07 août 2008
La blogosphère de l'Internet est un précieux outil de diffusion de l'information.

Washington - Les Jeux olympiques qui se dérouleront cet été en Chine seront couverts par toute une armée de « citoyens journalistes » qui se servent de téléphones portables, de textos et de messages instantanés pour transmettre des informations.
Melinda Liu, chef du bureau du magazine Newsweek à Pékin, a indiqué que les Chinois avaient adopté le téléphone portable et que la Chine possédait la plus vaste population au monde d'usagers de cet appareil.
Les nouvelles contenues dans ces carnets de bord dits « weblogs » ou « blogs » ou « blogues » affichés sur l'Internet, rappelle-t-elle, « sont très facilement accessibles pour le monde extérieur, mais pas nécessairement en Chine où il est relativement facile de bloquer l'accès à certains sites web enregistrés à l'étranger ».
Quelque 700 correspondants étrangers officiellement accrédités se trouvent actuellement en Chine et ils seront considérablement plus nombreux durant la période des JO, du 8 au 24 août, note Mme Liu, qui indique par ailleurs que le gouvernement chinois attend l'arrivée, pour assurer la couverture des jeux, de 30.000 membres (accrédités et non accrédités) d'organisations médiatiques étrangères.
Le journalisme citoyen est important, dit-elle, en ce qu'il est plus apte à « refléter le ton général du discours et des sentiments de la population, chose que les médias traditionnels ne font pas nécessairement ».
Commentaires de défenseurs des médias

Des représentants de deux groupes de plaidoyer en faveur des médias ont récemment fait connaître leurs opinions sur l'importance des journalistes citoyens.
Bob Dietz, coordonnateur du programme Asie du Comité de protection des journalistes, établi à New York, a noté que la plupart des journalistes citoyens chinois ne s'intéressaient pas aux Jeux olympiques en tant que tels, mais aux mauvaises conditions de vie dans leur pays et aux intolérables abus qui en découlaient.
M. Dietz, qui s'exprimait depuis Hong-Kong, a déclaré que le journalisme citoyen avait « de lui-même, un grand dynamisme » et qu'il se pratiquait en Chine bien avant l'attribution des Jeux olympiques au pays en 2001.
Le journalisme citoyen n'est pas une idée nouvelle, a-t-il dit, en évoquant les activités de Thomas Paine, auteur dans les années 1770 d'une série de pamphlets intitulée Le Sens commun qui plaidait en faveur de l'indépendance des colonies américaines de l'Angleterre.
C'est l'avènement des « plates-formes numérique » telles que l'Internet, a déclaré M. Dietz, à partir desquelles on peut atteindre tant de gens, si facilement et à si faible coût, qui a conféré au journalisme citoyen moderne toute la puissance qui est la sienne. Du temps de Paine, il fallait tout un équipement, et notamment une presse à imprimer, pour communiquer ses opinions aux lecteurs, alors qu'aujourd'hui il suffit de savoir se servir d'un ordinateur et d'un clavier pour diffuser de l'information, a fait remarquer M. Dietz..
Vincent Brossel de l'organisation Reporters sans frontières (RSF), basée à Paris, a déclaré que les autorités chinoises nationales et locales « feraient tout ce qu'elles pourraient pour empêcher toute couverture médiatique négative avant et pendant les J.O. », non seulement par la presse étrangère et chinoise, mais aussi par les citoyens journalistes.
M. Brossel, chef de la section Asie-Pacifique de RSF, a noté que ces dernières années, la police et les autorités locales chinoises faisaient appel « de plus en plus souvent » à des groupes criminels organisés pour empêcher les journalistes de faire leur travail. Ces groupes, a-t-il dit, « pourraient cibler les activistes des droits de l'homme et les citoyens journalistes ».
Il a cité l'exemple d'un cadre d'une entreprise du bâtiment, blogueur, qui a été roué de coups et tué le 7 janvier par des agents de police municipaux dans la province de Hubei, pour avoir filmé une violente attaque de gardes privés contre des villageois.
Selon M. Brossel, le journalisme citoyen est important dans un pays comme la Chine, « où les médias traditionnels sont toujours contrôlés (par l'État) ». Le journalisme citoyen, a-t-il ajouté, « donne la possibilité au public d'accéder aux informations que la presse traditionnelle ne diffuse pas » et « du fait de la présence des citoyens journalistes, les journalistes traditionnels se voient obligés de relever le niveau et d'améliorer le contenu de leurs reportages ».