06 novembre 2009

Extraits : allocution du vice-ministre des finances des États-Unis à Johannesburg

M. Neal Wolin souligne l'importance du partenariat américano-africain en vue de la solution de la crise économique mondiale.

 

(Début du texte)

Ministère des finances
Communiqué de presse
Le 4 novembre 2009

Allocution de M. Neal Wolin,
vice-ministre des finances des États-Unis,
à l'université du Witwatersrand
Johannesburg (Afrique du Sud)

(Extraits)

(...)

Johannesburg est la dernière étape d'une visite de trois pays qui m'a conduit d'abord au Rwanda et en Tanzanie. Dans ces deux pays, ainsi qu'ici en Afrique du Sud, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec de hauts responsables gouvernementaux et d'avoir d'abondantes conversations avec des représentants tant du secteur privé que de la communauté du développement.

Globalement, c'est une visite qui m'a rempli d'espoir pour l'avenir de l'Afrique, et pour l'avenir du partenariat américano-africain.

(...)

Je parlerai ce matin de mon voyage et particulièrement des importants efforts de développement dans les secteurs de l'agriculture, de l'infrastructure et de l'intégration financière qui ont occupé l'essentiel de mes entretiens ici en Afrique. Mais je voudrais tout d'abord prendre un peu de recul et analyser plus largement les événements mondiaux de l'année écoulée.

Il y a un an, le système financier mondial a subi sa pire crise depuis plusieurs générations. Les marchés mondiaux du crédit se sont gelés. Les échanges se sont effondrés. Nous nous trouvions véritablement au bord de l'abîme.

Comme pour preuve - si tant est qu'on en eût encore besoin - que les États du monde sont inextricablement liés, les retombées de la crise ont frappé l'Afrique de plein fouet. En Afrique du Sud, l'économie a glissé dans la récession pour la première fois depuis 1992 sous l'effet de la chute des exportations. Dans tout le continent, le commerce, l'investissement et la croissance ont considérablement ralenti.

Rares étaient les personnes qui aurait pronostiqué avec confiance qu'un an plus tard, nous commencerions à voir les signes de redressement et de croissance que nous observons aujourd'hui.

L'une des principales raisons pour lesquelles nous avons réussi à nous reculer du bord de l'abîme est qu'ensemble, nous nous sommes attaqués à la crise dans un immense élan de coopération et de coordination internationales. En réalité, c'est là l'un des faits les plus significatifs et les plus positifs de l'année passée. L'importance et la puissance d'une action internationale coordonnée sont désormais largement reconnues.

Lorsque les dirigeants du G20 se sont réunis à Londres en avril, ils se sont entendus sur un programme coordonné de redressement destiné à stimuler la croissance, à stabiliser le système financier, à relancer le crédit, à mobiliser des ressources financières au profit des économies de marché émergentes et à maintenir l'ouverture de nos marchés au commerce et aux investissements.

Aux États-Unis, le gouvernement et le Congrès avaient déjà lancé un immense programme de relance économique. Ils ont également conçu un plan de stabilisation financière visant à la recapitalisation du système financier, à la reprise des crédits aux ménages et aux entreprises et à la stabilisation de la crise en spirale de l'immobilier.

En Afrique du Sud, les excédents budgétaires primaires que vous aviez engrangés au cours des dernières années ont permis à votre gouvernement d'entreprendre une vigoureuse action financière (...) En Afrique subsaharienne, globalement, le FMI projette un bon taux de croissance du PIB, de 4,1 %, pour 2010. Les flux de capitaux privés à destination de l'Afrique devraient s'accroître encore cette année, selon les prévisions. La valeur des exportations africaines, après avoir chuté de 38 % cette année après six ans de croissance supérieure à 10 %, devrait enregistrer un gain de 13 % en 2010.

Certes, il reste d'immenses difficultés à vaincre. Cette crise s'étant développée sur plusieurs années, on ne la surmontera pas du jour au lendemain. Pourtant, les améliorations que nous observons n'auraient pas été possibles en l'absence d'une action internationale rapide.

