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20 novembre 2009

Le programme PEPFAR des É.-U. aide des millions d'Africains touchés par le sida

Cette initiative est plus vaste que le plan Marshall, précise son administrateur.

 
Eric Goosby et les patients et les membres du personnel de l'hôpital Mulago à Kampala (Ouganda).
M. Eric Goosby, le directeur de PEPFAR, fait la connaissance des patients et des membres du personnel de l'hôpital Mulago en Ouganda.

Washington - Le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR), programme des États-Unis visant à assurer des traitements vitaux à des millions d'Africains atteints de ce fléau, « a profité à beaucoup plus de personnes, autrement vouées à une mort certaine, que tout autre programme de santé », a déclaré l'administrateur du PEPFAR et coordonnateur des États-Unis pour la lutte mondiale contre le sida, le docteur Eric Goosby.

Dans un entretien accordé à America.gov, à l'approche de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre, le Dr. Goosby a indiqué que plus de 2,5 millions de personnes infectées du virus du sida dans une douzaine de pays africains sont aujourd'hui en vie grâce aux médicaments antirétroviraux qui leur ont été fournis par le PEPFAR. Le Dr. Goosby, qui est spécialiste des maladies infectieuses, a été nommé à la tête du PEPFAR en avril par le président Obama. « Le PEPFAR est l'initiative la plus importante jamais organisée par un pays - ou même par tous les pays ensemble - pour contrer une maladie unique. Ce programme est d'une plus grande envergure que le plan Marshall entrepris après la Seconde Guerre mondiale », a souligné le Dr. Goosby.

En 1948, le gouvernement des États-Unis avait lancé un programme d'aide et de développement sur quatre ans, d'une valeur de 13 milliards de dollars, visant à soutenir le redressement de l'Europe occidentale au terme de six ans de conflit dévastateur ; ce programme avait été baptisé plan Marshall, du nom du secrétaire d'État à l'époque, M. George Marshall.

Depuis son lancement en 2003, le PEPFAR a consacré près de 18 milliards de dollars à l'aide à des victimes du sida dans 31 pays ; 80 % des fonds sont allés à l'Afrique subsaharienne où vivent 27 des 33 millions de personnes qui souffrent de cette maladie. Le plus important défi que doit relever maintenant le PEPFAR consiste à travailler avec ses partenaires étrangers pour renforcer et élargir les capacités des systèmes de soins « pour s'assurer que les services aux sidéens soient encore disponibles dans 25 ou 30 ans », a dit le Dr. Goosby. Et d'ajouter : « C'est pour cette raison que la Journée mondiale contre le sida est importante parce qu'elle nous offre l'occasion de renouveler notre engagement à lutter contre le sida et de continuer à lui donner la priorité. »

Établie par l'Organisation mondiale de la santé en 1998 et marquée tous les 1er décembre depuis, la Journée mondiale de lutte contre le sida comporte un ensemble d'ateliers musicaux, académiques et civiques et des événements organisés dans le monde entier dans le but de mettre l'accent sur cette maladie qui, selon les estimations, a coûté la vie à 25 millions de personnes depuis le début des années 1980.

Cette journée est également importante « parce qu'elle nous permet de réfléchir aux vies qui ont été perdues, aux potentiels jamais réalisés. Le fardeau extraordinaire du sida sur les familles, les collectivités et les pays se fera sentir pendant de longues années », a fait remarquer le Dr. Goosby. L'Afrique compte aujourd'hui 11,6 millions d'orphelins, selon AVERT, l'organisation caritative internationale pour les victimes du sida.

Si l'objectif principal est de garder en vie les gens qui souffrent de cette maladie encore incurable, on peut dire alors que le PEPFAR a été une réussite magnifique, a souligné le Dr. Goosby. « En Afrique subsaharienne, en 2003, 50.000 personnes seulement prenaient des médicaments antirétroviraux qui peuvent leur sauver la vie », tandis qu'aujourd'hui des millions le font. En outre, le coût de la thérapie antirétrovirale par patient a été réduit grâce à l'assistance et à la coopération des compagnies pharmaceutiques ; ce coût est passé à 400 dollars par an alors qu'il atteignait entre 9.000 et 12.000 dollars par an dans le passé, a ajouté le Dr. Goosby.

Au plan de la prévention, le PEPFAR a assuré la distribution de plus de 2,2 milliards de préservatifs de par le monde, de 2004 à 2008, et appuyé des programmes pour prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant dans le cas d'environ 16 millions de grossesses. En 2008, le total des fonds du PEPFAR affectés aux programmes de prévention s'est élevé à quelque 712 millions de dollars.

En juillet 2008, le Congrès a adopté une loi prorogeant le PEPFAR pour cinq ans et lui affectant 48 milliards de dollars dont environ 9 milliards seront consacrés à la lutte contre le paludisme et la tuberculose - deux maladies qui, avec le sida, ont été un fléau pour l'Afrique subsaharienne.

La volonté des contribuables des États-Unis de toujours financer le PEPFAR « reflète leur meilleur désir de contribuer et d'assumer leur part de la responsabilité collective qui est de répondre à ces besoins médicaux profonds », a dit le Dr. Goosby. En effet, la volonté d'aider des étrangers menacés d'une maladie débilitante et d'une mort terrible - cette volonté que représente le PEPFAR - est « au cœur même de la personnalité des Américains » qui sont fiers de leur tradition de toujours venir en aide à leurs voisins quelle que soit leur origine.

Le président Obama a mentionné cet esprit et cette volonté des Américains dans son discours prononcé au Ghana en juillet. « Nous poursuivrons la lutte contre le VIH/sida (…) car au XXIe siècle, nous sommes appelés à agir selon notre conscience mais aussi dans notre intérêt commun. (…) Ces dernières années, des progrès énormes ont été accomplis dans certaines parties de l'Afrique. Les gens sont beaucoup plus nombreux à vivre avec le VIH/sida de manière productive et à obtenir les médicaments qu'il leur faut », avait déclaré M. Obama.

Par ailleurs, pendant l'étape sud-africaine de sa tournée en Afrique, en août dernier, la secrétaire d'État Hillary Clinton a, elle aussi, parlé de la détermination des États-Unis d'œuvrer en partenariat avec les Africains dans leur lutte contre le sida. Accompagnée du Dr. Goosby, Mme Clinton s'est rendue à Johannesbourg au centre de soins Cullinan, qui est financé par le PEPFAR et l'agence des États-Unis pour le développement international.

« Le gouvernement des États-Unis a fait montre de son engagement à l'égard du PEPFAR, quel que soit le parti au pouvoir. Le gouvernement Obama a indiqué que nous voulons non seulement lutter contre le VIH/sida mais aussi le faire de manière efficace ; et nous souhaitons nous acquitter des obligations prises dans le cadre des fonds déjà affectés à ce programme sous le mandat du président George Bush, et les augmenter. Et c'est ce que nous avons l'intention de faire », avait affirmé Mme Clinton.

(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

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