19 novembre 2003

Le projet de création d'un système mondial d'observation de la Terre est en bonne voie

Un groupe de travail international va se réunir prochainement en Italie à cet effet.

 

Washington - Selon de hauts responsables des Etats-Unis, le projet de création d'un système qui reliera des milliers de satellites, d'aéronefs et de stations terrestres dans le monde entier en vue d'obtenir des prévisions plus précises relatives aux changements climatiques, aux rendements agricoles, à l'apparition de maladies et à la survenance de catastrophes naturelles suit son cours.

Le vice-ministre du commerce chargé des océans et de l'atmosphère, M. Conrad Lautenbacher, a déclaré à la presse, le 17 novembre, qu'un groupe de travail international - le Groupe des observations de la Terre (GEO) - tiendrait sa seconde réunion les 28 et 29 novembre à Baveno (Italie), en vue de poursuivre les travaux portant sur un plan décennal de mise en place d'un système d'observation de la Terre. La première réunion de ce groupe a eu lieu à l'issue du premier Sommet de l'observation de la Terre qui s'est tenu le 31 juillet 2003 à Washington.

Le groupe de travail, a indiqué M. Lautenbacher, a préparé un calendrier ambitieux : l'ébauche du plan décennal doit être soumise lors d'une réunion ministérielle en avril prochain, à Tokyo (Japon) et le projet de plan doit être soumis dans son intégralité lors d'une autre réunion ministérielle à la fin de 2004.

Les ministres et les délégués d'une trentaine de pays qui ont assisté au premier Sommet d'observation de la Terre en juillet dernier ont adopté une déclaration dans laquelle ils préconisent l'élaboration d'un système global et coordonné d'observation de la Terre. Il est prévu que ce système relie et accroisse les moyens existants d'observation dans le monde entier - notamment les dispositifs terrestres, aériens et spatiaux - à diverses fins (climat, météo, catastrophes naturelles et ressources vivrières).

Les ministres qui avaient assisté au sommet du G8 en 2003 à Evian (France) avaient préconisé le renforcement de la coopération internationale en ce qui concerne l'observation de notre planète. De même, les participants au Sommet mondial sur le développement durable qui s'est tenu à Johannesburg en 2002 s'étaient prononcés en faveur d'une plus grande coordination entre les dispositifs d'observation de la Terre.

Le système d'observation de la Terre, a expliqué M. Lautenbacher, devrait être conçu de manière à faciliter l'application de décisions relatives à diverses questions internationales d'ordre social, médical, sanitaire et écologique, entre autres.

"La coordination entre les satellites d'observation de la Terre permettra d'obtenir de nombreuses informations, a-t-il dit. Les observations par satellite sont de plus en plus courantes, et nous devrions réussir, dans les décennies à venir, à obtenir des clichés qui ne se limitent plus seulement aux conditions météorologiques de la Terre."

La définition des moyens de coordination et d'intégration des données et des informations recueillies par des satellites avec celles provenant des stations terrestres et des stations flottantes dans les océans constituera une tâche difficile pour la communauté internationale, et c'est là un des problèmes que le groupe international examinera lors de sa réunion à Baveno.

Les dispositifs actuels d'observation montrent déjà leur utilité quant à l'estimation des rendements agricoles, la surveillance de la qualité de l'eau et de l'air, l'amélioration de la sécurité aérienne et la prévision de phénomènes climatiques tels qu'El Nino. Malgré ces avantages, les lacunes dans la connaissance de notre planète et de ses systèmes complexes empêchent de s'attaquer à divers problèmes, tels que la sécheresse, l'apparition de maladies, les difficultés en matière de production agricole et de transport. Il est aussi nécessaire de disposer de nouveaux moyens d'observation pour mettre fin aux incertitudes scientifiques en ce qui concerne les précipitations, l'humidité du sol et la salinité des océans.

"Par exemple, a dit M. Lautenbacher, si l'on considère les dispositifs en place dans le monde à l'heure actuelle, il est possible de trouver des lacunes importantes pour ce qui est de l'observation des océans." Les chercheurs obtiennent à l'aide des satellites des informations assez bonnes sur la surface des océans, mais il n'en est pas de même pour les grands fonds ou même les niveaux intermédiaires. Les océans font l'objet d'une faible observation et sont mal compris alors qu'ils constituent 70 % de la superficie de notre planète et qu'ils ont une influence sur le climat de tous les pays du monde.

"Nous commençons à peine à observer les océans pour obtenir les données dont on a besoin pour la surveillance globale des climats et des conditions météorologiques, a-t-il indiqué. Grâce à une surveillance globale, on devrait pouvoir examiner les effets des océans sur la santé de l'homme, sur les zones côtières et sur les ressources halieutiques non seulement le long des côtes, mais en plein océan en suivant les déplacements des espèces migratrices."

Pour sa part, un haut responsable de l'Agence américaine pour la protection de l'environnement (EPA), M. Paul Gilman, a souligné la nécessité d'obtenir de meilleures données, en indiquant qu'une étude récente réalisée par son organisme montrait que la moitié des indicateurs utilisés pour évaluer la qualité de l'eau, de l'air et des sols étaient insuffisants.

"Le résultat le plus frappant, a-t-il dit, est que nous avons dû conclure dans notre rapport, quelque 31 ans après la promulgation de la loi sur la qualité de l'eau, que les grands indicateurs de la qualité de l'eau ne nous permettaient pas de dresser un tableau de la qualité de l'eau au niveau national. C'est donc dans ce contexte que l'EPA participe à l'élaboration d'un système d'observation de la Terre."

Un tel système, a-t-il fait remarquer, pourrait se révéler utile lors d'événements tout à fait imprévus, comme les incendies qui ont ravagé de grandes étendues en Californie au mois d'octobre.

"Notre agence, a-t-il précisé, s'est inquiétée des conséquences de ces incendies, notamment en ce qui concerne la pollution de l'air, mais nous n'étions pas vraiment en mesure de calculer l'ampleur de la pollution. J'envisage le jour où les moyens de télédétection et d'imagerie nécessaires à l'observation d'une telle situation seront grandement perfectionnés."

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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