Du point de vue du partenariat américano-sud-africain, un aspect capital de cette coordination internationale, c'est le forum dans lequel elle a eu lieu. L'instance principale de la réaction à la crise internationale n'a été ni le G7 ni le G8, mais le G20.

Ce mouvement vers le G20 reflète l'importance cruciale des économies émergentes telles que l'Afrique du Sud, l'Inde et le Brésil. Pour être crédible et efficace, la coordination économique mondiale au XXIe siècle doit se produire dans un forum élargi et fédérateur.

(...)

Bien que nous ayons beaucoup fait pour stabiliser l'économie mondiale, nous devons aujourd'hui affronter le défi redoutable et à plus long terme consistant à poser les fondements d'une croissance plus stable, plus équilibrée et plus soutenue. Nous n'y parviendrons que si nous abordons cette tâche animés d'un sentiment aigu de cause commune.

Je voudrais mettre l'accent sur trois domaines dans lesquels, à mon avis, la coopération et le partenariat entre les États-Unis et l'Afrique du Sud revêtent une importance particulière : la réforme de la réglementation financière, le rééquilibrage de l'économie mondiale et le développement économique de l'Afrique.

(...)

Alors même que nous poursuivons la réforme chez nous, il est impératif que nos efforts trouvent des échos correspondants dans le reste du monde. Si les États-Unis, ou l'un quelconque des pays membres du G20 - agissent seuls, on piétinera. Les entreprises et les activités financières migreront tout simplement vers les pays où la réglementation restera faible.

(...)

En tant qu'États membres du G20, nous devons relever le défi commun de bâtir un modèle plus durable et équilibré de croissance économique mondiale. Durant la période qui a précédé la crise, certaines des plus grandes économies du monde comptaient sur les consommateurs américains pour être la locomotive principale de la croissance. Les Américains avaient facilité cet état d'esprit. Pendant trop longtemps, nous avons fait trop de dépenses et trop peu d'épargne - multipliant le déficit des transactions avec l'étranger et la dette internationale. Pendant ce temps, d'autres pays fondaient leur croissance économique sur le secteur des exportations, ce qui a conduit à des niveaux élevés d'excédents externes et de réserves de devises étrangères, les rendant vulnérables à l'effondrement de la demande provoqué par la crise financière. Non seulement le modèle de croissance des quelque dernières années est-il indésirable, il est insoutenable.

(…)

Réformer la réglementation financière et rétablir l'équilibre de l'économie internationale sera bénéfique à tous les pays du monde, pas seulement aux plus riches et à ceux du G20. Nous ne devons pas pour autant, alors que nous œuvrons en partenaires pour parvenir à ces objectifs communs, ignorer les besoins plus directs et pressants du monde en développement, et en particulier, ceux de l'Afrique subsaharienne. La philosophie des États-Unis relative à l'aide au développement en Afrique cible surtout trois domaines que nous estimons être les plus aptes à susciter une croissance solide, soutenable, intégrante et conçue par les pays bénéficiaires : l'infrastructure, l'agriculture et la sécurité alimentaire, et l'accès aux financements.

(…)

Une infrastructure inadéquate, notamment dans les secteurs de l'électricité et des transports, demeure l'un des facteurs les plus importants qui entravent la croissance dans la plupart sinon la totalité des pays de l'Afrique subsaharienne. Elle empêche les agriculteurs de faire parvenir leurs produits sur les marchés, limite l'expansion des petites entreprises et prive des millions d'enfants d'accès à de l'eau potable.

L'agriculture a elle aussi désespérément besoin d'investissements judicieux. Les trois quarts des populations défavorisées de l'Afrique subsaharienne vivent en milieu rural ; c'est pourquoi il est essentiel d'améliorer la productivité agricole pour assurer la croissance économique et la sécurité alimentaire tout en réduisant la pauvreté de manière durable.

