21 avril 2006

Le réseau des parcs nationaux reflète le caractère de l'Amérique

Le Service des parcs nationaux des États-Unis protège des sites d'intérêt tant national qu'international.

 

On peut apprendre à connaître les États-Unis en étudiant l'histoire de ce pays, ses lois et les informations officielles et ce ne sont pas les statistiques concernant sa géographie, sa population et son économie qui manquent. Mais, pour ceux qui cherchent à appréhender l'esprit de la nation et à comprendre la vaste mosaïque d'éléments disparates qui forment l'Amérique, il n'existe pas de meilleur maître que le réseau des parcs nationaux.

Qu'il s'agisse de vastes étendues sauvages ou de minuscules bâtiments, les éléments qui constituent le Service des parcs nationaux capturent la splendeur et la grandeur des États-Unis et de leurs trésors naturels et historiques, ainsi que la fierté, la honte et les douleurs ressenties par la nation. Le réseau des parcs nationaux est l'un des patrimoines du pays dont la valeur est incalculable, un patrimoine préservé pour les citoyens des États-Unis et protégé pour le bonheur des générations à venir. En 2005, plus de 423 millions de personnes ont apprécié personnellement ce legs en visitant 388 sites de parcs couvrant plus de 336.000 kilomètres carrés.

Les racines de la nation sont profondes dans les vieux volcans du Lac des cratères en Oregon et dans les Cascades du Nord dans l'État de Washington. Les fossiles des premiers habitants du pays sont enterrés dans le Parc national des dinosaures au Colorado. Les flancs dominants de la vallée de Yosemite et les profondes crevasses du Grand Canyon témoignent de la force de la nature tandis que le Mont Rushmore, au Dakota du Sud, et le pont « Golden Gate », à San Francisco, témoignent de la force de l'homme.

Les parcs nationaux des États-Unis racontent aussi l'histoire des peuples de cette nation, qu'ils soient ces anciens colons venus d'Asie à qui il est rendu hommage dans la Réserve nationale du passage terrestre de Bering situé sur la péninsule de Seward au nord-ouest de l'Alaska ou ces arrivants plus récents dont les listes sont conservées dans les bâtiments de l'Ile Ellis sous l'œil vigilant de la Statue de la Liberté. La tragédie de l'expulsion de leurs terres des Indiens d'Amérique est commémorée tout au long de la « Piste des larmes », une piste ayant statut de parc historique national qui traverse neuf États. Dans le District de Colombie, la capitale fédérale, le triomphe sur les effets néfastes de l'esclavage est célébré dans la Maison de Frederick Douglass, ce célèbre abolitionniste, écrivain, conférencier, homme d'État et organisateur de la fuite d'esclaves par le « chemin de fer clandestin », lui-même ancien esclave.

De part et d'autre, dans le réseau des parcs nationaux, se dresse dans un silence éloquent un monument à la douleur et à la gloire des soldats américains ayant participé aux conflits armés : au Fort McHenry de Baltimore, au Parc militaire national de Gettysburg en Pennsylvanie, sur le site de l'USS Arizona à Pearl Harbor (Hawaï) et au Mémorial aux combattants de la guerre du Vietnam à Washington.

Fierté nationale, importance mondiale

Grâce aux parcs nationaux, les États-Unis préservent leurs héritages naturel, culturel et historique et offrent au monde un aperçu de l'expérience américaine. Ils sont aussi les conservateurs de précieuses ressources jugées universelles.

Le Conseil international des monuments et des sites (International Council on Monuments and Sites, ICOMOS, http://www.international.icomos.org/home_fra.htm), un organisme non gouvernemental créé en 1965 après l'adoption de la Charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites (Charte de Venise), est le principal conseiller de l'UNESCO pour les questions relatives à la protection des monuments et des sites et il fait des recommandations à cet organisme et au Comité du patrimoine mondial quant aux lieux à placer sur la liste des sites protégés.

C'est au ministre de l'intérieur des États-Unis, par le truchement du Service des parcs nationaux, que revient la responsabilité d'identifier les sites américains et de proposer leur adjonction à la liste du Patrimoine mondial (http://whc.unesco.org/fr/list/). À l'heure actuelle, vingt sites des États-Unis y figurent, dont deux qui sont conjointement administrés avec le Canada (Kluane/Wrangell-St Elias/Glacier Bay/Tatshenshini-Alsek et le Parc international de la paix Waterton-Glacier). Parmi les sites protégés aux États-Unis dont la valeur est considérée comme universelle, on compte les parcs nationaux de Yosemite, de Yellowstone, du Grand Canyon, des Great Smoky Mountains et des Everglades.

