26 octobre 2005
Cinq groupes de jazz vont se produire dans quinze pays pour les remercier de leur aide.
Washington - Il y a sept semaines, le joueur de trompette de jazz John Brunious, qui est âgé de soixante-cinq ans, a perdu tout ce qu'il possédait lors du cyclone Katrina. Secouru par barque alors que sa maison de La Nouvelle-Orléans était envahie par l'eau, il a passé quatre journées, souffrant de faim et de soif et dormant à même le sol, dans le palais des congrès de la ville avant d'être évacué par autocar au Texas et en Arkansas.
Cette semaine, après avoir emprunté une trompette, il s'est joint aux membres du célèbre groupe de jazz, le « Preservation Hall Jazz Band » pour participer à une tournée destinée à remercier les pays et les personnes qui avaient apporté une aide généreuse aux sinistrés du cyclone Katrina.
Le « Preservation Hall Jazz Band » est l'un des cinq groupes de musiciens qui doivent se produire dans quinze des pays qui ont offert une aide à l'intention des sinistrés. Leurs concerts font partie des tournées « New Orleans Jazz Heritage » organisées par le bureau des affaires éducatives et culturelles du département d'État et par le « Lincoln Center » de New York.
Les tournées de musiciens de jazz figurent parmi plusieurs programmes que le département d'État des États-Unis met actuellement sur pied pour aider directement les institutions culturelles des régions qui ont été ravagées par le cyclone Katrina, a indiqué la secrétaire d'État adjointe aux affaires éducatives et culturelles, Mme Dina Powell.
Le « Preservation Hall Jazz Band » a été le premier à se produire à l'étranger. Il a donné des concerts à Paris et à Orléans (France) les 20 et 21 octobre en reconnaissance des liens historiques étroits entre ce pays et la ville de La Nouvelle-Orléans, ainsi que de l'aide que la France a envoyée après le cyclone.
En effet, le gouvernement français a expédié à La Nouvelle-Orléans plus de 20 tonnes de vivres, de fournitures diverses et de matériel de secours et détaché du personnel militaire spécialisé dans la plongée sous-marine en vue de la remise en état des installations portuaires de cette ville.
Par ailleurs, des organisations non gouvernementales françaises ont envoyé des sapeurs pompiers, des spécialistes des télécommunications et du personnel médical. De leur côté, des entreprises françaises ont apporté une aide financière et alimentaire et ont envoyé des techniciens et du matériel. L'université d'Orléans a, quant à elle, accueilli 50 étudiants américains déplacés.
D'autres groupes de musiciens de La Nouvelle-Orléans représentant les grandes traditions du jazz américain doivent partir en tournée en novembre et en décembre. Ils iront dans des pays qui ont donné des millions de dollars d'aide et de matériel à l'intention des sinistrés.
Malgré ce qu'ils viennent de subir, les musiciens disent qu'ils désirent vivement dire au monde que la musique de La Nouvelle-Orléans est bien vivante. « Nous voulons, a dit John Brunious, apporter la musique aux gens, tout particulièrement maintenant puisqu'ils ne peuvent pas aller à La Nouvelle-Orléans. Notre musique est beaucoup trop importante pour laisser un cyclone nous empêcher de jouer. »
La tournée est aussi l'occasion de montrer les conséquences de la catastrophe, a fait remarquer le directeur du « Preservation Hall Jazz Band », Ben Jaffe, qui est aussi le joueur de basse. « Cinq de nos sept musiciens, a-t-il dit, ont perdu leur maison, leurs instruments, leurs voitures, leurs vêtements, les photographies de leurs enfants. Leur vie ne cesse de changer. Nous sommes terrassés sur les plans aussi bien psychologique que financier. Il faudra donc plus que l'aide de l'État, mais aussi l'attention d'étrangers et d'organismes du secteur privé pour aider La Nouvelle-Orléans et pour faire en sorte que sa musique y revienne. »
Le « Preservation Hall Jazz Band », a-t-il indiqué, a créé un fonds de secours pour les musiciens sinistrés de La Nouvelle-Orléans (www.preservationhall.com), et son objectif est d'accorder des dons à cent des grands musiciens de cette ville grâce auxquels la musique de La Nouvelle-Orléans pourra renaître.
Le « Lincoln Center » a également établi un fonds de secours (www.jazzatlincolncenter.org/HigherGround/katrina_.asp). Il a organisé en septembre un concert et une vente aux enchères afin d'aider les sinistrés du cyclone.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)