23 août 2004

Sida : les E.-U. incitent les autres pays à contribuer au Fonds mondial

L'effet multiplicateur de la contribution des Etats-Unis

 

Washington - Le coordonnateur des Etats-Unis pour la lutte contre le sida dans le monde, M. Randall Tobias, tire parti d'une disposition peu connue d'une loi fédérale pour encourager d'autres pays et des institutions internationales à contribuer davantage au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Si d'autres pays répondent à son appel d'ici au 30 septembre, les Etats-Unis, qui sont déjà le pays qui contribue le plus à ce fonds, augmenteront de 120 millions de dollars leur contribution pour 2004.

Un responsable des services du coordonnateur au département d'Etat, le docteur Mark Dybul, s'est déclaré convaincu qu'il s'agissait là d'un moyen destiné à créer un effet multiplicateur. "Pour chaque dollar que nous donnons, a-t-il dit, nous espérons que le monde en donnera trois."

La disposition en question fait partie de la loi portant création du plan d'aide d'urgence à la lutte contre le sida : d'une durée de cinq ans, ce plan, dont le budget est de 15 milliards de dollars, est destiné à aider les 15 pays les plus frappés par la pandémie de sida. La loi répartit l'aide des Etats-Unis entre deux catégories : l'aide bilatérale et la contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Ce fonds, dont le siège est à Genève, était encore au stade de projet lorsque le Congrès a procédé à l'examen de la proposition de loi relative au plan d'aide d'urgence. Les parlementaires n'avaient alors aucune possibilité de savoir quelle forme il prendrait ou dans quelle mesure la communauté internationale contribuerait à son financement. Ils ont donc décidé de prévoir une disposition particulière dans leur texte de loi, selon laquelle la contribution annuelle des Etats-Unis à ce fonds ne peut pas être supérieure à 33 % de son budget, de manière à encourager les autres pays à apporter les 67 % restants.

"Le gouvernement des Etats-Unis ne doit pas résoudre le problème mondial du sida à lui seul. Le Congrès à été très clair à ce sujet", a indiqué le docteur Dybul lors de l'interview qu'il a accordée au "Washington File" le 19 août.

Les services du coordonnateur des Etats-Unis pour la lutte contre le sida dans le monde ont commencé à fonctionner à la fin de 2003. Il s'ensuit que c'est la première année de l'application de cette disposition de la loi. Le 31 juillet, M. Tobias a vérifié le solde bancaire du Fonds mondial et constaté que le versement de l'intégralité de la contribution autorisée par le Congrès pour 2004 (547 millions de dollars) entraînerait un dépassement du taux de 33 % fixé par le Congrès. A l'heure actuelle, la contribution des Etats-Unis ne devrait atteindre que 426 millions de dollars si on la calcule en fonction des contributions des autres pays.

M. Tobias dispose donc de 121 millions de dollars qu'il ne peut pas verser au Fonds mondial tant que le montant des contributions de tous les autres pays n'augmentera pas de 240 millions de dollars. Il peut cependant affecter ces 121 millions de dollars aux programmes bilatéraux de lutte contre le sida que les Etats-Unis financent dans une centaine de pays. Toutefois, il a décidé de tenter d'encourager les autres pays à augmenter leur contribution avant de réaffecter cette somme à des programmes bilatéraux.

Si les autres donateurs versent ou augmentent leur contribution avant le 30 septembre, dernier jour de l'année budgétaire des Etats-Unis et date à laquelle M. Tobias doit avoir affecté tous les crédits budgétaires à sa disposition, il pourra alors verser les 120 millions de dollars au Fonds mondial.

"Quoi qu'il en soit, les 120 millions de dollars seront consacrés à la lutte contre le sida, mais nous aimerions pouvoir les donner au Fonds mondial", a dit M. Tobias lors d'une téléconférence le 18 août.

Le versement des contributions au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme dépend en partie des formalités budgétaires complexes des pays donateurs, dont l'année budgétaire commence et se termine souvent à des dates différentes. Selon des informations parues dans la presse, certains pays sont sur le point de verser leur contribution au Fonds mondial, qui devrait donc arriver avant le 30 septembre.

"Nous avons bon espoir que la communauté internationale répondra à notre appel", a dit le docteur Dybul.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?