Le parc national de Yosemite, dans les montagnes de la Sierra Nevada, en Californie, est une région sauvage émaillée de futaies de séquoias géants et de pics rocheux élevés taillés dans le granite par les glaciers. « Aucun temple fait par la main de l'homme ne peut être comparé à Yosemite », affirmait le naturaliste John Muir, dont les écrits ont inspiré les partisans de la protection de la nature et les législateurs à faire en sorte que l'État fédéral protège sa beauté immaculée. Le 30 juin 1864, le président Abraham Lincoln signait un décret protégeant la vallée de Yosemite et la Futaie de Mariposa (Mariposa Grove) de l'exploitation privée. C'était la première fois qu'un gouvernement fédéral adoptait des mesures de protection de régions panoramiques pour le bénéfice de la population et celui des générations à venir. Au cours du temps, la réserve initiale s'est étendue pour atteindre 3.120 kilomètres carrés, soit une superficie un peu plus grande que celle du Luxembourg.

En 1872, le Congrès accordait le statut de parc national - le premier - à Yellowstone, à cheval sur les États du Montana et du Wyoming (l'Idaho est souvent mentionné également). Site touristique populaire, sa géologie complexe en fait un laboratoire naturel d'une valeur exceptionnelle. Il comporte plusieurs centaines de geysers, des milliers de sources d'eau chaude et un panorama sculpté par les glaciers et scellé par la lave des volcans. Le parc de Yellowstone est l'une des réserves naturelles de faune les plus importantes des États-Unis et un centre de recherches écologiques. Il couvre 8.987 kilomètres carrés, soit à peu près la superficie de Chypre.

Le Grand Canyon, dans le nord de l'Arizon, avec ses couches superposées aux couleurs chaudes, raconte l'histoire même de la planète Terre. Depuis environ 6 millions d'années, le fleuve Colorado se taille un chemin à travers le plateau du Colorado. La profondeur de la vaste gorge qui en résulte va d'un kilomètre et demi à plus de six kilomètres. Elle s'étend sur 240 kilomètres environ et, à certains endroits, est large de plus de 25 kilomètres. Protégé par l'État fédéral en 1919, le parc couvre près de 5.000 kilomètres carrés, soit un peu plus que la superficie du Cap-Vert, en Afrique.

Créé en 1934 dans certaines régions de Caroline du Nord et du Tennessee, le parc national des Great Smoky Mountains couvre l'une des plus vastes zones protégées de l'est des États-Unis. Abritant, selon les estimations, quelque 100.000 espèces de végétaux et d'animaux, le parc a le statut de réserve. Il bénéficie du Programme international de protection de la biosphère et fait l'objet d'études de la part de scientifiques du monde entier. Outre sa biodiversité et ses uniques caractéristiques géologiques, le parc est le gardien d'importantes étapes humaines, notamment des sites d'installations anciennes d'Amérindiens. Couvrant 2.086 kilomètres carrés, le parc a une superficie un peu plus vaste que celle de la Principauté de Monaco.

Les Everglades, en Floride, sont un écosystème fragile formé par une rivière d'eau douce peu profonde qui atteint près de 80 kilomètres de large par endroits et qui coule lentement jusqu'à l'extrémité de la Floride. Ayant reçu en 1947 le statut de parc national, les Everglades, qui se qualifient aussi en tant que « réserve de la biosphère », abritent dans leurs marécages, leurs pinèdes et leurs mangroves plus de 300 espèces d'oiseaux, ainsi que des alligators, des lamantins et une espèce de panthère que l'on ne trouve qu'en Floride. Les Everglades ont reçu la désignation de « zones humides d'importance internationale » en 1987, en vertu de la Convention sur les zones humides (Convention de Ramsar) signée en Iran en 1971 (http://www.pnae.mg/conference/CONVENTION_ZONES_HUMIDES.PPS). Cette convention fournit le cadre sous-tendant les actions aux niveaux nationaux et la coopération à l'échelle internationale en vue de la protection et de l'utilisation judicieuse des terres humides et de leurs ressources. D'une superficie de 5.560 kilomètres carrés, le parc des Everglades est à peu près de la taille du Brunei, en Asie.

Dans ces parcs et dans d'autres endroits sauvages d'Amérique du Nord, le Service des parcs nationaux s'efforce de réaliser le rêve exprimé en 1901 par le naturaliste John Muir de « protéger la beauté, la grandeur et la vaste utilité de nos réserves de forêts sauvages, de nos montagnes et de nos parcs, dans l'espoir d'encourager les gens à y venir et à en profiter, et qu'ils tiennent une place importante dans leur cœur ».

Le site du Service des parcs nationaux (http://www.nps.gov/) donne des détails supplémentaires (en anglais) concernant la visite de ces parcs. Le site du département d'État (http://www.unitedstatesvisas.gov/visiting.html) fournit des informations concernant les formalités que les voyageurs étrangers doivent remplir pour pouvoir se déplacer aux États-Unis.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?