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09 septembre 2004

Darfour : M. Powell accuse le gouvernement soudanais de génocide

L'ONU, les Etats-Unis et l'Union africaine doivent intensifier les pressions.

 

Le 9 septembre, à l'occasion d'une déposition devant la commission sénatoriale des relations extérieures, le secrétaire d'Etat, M. Colin Powell, a qualifié de génocide les actions commises contre la population du Darfour par le gouvernement du Soudan et ses commanditaires, les milices djandjawids.

S'appuyant sur une enquête menée récemment par le département d'Etat dans des camps de réfugiés situés au Tchad, avec l'aide de représentants de l'"American Bar Association" (barreau américain) et de la "Coalition for International Justice" (coalition pour une justice internationale), M. Powell a dénoncé "un schéma persistant et généralisé d'atrocités" (assassinats, viols, mises à feu des villages) par les Djandjawids et les forces gouvernementales contre les villageois non arabes.

"Nous en avons conclu qu'un génocide a été commis au Darfour, que le gouvernement du Soudan et les Djandjawids en portent la responsabilité, et que le génocide pourrait bien se poursuivre à l'heure actuelle", a dit M. Powell, qui a mis à la disposition des membres de la commission des copies des informations recueillies par l'équipe d'enquêteurs du département d'Etat.

M. Powell a commencé sa déposition en faisant un rappel de l'histoire récente de la région et des combats qui s'y poursuivent. Il a aussi mentionné les diverses missions diplomatiques et d'enquêtes auxquelles se sont livrées les Etats-Unis, les Nations unies et l'Union africaine, ainsi que les actions prises pour mettre fin au génocide, traduire les coupables en justice, et réinstaller les personnes déplacées dans leur foyer.

Malgré les vigoureuses pressions exercées par les Etats-Unis - le secrétaire d'Etat s'est rendu personnellement à Khartoum pour prévenir les dirigeants soudanais qu'ils s'exposaient à des représailles - et la résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU (résolution 1556) qui fixe des délais pour faire cesser les activités des Djandjawids dans la région, assurer la sécurité et permettre aux organismes humanitaires d'accéder aux réfugiés, le gouvernement soudanais n'a pas pris suffisamment de mesures pour éviter la menace de sanctions.

Selon M. Powell, quelques progrès ont été réalisés, s'agissant notamment de permettre aux soldats de l'Union africaine d'observer le cessez-le-feu entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles et d'ouvrir l'accès à l'aide humanitaire, mais les responsables soudanais continuent à entraver la tâche du personnel humanitaire et n'a pas fait grand-chose, voire rien du tout, pour serrer la bride aux Djandjawids.

Pour lui, le principal défi est de garantir véritablement la sécurité dans la région de façon que les personnes déplacées puissent retourner chez elles, une fois que leurs maisons et villes seront reconstruites. "Ce qu'il faut surtout, c'est que les milices djandjawids cessent complètement leurs raids meurtriers contre ces gens, et que le gouvernement de Khartoum cesse sa complicité. Khartoum n'a pas vraiment fait de progrès pour améliorer la sécurité générale en veillant au désarmement des milices djandjawids ou en arrêtant ses chefs", a souligné M. Powell.

Le secrétaire d'Etat a demandé à l'ONU d'intensifier sa pression, et notamment de faire une enquête approfondie en ce qui concerne le génocide. Il a recommandé par ailleurs que la force de maintien de la paix de l'Union africaine soit augmentée et que des sanctions "réalistes" soient prises à l'encontre du gouvernement soudanais pour n'avoir pas respecté la résolution 1556.

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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