04 mars 2004
Les E.-U. ont aidé ce pays africain à se débarrasser des mines terrestres
Washington - A Djibouti, grâce à l'aide du gouvernement des Etats-Unis, les nomades et les agriculteurs n'ont plus peur de sauter sur des mines terrestres en vaquant à leurs occupations.
Le département d'Etat estime que de 45 à 50 millions de mines terrestres et autres munitions non explosées sont enfouies dans les terres d'un tiers des pays du monde. Mais maintenant, un pays de l'Afrique de l'Est, Djibouti, peut être rayé de la liste des pays affectés par les mines, a affirmé le colonel Tom Seal, directeur adjoint des programmes de déminage au département d'Etat.
M. Seal s'est entretenu avec le journaliste du "Washington File" le 14 février, peu après son retour de Djibouti, où il était allé présider une cérémonie marquant l'achèvement du programme de déminage financé par les Etats-Unis et géré par la société RONCO. Des spécialistes du Corps des Marines et de RONCO ont coopéré avec l'ambassade des Etats-Unis à la formation de Djiboutiens tout en établissant le Centre d'action contre les mines de Djibouti.
"Cette cérémonie a été impressionnante", a déclaré le colonel Seal. "Il était évident que le gouvernement de Djibouti s'était beaucoup investi dans ce programme, parce que de nombreux hauts représentants des ministères et le chef de l'état-major interarmées étaient présents. Ils ont beaucoup apprécié nos efforts, notamment ceux de M. Richard Stickles, qui a supervisé le programme, et auquel ils ont remis une plaque honorifique."
M. Stickles a expliqué que le déminage était une activité à forte intensité de main-d'oeuvre. Dans les situations de combat, donc dans des conditions encore plus dangereuses, l'armée utilise des fléaux ou des baïonnettes pour déblayer rapidement un passage à travers un champ de mines.
Mais dans les opérations civiles de déminage, l'objectif est de trouver toutes les mines, et il faut donc couvrir des zones beaucoup plus vastes. "C'est un processus fastidieux, mais à Djibouti, nous n'avons déploré aucun blessé."
En conséquence, a expliqué M. Seal, "nous avons permis aux nomades qui traversent Djibouti de renouer avec leur mode de vie traditionnel. Nous avons en outre nettoyé des zones de façon à faciliter le développement d'une infrastructure nationale - tout particulièrement les tours qui sont les relais clés du système de communications - et déblayé les routes, ce qui permettra aux gens de se déplacer."
"Fouler la terre en toute sécurité" est le slogan que le gouvernement des Etats-Unis utilise depuis qu'il s'est lancé dans des opérations de déminage à l'étranger en 1988. "Mais c'est plus qu'un simple slogan. C'est une promesse d'améliorer le monde."
Depuis 1993, les Etats-Unis ont octroyé près de 800 millions de dollars à 46 pays afin de les aider à éliminer leurs mines terrestres. Selon le Bureau du département d'Etat responsable des programmes de déminage du gouvernement des Etats-Unis, il s'agit là de l'un des plus vastes efforts entrepris dans le monde.
Djibouti peut maintenant s'ajouter à la liste des pays débarrassés des mines terrestres où figurent déjà le Costa Rica, le Salvador, la Moldavie et la province du Kosovo.
Au sujet de la politique des Etats-Unis en matière de déminage, le colonel Seal a déclaré : " S'il y a une crise humanitaire, si les combats ont cessé, si l'on ne pose plus de mines et si un gouvernement nous envoie une demande sincère d'aide, nous en tenons compte et nous envoyons une équipe évaluer la situation. De nombreux Etats ne veulent pas aider les pays qui n'ont pas signé le Traité d'Ottawa. Les Etats-Unis n'en ont cure. Ils ne voient que le problème humanitaire à régler."
Un porte-parole du département d'Etat, M. John Stevens, a souligné que dans plusieurs pays tels que Djibouti, l'Angola et le Cambodge, les mines avaient été placées au hasard afin de blesser les forces ennemies et d'empêcher les civils d'utiliser la terre. "Les mines terrestres sont des outils utilisés à des fins défensives sur les champs de bataille et sur les routes par des armées régulières, mais leurs emplacements sont relevés afin de faciliter leur élimination ultérieure. Aujourd'hui, la plupart des mines terrestres sont utilisées à des fins essentiellement terroristes, les insurgés et rebelles cherchant à intimider non seulement les forces militaires ennemies, mais aussi les civils."
Et M. Seal d'ajouter : "Ce ne sont pas les mines terrestres utilisées de façon responsable par des armées régulières qui posent problème, mais les mines persistantes dispersées aveuglément par des forces non professionnelles et diverses bandes de criminels déterminées à terroriser les populations civiles."
Peu après, le gouvernement des Etats-Unis a annoncé sa nouvelle politique relative aux mines terrestres, dans laquelle il s'engage à éliminer, d'ici à 2010, toutes les mines terrestres persistantes de son arsenal. En outre, le financement de la partie du Programme d'action humanitaire antimines gérée par le département d'Etat passera à 70 millions de dollars par an.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)