22 septembre 2004
(Elle est notamment marquée par un défilé de tribus autochtones.)
Washington - Le 21 septembre, des milliers d'Amérindiens, nombre d'entre eux en costume traditionnel, se sont rassemblés sur le Mall de Washington afin de célébrer l'inauguration de la première institution nationale consacrée aux cultures des Indiens d'Amérique.
La cérémonie d'inauguration du Musée national des Indiens d'Amérique (MNIA), le dernier né de la Smithsonian Institution, a commencé par une procession d'autochtones qui est partie du Smithsonian Castle, le plus ancien bâtiment de cette institution, et s'est achevée au MNIA, son édifice le plus récent. Des membres de quelque 500 tribus indigènes de l'ensemble des Amériques ont défilé et dansé, souvent au son de tambours, sous le regard de milliers de spectateurs.
A la fin du défilé, ils ont été accueillis par les personnalités suivantes : le directeur du nouveau musée, M. Richard West, un chef cheyenne de l'Oklahoma ; le chef de la Smithsonian Institution, M. Richard Small ; le président du Pérou, M. Alejandro Toledo, un Quechuan qui est le premier Amérindien à avoir accédé à la tête d'un Etat ; et deux sénateurs des Etats-Unis qui ont parrainé la loi autorisant la création du musée. Le Capitole des Etats-Unis servait de toile de fond à ces festivités.
Le Musée est un "hommage aux dons que les peuples indigènes ont fait à l'humanité", tels que la tradition démocratique, a affirmé le sénateur Ben Nighthorse Campbell, un Cheyenne qui est le premier Amérindien à présider la commission sénatoriale des affaires indiennes. Le sénateur avait revêtu sa tenue traditionnelle de cérémonie pour l'occasion.
Le sénateur Daniel Inouye, d'Hawaï, a expliqué qu'il avait eu l'idée de proposer une loi portant création de ce musée au Sénat 17 ans plus tôt, lorsqu'il avait réalisé que "dans une ville truffée de monuments, il n'y avait aucune statue, aucun mémorial honorant les Amérindiens (...) et qu'il fallait changer cela".
Vêtu des habits traditionnels de sa tribu, M. West a déclaré que le MNIA symbolisait l'espoir que tous les Américains apprécieraient la diversité des premiers habitants des Amériques. Ce musée a en effet été conçu en consultation avec des tribus de l'ensemble du continent américain. Selon la Smithsonian Institution, le MNIA abrite la plus vaste collection d'objets culturels amérindiens au monde.
Dans une lettre lue par le député Tom Cole, un Chickasaw de l'Oklahoma, M. Bush déclare que le Musée est "un rappel retentissant de la fierté des peuples autochtones".
Cependant le musée n'a pas vu le jour sans controverse. Dans un communiqué de presse publié le jour de l'inauguration, des dirigeants du Mouvement des Indiens d'Amérique affirmaient que le musée n'évoquait pas suffisamment "la tragique histoire de l'holocauste perpétré par l'Amérique contre les Amérindiens et autres peuples des Amériques".
Le sénateur Campbell a fait remarquer qu'il y a cent ans, le chef Joseph, de la tribu des Nez Percés, avait rappelé aux responsables du gouvernement des Etats-Unis que "tous les hommes sont issus du même grand esprit". Selon M. Campbell, le Musée est la preuve de la "renaissance des peuples autochtones".
Quant à M. Toledo, le président péruvien, il a qualifié le musée "de profond symbole de réconciliation", ajoutant que "le respect de la diversité religieuse et culturelle par tous les peuples était directement lié" à l'établissement des droits de l'homme et de la société civile, et à la réduction de la pauvreté.
Il a précisé que le Pérou était résolu à créer un modèle de développement durable qui intégrerait les peuples autochtones à l'économie. Il a ajouté que les politiques de promotion de la participation de ces peuples à l'économie mondiale permettraient aux gouvernements de donner "un visage humain" à la mondialisation.
La cérémonie d'inauguration du musée marquait également le début d'un festival amérindien qui se tiendra sur le Mall de Washington pendant six jours. On pourra y écouter des chants et des récits, y regarder des danses, y assister à des démonstrations diverses et y admirer des objets d'art.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)