19 août 2005
La visite en Algérie de M. Richard Lugar
Le président de la commission sénatoriale des affaires étrangères, M. Richard Lugar, s'est rendu en Algérie à la demande du président Bush, afin de faciliter la libération de 404 prisonniers marocains que le Front Polisario, mouvement qui lutte en faveur de l'indépendance du Sahara occidental, détenait dans le sud-ouest de l'Algérie.
La libération de ces prisonniers « est le résultat d'efforts diplomatiques discrets mais intenses de la part des États-Unis, du Maroc et de l'Algérie », indique le communiqué que la Maison-Blanche a diffusé à ce sujet le 18 août.
Pour sa part, le département d'État exhorte, dans le communiqué qu'il a également diffusé ce jour-là, le Maroc et l'Algérie à saisir cette occasion « afin d'améliorer leurs relations bilatérales et de créer un climat régional propice au règlement du différend relatif au Sahara occidental ».
De son côté, le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, M. Kofi Annan, s'est aussi félicité de la libération des prisonniers marocains et a exprimé son espoir au sujet de l'amélioration des relations entre l'Algérie et le Maroc.
À l'issue de son entrevue avec le président de l'Algérie, M. Abdelaziz Bouteflika, à Alger, M. Lugar a diffusé une déclaration dans laquelle il réaffirme « l'importance croissante des relations » entre les États-Unis et l'Algérie. Il indique également dans cette déclaration qu'il a abordé avec M. Bouteflika un grand nombre de questions, dont l'adhésion de l'Algérie à l'Organisation mondiale du commerce et la coopération dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
M. Lugar s'est ensuite rendu au Maroc pour veiller au bon retour des prisonniers marocains, que des avions du ministère de la défense des États-Unis devaient ramener dans leur pays. Il devait aussi s'entretenir avec des membres du gouvernement marocain.
Du Maroc, M. Lugar se rendra en Libye et s'entretiendra avec des membres du gouvernement libyen dans le cadre de l'initiative du président Bush visant à améliorer les relations avec Tripoli, à la suite de la renonciation par ce pays au terrorisme et aux armes de destruction massive.
Le Front Polisario lutte en faveur de l'indépendance du Sahara occidental, qui est riche en ressources minières, depuis que le Maroc l'a annexé en 1976 à la suite du retrait de l'Espagne de son ancienne colonie. Le chef du Front Polisario, M. Mohamed Abdelaziz, est en exil en Algérie.
Le soutien que l'Algérie apporte à ce mouvement est la cause de ses mauvaises relations avec le Maroc. Certains des prisonniers libérés le 18 août étaient détenus depuis près de vingt ans.
L'Algérie et le Maroc ont conclu un accord de cessez-le feu en 1991, et en 2001, l'ancien secrétaire d'État James Baker a contribué à l'élaboration d'un plan visant à régler ce conflit au moyen d'un référendum. Ce plan a été accepté par le Front Polisario et approuvé par le Conseil de sécurité de l'ONU en 2003, mais rejeté par le Maroc. En 2004, le Conseil de sécurité a renouvelé son soutien à ce plan, dont l'exécution reste cependant toujours aussi incertaine.
(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)