Enfin, tandis que les pays africains cherchent à promouvoir la croissance des petites entreprises, notamment dans le secteur agricole, il sera crucial d'élargir l'accès au crédit et aux autres services financier. Telles sont les priorités que les États-Unis ciblent et auxquelles ils ont déjà alloué des ressources significatives, du moins dans le cas des deux premières.

(…)

Nous sommes donc déterminés à contribuer au développement des pays africains. Mais comme le président Obama l'a souligné avec tant d'éloquence à Accra : nous offrons notre assistance non pas avec condescendance mais en tant que partenaire. Le Rwanda et la Tanzanie, où je m'étais rendu au courant de la semaine, sont deux pays avec lesquels nous avons formé des partenariats solides.

(...)

De nos jours, le Rwanda n'est pas seulement chef de file de la réconciliation mais aussi de la réforme économique. En effet, ces deux projets vont de pair. La croissance économique est cruciale à la vision du président Kagame pour son pays qu'il souhaite diriger vers l'avenir dans l'unité et vers un but commun. Promouvoir les partenariats est un des facteurs clés de la croissance économique sur le continent - des partenariats entre les gouvernements, avec les institutions multilatérales et avec le secteur privé.

(…)

La Tanzanie a elle aussi reconnu le besoin d'entamer des réformes économiques ; elle a largement abandonné ses pratiques étatiques du passé et a accompli de grands progrès sur la voie de l'économie de marché. Ce pays commence à être bien noté, par comparaison aux pays de statut équivalent, sur les critères de la Société du compte du millénaire (Millennium Challenge Corporation ou MCC). Ayant pris note des progrès accomplis par la Tanzanie, les États-Unis ont décidé d'appuyer ses initiatives de réhabilitation de l'infrastructure en lui octroyant un don se chiffrant à 698 millions de dollars dans le cadre d'un accord signé avec la MCC - le don le plus important jamais accordé à un pays. Ces fonds renforcent les investissements faits par la Tanzanie dans des projets visant à améliorer son infrastructure routière, énergétique et de distribution d'eau. Les défaillances dans ces secteurs représentent aujourd'hui des obstacles majeurs à sa croissance économique.

(…)

Par ailleurs, là où les États-Unis voient qu'un pays œuvre à renforcer sa gouvernance et à devenir plus responsable, offrant ainsi l'occasion à ses citoyens de faire plus facilement des affaires et d'investir des ressources dans le développement et la croissance, ils sont heureux de former un partenariat avec lui. Mais nous comptons sur les États africains pour prendre la direction de leur propre croissance.

En sa qualité de première économie du continent, de plus gros investisseur dans les pays africains et d'exemple des progrès possibles, l'Afrique du Sud est particulièrement apte à promouvoir le genre de réformes et d'engagements qui sont absolument nécessaires à la croissance et au développement.

(…)

La tâche qui nous attend est impressionnante : assurer la durabilité de la relance économique, réformer nos systèmes financiers, réaliser une croissance équilibrée et durable, et appuyer les pays en développement pour qu'ils puissent surmonter les nombreux obstacles à leur sécurité et à leur prospérité. Aucun de ces objectifs ne sera facile à réaliser. Mais ils sont tous essentiels.

Il y a un an, à cette date, M. Barack Obama était élu 44e président des États-Unis. Des Américains de tout âge, race et foi se sont exprimés ensemble pour déclarer qu'il était temps de renouveler la promesse de notre nation. Il y a un an, ce moment exaltant a résonné de par le monde, y compris, je crois bien, ici-même à Johannesburg.

Ce jour-là, le président-élu, M. Obama, avait déclaré : « Cette victoire, à elle seule, n'est pas le changement que nous recherchons. Elle nous offre seulement la chance de le réaliser. »

Je pense que l'un de ces changements que nous avons déjà commencé à concrétiser - aux États-Unis et dans le monde - est le fait que nous abordons maintenant les défis mondiaux dans un esprit nouveau de partenariat. Nous avons la possibilité de faire beaucoup plus, tous ensemble - et notamment ici en Afrique.

(Fin du texte)

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

blog comments powered by Disqus
Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?