02 septembre 2008
La sécurité du pays dépend du succès de ces efforts.

Washington - Aux États-Unis, le débat sur la question de savoir comment présenter sous un jour positif l'image du pays à l'étranger continue de faire rage, de nombreuses propositions visant non seulement à intensifier les efforts de diplomatie publique, mais aussi à en redéfinir les objectifs.
Dans son rapport de juin 2008 intitulé « Getting the People Part Right », la Commission consultative des États-Unis sur la diplomatie publique, un organe apolitique créé par le Congrès, affirme que les États-Unis peuvent considérablement améliorer la qualité et l'efficacité de leurs efforts dans ce domaine en y créant des carrières plus intéressantes.
« Les efforts déployés pour comprendre, informer et influencer les publics étrangers afin de les amener à soutenir nos objectifs de politique étrangère n'ont jamais été aussi importants » du point de vue de la sécurité des États-Unis.
La Commission recommande que le département d'État redouble d'efforts pour recruter des gens « qui ont l'expérience et le talent nécessaires à la conduite de la diplomatie publique ».
Matt Armstrong, auteur du blogue « MountainRunner », a déclaré à America.gov que James Glassman, qui est devenu sous-secrétaire d'État à la diplomatie publique et aux affaires publiques en juin dernier, était réellement en train de « revoir notre diplomatie publique et de la placer sur la bonne voie ».
M. Glassman comprend que la présentation de l'Amérique à l'étranger n'est pas « un concours de popularité » mais plutôt une lutte pour les esprits et les volontés.
M. Armstrong a ajouté que la diplomatie publique était un outil incroyablement important pour améliorer l'image des États-Unis à l'étranger. L'une de ses fonctions cruciales, selon lui, est de contrer la désinformation propagée dans le monde au sujet des États-Unis.
Il s'est par ailleurs déclaré favorable à la création de possibilités de formation professionnelle dans le domaine de la diplomatie publique pour les spécialistes.
L'importance des entretiens directs

Un autre rapport, intitulé « The Collapse of American Public Diplomacy », est le fruit d'entretiens avec d'anciens diplomates de l'Agence d'information des États-Unis (USIA), qui a été incorporée au département d'État en 1999.
L'auteur du rapport, Kathy Fitzpatrick, a déclaré à América.gov que l'intégration de l'USIA au département d'État avait été une erreur.
Mme Fitzpatrick, qui est professeure de relations publiques à l'université Quinnipiac du Connecticut, a ajouté que les États-Unis avaient besoin d'une entité de diplomatie publique indépendante du département d'État qui serait dotée de l'autonomie, de la souplesse et de la liberté d'action dont jouissait l'USIA.
Selon elle, les États-Unis doivent absolument trouver le moyen de séparer la diplomatie publique des politiques des gouvernements qui se succèdent au pouvoir. Le problème de la diplomatie publique aujourd'hui est qu'elle essaie trop de « vendre » des messages particuliers au lieu de mettre l'accent sur le développement de relations avec les pays étrangers.
Même si de nouveaux médias ont créé de nouveaux défis et de nouvelles possibilités, a-t-elle ajouté, « les principes fondamentaux de la bonne diplomatie publique demeurent inchangés ».
À cet égard, a-t-elle affirmé, l'USIA, qui mettait l'accent sur les relations directes avec des étrangers, était sur la bonne voie. « Si les outils de la communication de masse sont utiles, ils n'éliminent pas la nécessité du dialogue direct et de relations personnelles avec des publics étrangers. »
Joseph Nye, professeur de relations internationales à l'École d'administration John F. Kennedy de l'université Harvard, est également d'avis que l'élimination de l'USIA a été une erreur.
M. Nye, auteur de « Soft Power : The Means to Succes in World Politics », a déclaré que la recréation de l'USIA serait très coûteuse sur le plan du capital politique pour un nouveau président. Ce capital serait mieux investi dans la création d'un poste de coordonnateur pour la diplomatie publique à la Maison-Blanche.
Il a ensuite mis en garde contre les nouveaux médias et le danger de tomber dans la propagande. Il est en effet d'avis que l'élément le plus important de la diplomatie publique sont les relations directes. « Des titres accrocheurs peuvent attirer l'attention, mais une production de qualité ne suffit pas à engendrer la crédibilité. Pour cela, il faut présenter un large éventail d'opinions, y compris celles qui sont dissidentes. »
Nancy Snow, professeure adjointe de diplomatie publique à l'université de Syracuse de New York, a déclaré à America.gov que son passage à l'USIA dans les années 90 avaient fait d'elle une partisane « d'une agence fédérale indépendante chargée de raconter l'Amérique au monde ».
Auteur de l'ouvrage intitulé « Propaganda, Inc. : Selling America's Culture to the World », Mme Snow a affirmé que l'USIA et le département d'État avaient « des objectifs différents ». L'USIA était chargée de transmettre le message, alors que le département d'État est responsable de sa formulation. « Le mélange des deux ne semble pas fonctionner. »
« Nous devons étudier ce que font d'autres pays dans ce domaine et, non pas copier leurs idées, mais assembler une trousse d'outil des meilleurs procédés. »