16 mars 2009
L'installation des derniers panneaux solaires permettra de produire de l'électricité pour six personnes.

Washington - Dix minutes après le coucher du soleil et un peu plus d'un mois après la date initiale prévue pour son lancement, la navette spatiale Discovery a quitté la plateforme du centre spatial Kennedy, le 15 mars, pour une mission de treize jours pendant laquelle elle installera le dernier groupe de panneaux solaires, « les ailes » qui compléteront l'ossature externe de la station spatiale internationale (SSI).
Le commandant de la mission STS-119, Lee Archambault, dirige un équipage de sept personnes à bord de Discovery : le pilote Tony Antonelli et les spécialistes de mission Joseph Acaba, John Phillips, Steve Swanson, Richard Arnold et l'astronaute Koichi Wakata de l'Agence d'exploration aérospatiale du Japon (JAXA).
« La navette Discovery apportera à la station spatiale le moyen de mener à plein rendement ses recherches scientifiques », a annoncé le centre spatial de contrôle à Houston alors que le lancement de la navette illuminait le crépuscule.
Le commandant de l'expédition 18 de la station spatiale internationale Mike Fincke a téléphoné de la SSI pour féliciter de leur réussite toutes les équipes impliquées dans le lancement de Discovery.
Un délai dû à des fuites
Le lancement de Discovery, prévu initialement pour le 12 février, avait été reporté quand les cadres supérieurs de la NASA avaient décidé qu'il leur fallait plus d'informations sur un problème signalé lors de la mission STS-126 de la navette Endeavour en novembre 2008. L'hydrogène gazeux circulait plus rapidement qu'il ne le devait et des inspections avaient plus tard identifié une défaillance dans l'une des valves qui en contrôlent l'écoulement.
Le problème avait été réparé et la date du 11 mars avait été retenue pour le lancement. Mais quelques heures avant celui-ci, des techniciens avaient découvert une fuite d'hydrogène dans l'équipement d'appui au sol de la navette. Ils ont alors reconstruit le système et remplacé les valves et autres pièces afférentes.
« Je suis vraiment fier de cette équipe qui a réussi, au cours des derniers jours, à réparer la fuite d'hydrogène au niveau du matériel d'appui au sol sur le côté de la navette », a déclaré le directeur du lancement de la navette Mike Leinbach lors d'une conférence de presse en Floride après le départ de Discovery. « Cela a marché exactement comme nous l'avions anticipé. Il n'y avait aucune fuite signalée ce soir. »
Quatre sorties dans l'espace sont prévues pendant cette mission ; elles ont pour but d'installer un membre principal de charpente du côté droit de la station spatiale et de déployer les panneaux solaires qui y sont attachés.
Ceux-ci assureront un quart de l'électricité nécessaire aux épreuves scientifiques et à l'équipage, dont le nombre augmentera et comptera six membres pendant la mission STS-127 d'Endeavour, prévue pour le 15 mai.
La mission STS-125 d'Atlantis pour réparer le télescope spatial Hubble devrait être entamée le 12 mai et durer onze jours. Les astronautes apporteront à ce télescope, le premier instrument de ce genre réparable dans l'espace, de nouveaux instruments, des gyromètres, des piles électriques et d'autres pièces essentielles pour prolonger son fonctionnement jusqu'en 2013.

Un pas de géant pour JAXA
L'astronaute de JAXA Koichi Wakata se rendra à la station spatiale à bord de la navette Discovery en tant que spécialiste de mission STS-119 ; il demeurera alors dans l'ISS pour devenir ingénieur de vol de l'Expédition 18 - le premier membre d'équipage envoyé par JAXA.
Sandy Magnus, qui était arrivée à la station spatiale en novembre avec la mission de la navette STS-126, rentrera aux États-Unis à bord de Discovery.
« Cette mission est un pas de géant pour le programme spatial japonais de vols habités, » a indiqué le vice-président de JAXA Yukihide Hayashi dans un point de presse après le lancement de Discovery. « Elle nous permettra d'accumuler des connaissances et du savoir-faire très utiles pour le futur programme japonais d'exploitation de l'espace. »
M. Wakata, qui est ingénieur aérospatial, a déjà participé à deux missions de la navette. En 1996, il avait été le premier spécialiste de mission d'origine japonaise à bord de la navette STS-72, dont l'équipage avait accompli deux sorties dans l'espace pour mettre à l'épreuve et évaluer les techniques qui seraient utilisées pour assembler les différents éléments de la station spatiale.
En 2002, à bord de la mission STS-92 de la navette Discovery, M. Wakata était devenu le premier astronaute japonais à participer à l'assemblage de la station spatiale. Au cours de cette mission de treize jours, les sept membres d'équipage avaient attaché le premier segment de la charpente externe de la station - la poutre Z1 - et accompli quatre sorties dans l'espace. Et lors de la mission STS-119 actuelle, il aidera à livrer à la station spatiale le dernier segment de cette ossature.
« Quand j'ai participé à la mission STS-92, personne n'habitait à bord de la station spatiale internationale. C'était tellement petit - un peu plus grand que mon appartement à Tokyo, mais maintenant c'est trois fois plus grand », a dit M. Wakata lors d'une récente réunion de l'équipage.
Et d'ajouter : « J'ai beaucoup de chance de pouvoir participer à ce vol pour livrer cette fois le dernier segment des poutres de l'ossature à la station spatiale internationale. »
Premier vol de 2009
La mission STS-119 représente le 125e vol de la navette spatiale et le 28e à destination de la station spatiale internationale. Huit vols vers celle-ci et un autre vers le télescope spatial Hubble sont encore prévus avant que les navettes ne soient mises à la retraite en 2010.
Deux membres de l'équipage de STS-119, Joseph Acaba et Richard Arnold, sont deux des trois anciens enseignants sélectionnés comme spécialistes de mission parmi les diplômés de la promotion 2004 des éducateurs-astronautes.
M. Acaba était professeur de mathématiques et de sciences de lycée. M. Arnold était professeur d'école secondaire un peu partout dans le monde. Il avait été spécialiste de mission pour le 13e programme de la NASA pour les opérations de mission en conditions extrêmes, dit NEEMO, en août 2007.
Pour sa part, l'enseignante devenue astronaute Dottie Metcalf-Lindenburger devrait participer à une mission dans l'espace dont le lancement est prévue pour février 2010.