secteurs industriel, agroalimentaire et du bâtiment.
Le 10 août, il a rendu publique une étude qui compare le nombre d'emplois et le nombre d'habitants nés à l'étranger dans chacun des 50 États en vue d'évaluer l'incidence des immigrés sur l'emploi des travailleurs nés aux États-Unis. Lors d'une conférence de presse, il a indiqué n'avoir pu découvrir une tendance qui soit la même dans tous les États.
Selon le Bureau de recensement, les 2,9 millions de personnes originaires des pays latino-américains qui ont immigré aux États-Unis pendant la période 2000 à 2005 ont représenté la moitié de tous les nouveaux venus. Quelque 1,8 million d'entre eux étaient originaires du Mexique. Le groupe le plus important d'immigrés (1,2 million) après le groupe latino-américain est d'origine asiatique ; ceux-ci viennent notamment de pays tels que l'Inde, la Chine et les Philippines.
D'après l'ONU, ce sont les États-Unis qui comptent le plus grand nombre de personnes qui ont immigré dans le monde : 20 %. Pendant quinze ans, de 1990 à 2005, ils ont accueilli 15 millions de personnes, soit 75 % de l'augmentation des immigrés dans le monde. L'Allemagne et l'Espagne sont deux autres pays qui ont aussi accueilli un grand nombre d'immigrés : plus de 4 millions de personnes chacun.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)