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25 novembre 2008

Dans une plaine arctique glacée le robot Phoenix met fin à sa mission réussie sur Mars

L'engin spatial de la NASA a trouvé de la glace, de la neige, des nuages et un sol plein de carbonate et d'argiles.

 
Représentation artistique du Phoenix
L'engin spatial Phoenix analyse l'atmosphère et prélève des échantillons de terrain martien.

Washington - Au terme d'une aventure longue de plus de 5 mois qui a permis de faire de nombreuses découvertes sur Mars, l'engin spatial Phoenix a succombé aux températures glaciales, à la diminution de la lumière du jour et à la récente tempête de poussière qui a balayé les plaines septentrionales de la planète rouge, facteurs qui ensemble ont finalement eu raison des capacités de fonctionnement du vaisseau spatial.

Comme l'équipe responsable du projet le prévoyait, l'été sur Mars a cédé la place à l'automne et la diminution saisonnière des heures d'ensoleillement dans cette région arctique où avait atterri le robot ne permettait plus aux panneaux solaires de recueillir suffisamment d'énergie pour recharger les batteries qui alimentent ses instruments.

« Bien que nous ayons perdu un vaisseau spatial », a déclaré le 10 novembre Doug McCuistion, directeur du programme d'exploration de Mars au siège de la NASA, lors de ses propos à la presse, « nous devons nous réjouir du travail de Phoenix, de celui accompli par son équipe et des perspectives que cela nous apporte pour l'avenir ».

Les ingénieurs de la mission ont reçu le dernier signal de l'engin le 2 novembre dernier. Programmé à l'origine pour une mission de trois mois de collecte et d'envoi de données scientifiques, Phoenix a dépassé sa durée prévue de vie opérationnelle de plus de deux mois.

L'université de l'Arizona dirige la mission de Phoenix, la gestion de projet incombant au Jet Propulsion Laboratory de la NASA (JPL) en Californie, avec un partenariat de développement à la société Lockheed Martin au Colorado.

L'Agence spatiale du Canada, l'université de Neuchâtel en Suisse, les universités de Copenhague et d'Aarhus au Danemark, l'Institut Max Planck en Allemagne, l'Institut météorologique de Finlande et l'Imperial College de Londres ont également apporté leur contribution.

Rester à l'écoute

L'équipe a annoncé la fin des opérations de la mission mais elle ne lâche pas le contact pour autant.

« Nous avons été surpris par la robustesse de ce véhicule », affirme Barry Goldstein, directeur du projet Phoenix à JPL, « nous continuons donc à écouter ».

Toutes les deux heures, l'un des orbiteurs de la NASA (Reconnaissance et Odyssey ) survole le lieu d'atterrissage de Phoenix.

Pendant ces survols, explique M. Goldstein, « nous allumerons toujours la radio et tenterons de contacter Phoenix pour voir s'il est toujours opérationnel. À l'heure actuelle, personne parmi les membres de l'équipe ne s'attend à ce qu'il le soit, mais nous espérons que ce véhicule nous surprendra une fois de plus. »

Une photo du sol sous le Phoenix
Le bras robotique a pris cette photo du sol sous le Phoenix. (Image NASA/JPL-Caltech/Université de l'Arizona/Institut Max Planck)

Lancé le 4 août 2007, Phoenix a atterri le 25 mai 2008, beaucoup plus au nord que les autres vaisseaux spatiaux ayant atterri sur la surface de Mars. Il est équipé d'une série d'instruments scientifiques représentatifs de la technologie la plus sophistiquée et la plus avancée jamais envoyée sur Mars, et le robot a utilisé cette technologie pour creuser, prélever, cuire, renifler et goûter le sol de la planète. (Voir « Un atterrissage parfait sur Mars marque le début d'une nouvelle expédition »).

Parmi les premiers résultats, il a vérifié la présence d'eau sous forme de glace juste en-dessous de la surface de Mars, ce qu'Odyssey, l'orbiteur de la NASA, avait déjà détecté à distance en 2002. Les caméras de Phoenix ont aussi envoyé plus de 25.000 images (certaines de vastes panoramas, et d'autres à l'échelle quasiment atomique grâce au premier microscope de force atomique jamais utilisé à l'extérieur de la Terre).

Eau et météo

Les réussites scientifiques préliminaires de Phoenix nous ont fait avancer dans l'étude de l'environnement arctique de Mars, l'objectif étant de savoir s'il a été, à un moment donné, favorable à l'existence de microbes. Ses découvertes appuient un second objectif : mieux connaître l'histoire de l'eau sur Mars.

« Lorsque nous avons atterri, nous avons regardé autour de nous et nous avons vu un champ de terre et de rochers qui s'étendait jusqu'à l'horizon et nous n'avons pas vu immédiatement de glace », raconte Peter Smith, principal chercheur du projet Phoenix à l'université de l'Arizona à Tucson.

« Ce n'est que lorsque nous avons regardé en-dessous du vaisseau spatial que nous avons découvert qu'elle se trouvait juste à ses pieds », a-t-il ajouté. « Tout le monde a ressenti une forte émotion et c'est l'étude de cette glace qui nous a occupé pendant les cinq derniers mois. En fait, cette mission porte entièrement sur l'eau et c'est ce sur quoi nous allons travailler pendant un certain temps, maintenant que nous essayons de comprendre ce que nous avons recueilli. »

Les découvertes liées à l'eau sont diverses : excavation de sol au-dessus de la couche de glace révélant deux catégories distinctes de dépôts de glace, observation de neige tombant des nuages, enregistrement de données météorologiques et de données sur la température, la pression, l'humidité et le vent pendant la durée de la mission, observation de la brume, des nuages, du gel et de tourbillons, et coordination avec l'orbiteur Reconnaissance pour observer la météo martienne simultanément au sol et en orbite.

L'une des grandes réussites de la mission, selon M. Smith, c'est la collecte des données météorologiques.

Nutriments - signes de vie

D'autres découvertes ont permis de documenter un environnement composé de sol moyennement alcalin, différent de tout ce qui a été découvert lors des autres missions sur Mars. On a également trouvé de petites concentrations de sel susceptibles de servir de nutriment à une forme de vie quelconque, du sel de perchlorate, ce qui a des implications sur la glace et les propriétés du sol, et enfin du carbonate de calcium, marqueur des effets de l'eau sous forme liquide.

« Nous avons remarqué que le sol est alcalin et qu'il regorge de carbonates et d'argiles », dit M. Smith. « Sur Terre, on pourrait conclure tout de suite qu'il y avait de l'eau dans le sol, sous forme liquide. Mais sur Mars, il nous faut être un peu plus prudents et nous allons dérouler notre récit au fur et à mesure que nous interpréterons nos données. Mais, c'est certain, l'eau sous forme liquide fait partie de l'histoire de ce sol. »

Phoenix est le premier vaisseau spatial du programme Scout de la NASA, qui a pour objet d'envoyer une série de petites missions peu coûteuses, principalement centrées sur la découverte.

La prochaine mission Scout, indique M. McCuistion , est le vaisseau spacial Mars Atmosphere and Volatile Evolution (atmosphère et évolution volatile de Mars), une mission qui devrait coûter 485 millions de dollars et devrait être lancée fin 2013. Sa mission est de recueillir des informations supplémentaires sur l'atmosphère, l'histoire climatique et le potentiel de Mars en tant que planète habitable.

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