Sports | La quête de l'excellence

10 juin 2008

Quand j'entends l'hymne national de mon pays

Le rameur slovène Iztok Cop remporte une médaille pour son pays nouvellement indépendant.

 
Iztok Cop et Luka Spik en 2004
Iztok Cop, au premier plan, et Luka Spik de Slovénie lors d'une épreuve à Munich (Allemagne), en 2004. (© Jamie McDonald/Getty Images)

La Slovénie, pays balkan, a fait sécession avec la Yougoslavie en 1991, la première des républiques à se déclarer nation libre après une guerre civile de dix jours.

Un an à peine après l'indépendance, le rameur Iztok Cop a donné à son pays récemment devenu indépendant sa première distinction aux Jeux olympiques - une médaille de bronze dans son sport, l'aviron. Huit ans plus tard, le rameur slovène remportait une médaille d'or. Iztok Cop évoque ces deux victoires et réfléchit à la façon dont le temps l'a aidé à mieux apprécier leur importance.

Quelques mois avant les Jeux olympiques, nous ne savions toujours pas si nous pourrions représenter la Slovénie, si le Comité international olympique reconnaîtrait la Slovénie en tant que pays indépendant. Si bien que le pays tout entier a été très fier, très ému, quand cela s'est produit. Voir le drapeau slovène parmi les médaillés, à Barcelone, était une chose formidable. J'étais alors un peu trop jeune pour m'en rendre compte parce que j'avais vingt ans et, pour moi, c'était surtout un succès dans une course.

Vu du point de vue d'un athlète, Barcelone n'a pas été mon meilleur moment, ce n'était pas ce que j'espérais, c'est-à-dire remporter au moins une médaille d'argent. Une médaille de bronze était donc un peu moins que ce que j'espérais. Remporter la médaille d'or à Sydney, en 2000, a été un plus grand succès. Avant les Jeux olympiques de Sydney, je visais la médaille d'or. Une forte pression s'exerçait sur moi. Je savais que cela pouvait être la chance d'une vie et je voulais l'obtenir.

Après avoir réussi, je me suis senti - comment dire - un peu soulagé et rempli de fierté. J'étais fier de moi-même, fier de mon pays et de tous ceux qui m'entouraient.

Entendre l'hymne national de son pays à la cérémonie marquant sa victoire est le moment le plus émouvant de la carrière d'un athlète. Très souvent, vous voyez cette cérémonie à la télévision, les athlètes étouffés par l'émotion en entendant l'hymne national de leur pays. Avec le succès, le soulagement de tout ce que vous avez vécu, voir le drapeau de votre pays sur la barre du milieu et entendre votre hymne national est un moment que je souhaite à tout le monde de vivre une fois dans leur existence. J'étais encore plus fier de mon pays et heureux de pouvoir donner cette victoire au peuple slovène.

En 2008, je participerai aux Jeux olympiques pour la cinquième fois. J'essaierai de tout faire pour réussr à Pékin, parce qu'il va bientôt être temps pour moi de faire quelque chose d'autre dans ma vie. Il n'est pas facile d'admettre que vous devez songer à la retraite. Je pense que c'est pourquoi j'ai encore plus de plaisir que jamais à ramer. Je sais que ma carrière tire à sa fin et je me concentre davantage. Mon corps n'est plus en mesure de faire ce qu'il faisait il y a dix ou même cinq ans. Je dois faire très attention, durant mon entraînement, car mon corps ne peut pas récupérer ses forces comme il le faisait auparavant.

Et j'ai une famille maintenant, si bien que l'aviron n'est pas la seule chose dans ma vie. C'est pourquoi j'apprécie et respecte les moments que je passe en bateau.

Ce que j'ai le plus apprécié, au cours de ces dix dernières années, c'était d'être parmi mes rivaux. Quand nous ne sommes pas sur l'eau, nous sommes d'excellents amis et, sur l'eau, nous savons ce que nous devons faire et nous essayons de battre l'autre. Si vous êtes ami avec quelqu'un, vous faites encore plus d'efforts. C'est une si bonne atmosphère, une atmosphère saine où rien n'est factice. Si vous êtes le premier sur la ligne d'arrivée, que les gens vous aiment ou non, que vous ayez bonne figure ou non, vous êtes toujours le plus rapide et c'est ce que j'aime. Aucun calcul subjectif.

On me demande parfois de prendre la parole devant les jeunes et je leur dis qu'il faut qu'ils aiment le sport et non pas qu'ils y participent dans le seul but de devenir champions olympiques. Il faut progresser pas à pas. Mais je leur dis surtout : si vous avez plaisir à pratiquer un sport, même si vous ne vous classez pas en tête, cela n'en est pas moins du temps passé utilement. Le sport peut vous apporter tellement plus que des médailles, notamment l'habitude du travail. On n'obtient rien sans effort. Si vous ne faites pas d'efforts, vous ne réussirez pas. Vous vous habituez à gagner et, quand vous perdez, à tirer des leçons de l'échec et à ne pas vous laisser complètement décourager quand les choses ne vont pas comme vous le voudriez. Vous apprenez à respecter votre adversaire et vous savez faire la différence entre le travail et le plaisir.

J'espère pouvoir continuer à pratiquer ce sport, du moins pour mon plaisir, j'espère pouvoir m'asseoir dans un bateau plusieurs fois par semaine. Je ne peux imaginer un avenir sans sport ou sans exercice. J'espère simplement ne pas me satisfaire de prendre de l'embonpoint et de devenir paresseux.

Luka Spik et Iztok Cop  en 2007
Luka Spik et Iztok Cop fêtent leur médaille d'or à Munich en 2007, en compagnie des filles d'Iztok Cop. (© JOERG KOCH/AFP/Getty Images)

Bio-express d'Iztok Cop

Date de naissance : 17 juin 1972

Lieu de naissance : Kranj (Slovénie)

Champion olympique slovène

• 1992 Barcelone : médaille de bronze - deux de pointe sans barreur,

  avec Denis Zvegel

• 1996 Atlanta : Quatrième place - un rameur en couple

• 2000 Sydney : médaille d'or - deux de couple avec Luka Spik

• 2004 Athènes : médaille d'argent - deux de couple avec Luka Spik

Champion du monde : 1995 - un rameur en coupe ; 1999 deux de couple (avec Spik) ; 2005 - deux de couple (avec Spik) ; 2007 - deux de couple (avec Spik)

Médaille d'argent aux championnats du monde : 1991 - deux de pointe sans barreur (avec Denis Zvegel) ; 2001, 2002 - un rameur en couple ; 2005 - quatre de couple (Spik, Davor Mizerit, Matej Prelog) ; 2006, deux de couple (Spik)

Classé parmi les dix meilleurs rameurs masculins du monde en 2007 par WorldRowing.com

Actuellement, Iztok Cop doit représenter son pays aux Jeux olympiques de 2008, à Pékin. Il est marié et père de deux filles.

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