Sports | La quête de l'excellence

04 août 2008

L'équipe olympique des États-Unis reflète la diversité de leur population

Les athlètes américaine sont originaires de toutes les régions du monde.

 
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Demetrius Andrade
Demetrius Andrade, membre de l'équipe olympique de boxe des États-Unis le 11 juillet à New York.

Washington - Lorsque l'équipe américaine se présentera au stade olympique de Pékin, le 8 août, pour la cérémonie d'ouverture des Jeux d'été 2008, ses 596 athlètes feront plus que rejoindre des concurrents venus de plus de 200 pays du monde : ils constitueront, en réalité, un microcosme de ce monde.

Qu'il s'agisse de la boxe ou du tennis de table, du tir à l'arc ou de l'athlétisme, de la gymnastique ou de l'aviron, les perspectives qu'ont les athlètes américains de briller dans leur discipline se trouvent accrues par la présence dans leurs rangs de personnes d'origine étrangère. Qu'eux ou leur famille aient émigré aux États-Unis à la recherche de la prospérité, pour continuer leurs études ou pour échapper à un conflit ou à une guerre civile, tous ces athlètes représenteront fièrement à Pékin leur pays d'adoption.

On compte parmi les concurrents américains au moins 33 personnes nées à l'étranger, selon le Comité olympique des États-Unis.

Ainsi, Khatuna Lorig (tir à l'arc féminn) a le rare honneur non seulement de participer à une quatrième Olympiade, mais d'avoir représenté trois pays différents : l'Union soviétique en 1992, sa Géorgie natale en 1996 et en 2000, et maintenant les États-Unis en 2008.

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Lopez Lomong
Le spécialiste du 1.500 mètres Lopez Lomong est un des fameux « Garçons perdus du Soudan ».

Nastia Liukine (gymnastique) est également originaire d'Union soviétique. Son père, Larie Liukine, avait remporté quatre médailles pour l'URSS lors des Jeux de 1988 ; sa mère, Anna, était championne du monde de gymnastique rythmique. Arrivée aux États-Unis étant jeune enfant, Nastia réside actuellement au Texas, et elle a obtenu une place dans l'équipe olympique américaine de 2008.

Pour certains, il s'agira d'une sorte de retour aux sources. Le tennis de table occupe une place particulière dans les relations sino-américaines, depuis le dégel de ces dernières à partir des années soixante-dix, lorsqu'une équipe américaine s'est rendue en Chine. Une quarantaine d'années plus tard, les quatre membres de l'équipe de tennis de table des États-Unis sont nés en Chine.

Certaines des histoires les plus émouvantes sur le plan humain appartiennent aux athlètes en provenance de l'Afrique. Ainsi, Demetrius Abdrade est de descendance cap-verdiennt. Il réside à Providence (Rhode Island), comme beaucoup d'émigrés de cette nation insulaire. Andrade a remporté le championnat amateur mondial des mi-lourds en 2007 et espère renouveler son exploit à Pékin.

L'Afrique de l'Est est réputée pour ses coureurs de fond. L'équipe américaine se trouve renforcée par la présence de trois athlètes originaires de trois pays de cette région. Bernard Lagat a deux médailles olympiques à son palmarès, remportées en 2000 et en 2004, pour son Kénya natif. Résident des États-Unis depuis 1996, où il a bénéficié d'une bourse universitaire, Lagat a remporté le 1.500 et le 5.000 mètres aux Championnats mondiaux 2007 d'Osaka (Japon). Abdihakem Abdirahman, né en Somalie, est triple champion des États-Unis au 10.000 mètres depuis 2001.

Enfin, l'histoire personnelle la plus saisissante appartient sans doute au spécialiste du 1.500 mètres Lopez Lomong. Natif du Soudan, il n'avait que six ans lorsqu'il avait été enlevé par une milice qui se spécialisait dans le recyclage de jeunes garçons en soldats. Ayant réussi à s'échapper, il a fini dans un camp de réfugiés au Kénya. L'un des fameux « Garçons perdus du Soudan », il a habité pendant dix ans dans ce camp avant de se voir réinstallé dans une famille d'adoption à New York, où il a développé ses étonnants talents de coureur.

« Je suis arrivé dans ce pays sans aucune idée préconçue », a-t-il déclaré au quotidien USA Today. « A présent, je veux rendre la faveur, en gagnant des courses.»

Les jambes qui lui avaient sauvé la vie vont maintenant lui permettre de rechercher l'or olympique : c'est une histoire qui symbolise bien les possibilités qu'offre l'Amérique à ceux qui veulent réaliser leurs rêves.

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