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09 août 2006

Les États-Unis vont établir une mission auprès de l'Union africaine

Cette décision reflète l'importance qu'ils accordent au continent.

 

Washington - Les États-Unis seront le premier pays non africain à ouvrir une mission diplomatique auprès de l'Union africaine (UA), une action qui reflète l'importance que le gouvernement Bush accorde à cette organisation.

C'est ce qu'a affirmé, le 3 août, Mme Cindy Courville, représentante désignée des États-Unis à l'Union africaine, lors d'une déposition devant la commission sénatoriale des relations étrangères. Elle a à cette occasion cité les propos du président Bush sur l'Afrique : « L'Afrique revêt une importance géostratégique croissante et est une priorité de ce gouvernement. C'est un continent prometteur qui est lié aux États-Unis par l'histoire, la culture, le commerce et la stratégie. Notre objectif est que le continent africain connaisse la liberté, la paix, la stabilité et la prospérité. »

Mme Courville a affirmé que si le Sénat confirmait sa nomination, ces convictions fondamentales guideraient son action. Le Sénat doit en effet confirmer sa nomination pour qu'elle puisse prendre son poste à Addis-Abéba (Éthiopie), où se trouve le siège de l'UA.

Les États-Unis sont d'avis qu'afin de surmonter ses difficultés, l'Afrique a besoin de partenariats, et non de paternalisme ; d'institutions démocratiques plus fortes ; de développement économique par le truchement des échanges et des investissements ; d'une atmosphère de paix et de stabilité ; et d'une aide humanitaire axée sur la bonne santé.

Elle a ensuite qualifié la démocratie, la transparence et la bonne gouvernance de piliers d'une Afrique plus libre.

Selon elle, la liberté est un privilège et un droit dont tous les peuples devraient pouvoir se prévaloir, et elle a souligné que la démocratie avait progressé sur le continent africain plus que partout ailleurs au cours des dix dernières années.

Mme Courville a ensuite fait l'éloge de l'effet « multiplicateur » qu'exerçait l'UA en faveur de la consolidation de la démocratie en Afrique. « L'UA a poussé ses membres à augmenter la participation et la représentation des femmes au sein des parlements et des cabinets ministériels. Une Afrique démocratique, pacifique, stable et puissante économiquement est également un avantage pour les États-Unis. »

Ceux-ci cherchent à promouvoir le développement économique sur l'ensemble de l'Afrique par le biais du commerce et des investissements. Elle a félicité l'UA d'avoir fondé son cadre de politique économique sur les principes énoncés dans le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD). Ce programme, a-t-elle rappelé aux sénateurs, affirme que les Africains doivent prendre la responsabilité de leur développement et adopter une politique économique susceptible d'attirer des investissements et de créer des emplois.

Mme Courville a promis que si sa nomination était confirmée, elle coopérerait avec l'UA en harmonie avec la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne (AGOA) afin d'augmenter la compétitivité des produits africains et de faciliter l'intégration du continent à l'économie mondiale. Dans ce but, elle s'attachera particulièrement à aider l'UA à réduire les barrières commerciales sur le continent et à renforcer les communautés économiques régionales telles que la Communauté des États de l'Afrique de l'Est (EAC) et le Marché commun d'Afrique orientale et australe (COMESA).

La paix et la stabilité sont également des éléments essentiels du succès de l'Afrique, a dit Mme Courville.

Pour cette raison, les États-Unis doivent œuvrer avec leurs partenaires africains à développer des capacités régionales de maintien de la paix, à augmenter la coopération contre le terrorisme et à améliorer les capacités de réaction aux catastrophes. Elle a rappelé que les États-Unis avaient soutenu les deux grandes missions de maintien de la paix de l'UA au Burundi et au Soudan.

Mme Courville a également attiré l'attention des sénateurs sur l'African Contingency Operations Training and Assistance Program (Programme de formation et d'assistance aux opérations d'urgence en Afrique, dit Programme ACOTA), qu'elle a qualifié « d'outil fondamental » du renforcement des capacités des organisations régionales africaines. Le programme ACOTA permet d'augmenter le nombre des pays dans lesquels sont organisés des ateliers de formation, et de fournir des formations et des équipements à plus de 40.000 soldats de la paix des armées africaines participantes.

Elle a également cité le Centre africain d'études stratégiques comme outil essentiel du renforcement des moyens dont disposait l'Afrique au plan régional pour régler des questions politico-militaires à un niveau stratégique, améliorer les dispositifs nationaux de prises de décisions et renforcer les relations civilo-militaires.

L'Amérique ne recherche pas seulement une Afrique plus sûre, mais aussi une Afrique en meilleure santé, a-t-elle affirmé. Elle a félicité l'UA de ses travaux contre les fléaux que sont le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida sur le continent.

Les États-Unis sont la source de près de la moitié des ressources fournies par tous les gouvernements donateurs au titre de la lutte contre le VIH/sida, a-t-elle ajouté, citant le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR), une initiative de 15 milliards de dollars (sur cinq ans) visant à lutter contre la pandémie de sida dans 15 pays cibles, dont 12 en Afrique subsaharienne.

Les États-Unis sont également le principal donateur au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, auquel ils ont versé 600 millions de dollars entre 2001 et 2003.

Mme Courville a en outre souligné qu'en juin 2005, le président Bush avait lancé une initiative en faveur de la lutte contre le paludisme, dont l'objectif est de réduire de moitié les victimes de cette maladie dans les pays africains ciblés. Elle a promis qu'elle apporterait son aide à l'UA dans cette lutte contre les maladies.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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