30 novembre 2005
L'Afrique a beaucoup à y gagner, affirme un haut responsable américain.
Washington - On n'observe aucun désaccord entre l'Afrique et les États-Unis sur la nécessité d'éliminer les mesures commerciales qui freinent la croissance économique du tiers monde, affirme M. William Jackson, directeur des affaires africaines au Bureau du représentant des États-Unis pour le commerce extérieur (USTR).
S'adressant, le 23 novembre, à Arusha (Tanzanie) à une réunion ministérielle de l'Union africaine (UA) traitant des principales questions à l'ordre du jour de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Jackson a dit, au sujet de l'Afrique, qu'« aucune autre partie du monde, sans doute, n'avait plus à gagner de la réussite de Doha, ni plus à perdre si les négociations n'aboutissent pas à des résultats ambitieux ».
Lancées en 2001, ces négociations, appelées officiellement Programme de Doha pour le développement et qui se sont achoppées à maintes reprises aux épineux dossiers agricoles, doivent reprendre à la mi-décembre à Hongkong.
À Arusha, M. Jackson a estimé qu'il était dans l'intérêt de tous les membres de l'OMC, tant de l'Europe que des États-Unis et du monde en développement, « de briser l'impasse actuelle des négociations sur l'agriculture », selon une copie de son discours qui a été diffusée par l'USTR.
« Les dirigeants africains ont affirmé qu'ils souhaitaient mettre la dynamique du commerce extérieur au service du développement économique et de la réduction de la pauvreté. Les négociations de Doha présentent la meilleure occasion d'y parvenir, en ouvrant le commerce mondial et en aidant l'Afrique à retirer les bénéfices d'un marché libre. »
Tout échec à Hongkong, a-t-il averti, constituerait « un grave revers » aux objectifs communs consistant à ouvrir les marchés mondiaux, à stimuler l'économie mondiale et à étendre les bienfaits du commerce extérieur aux pays pauvres.
Les États-Unis sont prêts à travailler de concert avec l'Union africaine et d'autres groupes africains à la réalisation de ces objectifs, a souligné M. Jackson.
Les propositions des États-Unis
Les États-Unis ont présenté « des propositions audacieuses et détaillées qui visent dans un premier temps à réduire les droits de douane, subventions et autres obstacles au commerce des produits agricoles et manufacturiers tout en maintenant l'objectif ultime qui est d'éliminer tous ces obstacles aux échanges », a déclaré M. Jackson.
Les négociations agricoles ont en fait avancé sur les questions de la concurrence aux exportations et des soutiens nationaux, mais non pas sur celle de l'accès au marché, a-t-il dit.
Pour ce qui est des premières, « les États-Unis ont déposé la seule proposition qui prévoie l'élimination aussi bien des subventions à l'exportation, d'ici à 2010, que des subventions à l'agriculture qui faussent le commerce des produits agricoles. La proposition des États-Unis implique des changements douloureux pour un grand nombre d'agriculteurs américains. Les milieux agricoles américains sont prêts à entreprendre cette difficile transition, à condition cependant que d'autres en fassent autant. »
Dans le secteur crucial du coton, « les États-Unis apprécient l'importance que revêt le coton pour nombre de pays africains et sont résolus à travailler de concert avec le groupe Afrique et avec les quatre États cotonniers d'Afrique de l'Ouest afin de trouver, lors des négociations de Doha et au-delà, des moyens de relever les défis auxquels les producteurs africains de coton ont à faire face.
On se souvient que le représentant des États-Unis pour le commerce extérieur, M. Rob Portman, s'est rendu au Burkina Faso le 9 novembre pour discuter précisément de cette question et les négociateurs américains continuent d'explorer des moyens d'aborder le coton dans le cadre des négociations sur l'agriculture. (Voir notre article http://usinfo.state.gov/xarchives/display.html ?p=washfile-french&y=2005&m=November&x=20051114161709AKllennoCcM0.610943&t=livefeeds/wffr-latest.html)
En dernière analyse, « les perspectives d'un résultat ambitieux de Doha sur le coton sont directement liées aux persectives d'un aboutissement général sur l'agriculture », a estimé le haut responsable.
Les États-Unis, a-t-il ajouté, « ont suivi de près les déclarations du groupe Afrique, notamment sa récente lettre au directeur général de l'OMC, M. Pascal Lamy, faisant part de votre crainte que la promesse de développement de Doha ne se soit pas encore concrétisée ».
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)