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11 mars 2009

Des politiciennes retracent leur chemin vers le succès

Elles encouragent les femmes à envisager des carrières dans la fonction publique.

 
Madeleine Kunin
L'ancienne gouverneure de l'État du Vermont, mme Madeleine Kunin.

Washington - Le 5 mars, lors d'un débat organisé aux Archives nationales, cinq femmes élues à divers postes au niveau fédéral et des États ont évoqué le chemin qui les a menées vers la politique, et déploré le fait qu'elles demeuraient des exceptions dans un domaine dominé par les hommes. Elles ont en effet dû surmonter de nombreux stéréotypes pour réussir.

Ont participé à ce débat : une ancienne gouverneure du Vermont, Madeleine Kunin ; une ancienne gouverneure adjointe de l'Ohio, Jennette Bradley ; et les députées Grace Napolitano (démocrate de Californie), Marsha Blackburn (républicaine du Tennessee), et Mazie Hirono (démocrate de Hawaï).

Elles se sont toutes accordées à dire que le chemin qui les avait menées à la politique avait été moins traditionnel que celui suivi par leurs collègues masculins. Pour elles, tout avait souvent commencé par du bénévolat au niveau local.

Contrairement aux hommes, ont-elles affirmé, les femmes sont encouragées par leur entourage à entrer dans l'arène politique. Le mentorat d'autres femmes qui, comme elles, ont brigué avec succès des postes électifs, peut faire une énorme différence.

Plusieurs d'entre elles ont affirmé qu'en général, les femmes entraient dans l'arène politique motivées par le désir de servir le public plutôt que par celui d'acquérir une position de pouvoir, ce qui est souvent le cas des hommes.

Mme Kunin, qui a été élue trois fois au poste de gouverneur, a raconté qu'elle était entrée en politique parce qu'elle était une « mère inquiète ». Ce qui la préoccupait, c'était que ses enfants devaient traverser une voie ferrée pour se rendre à l'école. Elle a alors lancé une campagne pour réclamer l'installation de feux de signalisation.

« Je pense que de nombreuses femmes se lancent dans la politique à cause de problèmes locaux ou familiaux. Vous avez besoin d'être en colère contre quelque chose, ou inquiètes. Vous devez également être capables d'imaginer un avenir différent du présent. Et vous devez être optimistes et croire que cela en vaut la peine, que vous ne vous démenez pas pour rien. »

Émigrée de Suisse durant son enfance, Mme Kunin a grandi « avec le rêve américain. Ma mère, qui m'élevait seule, me disait toujours qu'ici, tout était possible. Elle m'a remplie d'optimisme au sujet de ce pays et de ses possibilités. »

Grace Napolitano
Mme Grace Napolitano s'adresse aux participants de la Convention nationale du parti démocratique le 25 août 2008.

Mme Irono, née au Japon, affirme également que sa mère a exercé sur elle une influence capitale. « Elle a changé ma vie en m'amenant dans ce pays et en me donnant une chance d'obtenir une éducation. Je me suis tournée vers la politique pour rendre la monnaie de la pièce à mon pays », a-t-elle dit.

Mme Napolitano travaillait et élevait cinq enfants lorsqu'elle a été encouragée à briguer son premier poste, au conseil municipal de Norwalk, en Californie. Ses détracteurs n'arrêtaient pas de lui dire qu'en tant que femme d'origine mexicaine et démocrate, elle avait trois facteurs jouant contre elle. Elle a remporté l'élection par 28 voix.

Mme Bradley a expliqué qu'elle avait eu besoin qu'on la pousse à briguer un poste électif. Bien que très active dans sa collectivité, elle a d'abord refusé toute invitation à se présenter au conseil municipal de Colombus (Ohio). Puis elle a réalisé que c'était une chance de voir une Afro-Américaine élue à ce poste pour la première fois. Un appel téléphonique d'un député l'a confortée dans sa décision.

Mme Blackburn a évoqué une longue lutte qu'elle a menée avec succès contre l'imposition d'un nouvel impôt lorsqu'elle était sénatrice du Tennessee, son premier poste électif. « Vous avez toutes la capacité d'exercer votre influence sous une forme ou une autre, et je vous encourage à le faire », a-t-elle déclaré à son auditoire essentiellement féminin.

Eleanor Clift, qui animait le débat et qui est rédactrice au magazine Newsweek, a déclaré à America.gov que les expériences vécues par ces cinq participantes prouvaient qu'il n'y avait pas une voie unique vers la politique, et que pour les femmes, cette expérience était différente de celle des hommes.

« Je pense que le chemin des femmes vers la politique est toujours semé d'embûches, sinon nous serions plus nombreuses. Nous gagnons lentement du terrain, mais trop lentement pour les femmes d'un certain âge. »

Les femmes constituent toujours une minorité des responsables élus

Carol Hardy-Fanta, directrice du Center for Women in Politics and Public Policy de l'université du Massachusetts, a lancé le débat en faisant remarquer que les femmes, qui constituent plus de la moitié de la population des États-Unis, n'occupent que 17 % des sièges parlementaires et seulement sept des 50 postes de gouverneur du pays. Contrairement à de nombreuses autres démocraties, les États-Unis n'ont pas encore élu de femme à la tête de leur gouvernement.

Face à ce fossé entre les sexes, a dit Mme Hirono, les femmes doivent faire plus pour contribuer à l'élection de leurs congénères. « Il faut de l'argent pour faire campagne (…) Il est très difficile de recueillir des fonds, mais vous devez le faire. Les femmes doivent apprendre à ouvrir leur carnet de chèque et à dépenser autant que pour acheter des chaussures. »

Mme Blackburn a souligné que des qualités mises en jeu au niveau des collectivités pouvaient être adaptées à la politique. « L'influence est une qualité utile partout. »

Mme Kunin avait un dernier conseil à offrir aux politiciennes en herbe assemblées devant elle : « Chérissez votre idéalisme. On vous dira que vous êtes naïve, ou trop innocente. Ce sont des qualités. »

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