13 avril 2005

Né aux États-Unis, le jazz est désormais apprécié dans le monde entier

Leo Sarkisian, le spécialiste de la musique de la VOA, lance le Mois de l'appréciation du jazz

 

Washington - Tout au long du mois d'avril, de nombreuses célébrations seront organisées aux quatre coins de la planète en hommage au jazz, une musique qui a aujourd'hui une place de choix dans les diverses cultures.

« Le jazz est reconnu dans le monde entier comme étant le patrimoine culturel des Américains », a fait récemment valoir Leo Sarkisian, musicologue réputé attaché à la Voix de l'Amérique (VOA), à l'occasion d'une interview au « Washington File ».

Il a rappelé qu'en août 2003, le président Bush avait signé la Loi 108-72 qui « reconnaît la valeur de ce trésor national qu'est le jazz, une musique qui a inspiré certains des plus grands artistes de la nation et qui est l'une des plus importantes exportations culturelles des États-Unis ».

L'Institution Smithsonian, qui est à l'origine de la célébration du jazz tout au long du mois d'avril, parraine nombre de programmes durant ce mois et encourage les autres institutions des États-Unis à faire de même.

Selon Leo Sarkisian, les États-Unis ne sont pas les seuls à rendre hommage au jazz en avril, et c'est notamment le cas pour la Suède, l'Allemagne, l'Argentine, le Royaume uni, le Japon et le Canada. Même dans l'île du Pacifique de Guam, les amateurs de musique se sont joints à la fête mondiale du jazz.

Il a précisé que Martin Luther King avait ouvert le Festival de jazz de Berlin en 1964 et avait dit : « Dieu a libéré l'homme de l'oppression. Il l'a doté de la capacité de créer et celle-ci a donné naissance aux douces mélodies qui lui ont permis d'accepter son environnement et de faire face à de nombreuses situations. Le jazz parle de la vie. »

« C'est une merveilleuse façon de décrire l'importance que revêt le jazz dans notre vie et dans celle des autres populations du monde », a souligné Leo Sarkisian.

Martin Luther King avait aussi souligné le lien entre le jazz et le blues, cette autre forme de musique aux origines américaines qui « raconte les vicissitudes de la vie, ces moments très difficiles que les musiciens ont mis en musique ». La même chose pourrait être dite du jazz.

Pour Leo Sarkisian, l'origine du jazz remonte à l'époque de l'esclavage aux États-Unis. D'ailleurs la plupart de ceux qui ont écrit l'histoire du jazz ont mentionné le « Congo Square » à la Nouvelle-Orléans, où des Afro-Américains, esclaves ou émancipés, se rassemblaient le soir pour faire de la musique avec des instruments ramenés d'Afrique.

« Et c'est pour cette raison que nous disons que le jazz est une forme originale d'art américain », a-t-il expliqué, soulignant la forte influence de la musique africaine dans le jazz, avec ses éléments d'improvisation, son rythme, ses voix.

Leo Sarkisian est amateur de jazz depuis sa jeunesse. Il jouait de la clarinette dans l'orchestre de son lycée et admirait Benny Goodman et Artie Shaw, deux éminents clarinettistes et chefs d'orchestre. Par la suite, lorsqu'il est allé vivre à New York, il allait pratiquement tous les soirs dans les clubs de jazz écouter certains des plus grands talents, notamment le trompettiste Dizzy Gillespie, le vibraphoniste Lionel Hampton et le saxophoniste Vito Musso.

Dans le cadre de son travail à la VOA, il a escorté Louis Armstrong et son orchestre lorsqu'ils sont allés en tournée en Tunisie, et Duke Ellington et son orchestre lorsqu'ils sont allés au Premier festival des arts nègres à Dakar (Sénégal) en 1965.

Faisant allusion à la portée internationale du jazz, il a rappelé que de nombreux musiciens afro-américains de jazz du XXe siècle étaient allés vivre en France, notamment à Paris et mentionné le « Hot Club de jazz » de Marseille, ouvert de longue date.

Il s'est souvenu du « fameux Willis Conover », le spécialiste de jazz de la Voix de l'Amérique qui a certainement eu le plus d'influence à l'époque de la guerre froide et que tous connaissaient en Union soviétique.

Pour sa part, Leo Sarkisian s'est taillé une belle réputation en Afrique en sa qualité d'animateur de l'émission radio « Music Time in Africa », qui en est à sa quarantième année. Récemment, la co-animatrice de l'émission et lui-même ont été reçus par l'Association des musiciens du Nigeria (PMAN) à Lagos. « Cette organisation a 30.000 membres et au moins la moitié de ces musiciens sont de très bons jazzmen », a-t-il dit.

L'Afrique du Sud est un autre pays d'Afrique qui s'intéresse de près à cette forme de musique et de nombreux orchestres et organisations de jazz y ont vu le jour.

Dans le cadre du Mois de l'appréciation du jazz, Leo Sarkisian participera à une vidéoconférence numérique sur le jazz le 18 avril à 11 heures 30. (http://www.cpcwebcast.com/state)

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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