10 juin 2008
L'évolution du rôle de la femme aux Jeux olympiques
Que de chemin parcouru par les femmes depuis la Grèce antique où la participation aux Jeux olympiques leur était formellement interdite !
À Paris, aux Jeux de 1900, les Françaises Filleaul Brohy et Marie Ohnier participèrent au concours de croquet, devenant ainsi les toutes premières femmes à prendre part à une épreuve olympique. La même année, la joueuse de tennis Charlotte Cooper de Grande-Bretagne devint la première femme à remporter un championnat. Un siècle plus tard, aux Jeux d'Athènes, le berceau de l'olympisme, le nombre des participantes a atteint le chiffre sans précédent de 4.329, soit 40,7 % du nombre total d'athlètes.
Mais la participation des femmes aux Jeux dépasse le cadre de l'athlétisme : l'histoire de l'olympisme féminin est celle d'une évolution constante où, de spectatrices, les femmes sont devenues des championnes mondialement reconnues et des administratrices réputées.
Selon sa Charte, le but du Mouvement olympique est « d'encourager et de soutenir la promotion des femmes dans le sport à tous les niveaux et dans toutes les structures dans le but de mettre en œuvre le principe de l'égalité entre hommes et femmes ». Le Mouvement olympique qui regroupe une puissante alliance d'organisations a été chargé de cette tâche. Il se compose du Comité international olympique (CIO), des Comités nationaux olympiques (CNO), composés des représentants des pays participants, et des Fédérations internationales (FI), des organisations non gouvernementales qui gèrent les sports au niveau mondial.
Pour réaliser leur mission, le CIO, les CNO et les FI se sont notamment fixé des objectifs visant à promouvoir l'accession de la femme à des postes décisionnels. À l'heure actuelle, des 155 membres du CIO, 15 sont des femmes, soit trois de plus qu'en 2005.
En mars 2008, au cours de la IVe Conférence du CIO sur les femmes et le sport qui s'est tenue en Jordanie, 600 membres, hommes et femmes, du Mouvement olympique se sont réunis pour aborder des questions diverses, telles que les nouvelles possibilités de participation des femmes aux sports, la valorisation de la femme athlète en tant que modèle pour les filles et l'influence des facteurs culturels sur l'accès des femmes aux sports.
L'un des résultats de la conférence a été le Plan d'action de la mer Morte, qui définit les moyens « d'utiliser toutes les occasions offertes au Mouvement olympique pour promouvoir la femme dans les sports et à travers le sport, » notamment en insistant sur l'égalité hommes-femmes dans les équipes nationales, dans les postes de direction ainsi que sur le plan technique, et en encourageant les femmes journalistes à activement couvrir les Jeux olympiques.
Sur le plan national, les femmes s'efforcent d'encourager chez elles la participation aux sports. C'est ainsi qu'une athlète, Datuk Seri Azalina Othman Said, la première femme - et la plus jeune - ministre de la jeunesse et des sports en Malaisie, a reçu les félicitations du CIO, notamment pour son action en faveur de la création de près de 600 centres communautaires qui ont permis à près de 100.000 femmes de participer à des activités sportives.
À la base, toute olympienne en herbe a un rôle à jouer en vue d'assurer l'égalité des sexes aux Jeux. Dans une audiodiffusion du CIO, Barbara Kendall, championne olympique de planche à voile, transmet le message suivant aux filles du monde entier : « Si vous désirez vraiment quelque chose, vous trouverez toujours un moyen… Suivez vos rêves, c'est ainsi que débutent toutes les belles histoires. »
- Alexandra Abboud