16 octobre 2009
Les contributions des immigrés enrichissent cette ville depuis plusieurs siècles.

Washington - En septembre 1609, aux commandes du navire Half Moon (Demi-Lune), le navigateur anglais Henry Hudson pénétrait dans la rade qui devait devenir celle de la ville de New York. De là, il remonta le fleuve qui porte aujourd'hui son nom. Sa traversée de l'Atlantique ouvrit la voie à celle de millions d'émigrés, pour la plupart des Européens, qui vinrent refaire leur vie dans le Nouveau Monde, transformant New York en ce centre international des finances, de la mode, de la politique d'avant-garde, de la publicité et des arts que nous connaissons aujourd'hui.
Hudson avait mis les voiles au profit d'une compagnie néerlandaise avec pour mission de découvrir un passage maritime rapide vers les Indes. Auparavant, un Italien au service de la France, Giovanni da Verrazano, avait débarqué sur le même littoral sans pourtant l'explorer autant que devait le faire Hudson. C'est ainsi qu'on pourrait considérer la découverte de la presqu'île de New York comme une métaphore de la diversité des peuples qui s'y sont installés et qui en ont fait l'une des plus grandes métropoles du monde.
Cette année, les Pays-Bas et les États-Unis célèbrent le 400e anniversaire du débarquement de Hudson dans le Nouveau Monde - un événement à partir duquel les Pays-Bas devaient contrôler la région pendant environ cinquante ans avant que la Nouvelle-Amsterdam, comme le port avait été d'abord baptisé, ne tombât entre les mains des Britanniques et ne devînt la ville de New York. Dans le cadre des cérémonies organisées à l'occasion de cet anniversaire, les New-Yorkais ont pu, par exemple, admirer le tableau de Vermeer intitulé « La Laitière », que le musée Rijks d'Amsterdam a prêté à leur ville ; ils ont pu voir également un navire à voiles construit sur le modèle de La Demi-Lune remontant le fleuve Hudson tandis qu'à Utrecht, la Monnaie royale néerlandaise a frappé une pièce commémorative avec l'image de ce vaisseau.
L'un des événements culminants de ces célébrations a eu lieu le 8 septembre quand la secrétaire d'État, Mme Hillary Rodham Clinton, et le maire de New York, M. Michael Bloomberg, ont accueilli le prince Willem-Alexander des Pays-Bas et son épouse Maxima lors d'une cérémonie organisée sur l'ancien bâtiment de guerre Intrepid, un porte-avion de la Seconde Guerre mondiale transformé en musée et qui est amarré à l'un des quais du fleuve. Mme Clinton a déclaré que New York « était non seulement la plus extraordinaire ville du monde (…) mais demeurait aussi un phare de liberté, de diversité, d'enthousiasme et de dynamisme ». Et elle a fait les louanges de l'amitié et de l'alliance de longue date entre les États-Unis et les Pays-Bas, deux pays « dont les relations remontent au jour où La Demi-Lune s'est pointée à l'horizon ».
New York a toujours été le principal point d'accueil pour les millions d'immigrés aux États-Unis, a dit M. Henry Stern, ancien membre du conseil municipal de cette ville et directeur des jardins municipaux. « Ce pays a réellement été bâti par les immigrés, et New York joue un rôle très spécial dans leur accueil. C'est ici qu'ils apprennent la langue et se familiarisent avec les aspects de la vie américaine qui leur permettront de réussir, quelle que soit la ville des États-Unis dans laquelle ils finiront par s'installer. » M. Stern père, Walter, avait immigré à New York en 1926 après avoir quitté son Allemagne natale où il avait été fabricant de tentes.
Bien que l'espoir de trouver de nouvelles possibilités pour améliorer leur vie ait toujours motivé les immigrés aux États-Unis, leur flux en provenance des différents pays change au fil des ans en raison des conditions dans leurs terres natales et des divers modes de transports. Au XIXe siècle, le port de New York a accueilli d'importantes vagues d'Italiens, d'Irlandais et de juifs venus de l'Europe de l'Est ; de nombreux juifs devaient aussi immigrer aux États-Unis dans les années 1930 pour fuir l'Allemagne nazie.
En tout, 60 % de la population de la ville de New York sont des immigrés ou leurs descendants directs, selon M. Joseph Berger, journaliste au New York Times et auteur du livre The World in a City : Traveling the Globe Through the Neighborhoods of the New York (Toute la planète dans une ville : Un tour du monde dans les quartiers de New York). Né dans l'ancienne Union soviétique, M. Berger a immigré aux États-Unis avec ses parents qui étaient venus à New York. Selon l'agence de l'urbanisme de New York, la proportion des résidents de cette ville nés à l'étranger a doublé entre 1970 et 2005, passant de 18,2 % à 36,6 %.
Entre-temps, le mélange des différentes origines de ces immigrés a bien changé. En 1970, les principaux pays d'origine des New-Yorkais étaient l'Allemagne, l'Australie, Cuba, l'Irlande, l'Italie, la Jamaïque, la Pologne, la République dominicaine, le Royaume-Uni et l'Union soviétique. Mais en 2000, les dix pays en tête de liste étaient la Chine, la Colombie, l'Equateur, la Guyane, Haïti, l'Inde, la Jamaïque, la Trinité-et-Tobago, le Mexique et la République dominicaine. Les habitants de New York parlent, en tout, plus de 170 langues. L'île appelée Staten Island dans le bassin du port de New York, a été le point d'accueil pour 12 millions d'immigrés qui ont commencé à y débarquer en 1892 et continué à le faire jusque vers 1924, quand la plupart des nouveaux Américains arrivaient par mer. Le musée de Staten Island commémore aujourd'hui leur histoire.
Des immigrés arrivés à Ellis Island, nombreux ont été ceux dont la vie en Amérique a été couronnée de succès. Parmi eux : l'écrivain Isaac Asimov, venu de Russie ; l'ancien maire de New York, Abraham Beame, d'Angleterre ; le compositeur Irving Berlin, du Bélarus ; l'actrice Claudette Colbert, de France ; l'ancien maire de San Francisco, George Christopher, de Grèce ; l'ancien juge la Cour suprême, Felix Frankfurter, d'Autriche ; l'acteur Bob Hope, d'Angleterre ; la claveciniste Wanda Landowska, de Pologne ; l'ancien député Dalip Singh Saund, de l'Inde ; et le peintre Ben Shahn, de Lituanie.
À moins d'un kilomètre de là, sur Liberty Island (l'île de la Liberté) se dresse la statue de la Liberté, un cadeau offert aux États-Unis par le peuple français et qui accueille les nouveaux venus à New York depuis 1886.
(Les articles du «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)