27 janvier 2010
Les points principaux du discours du président Obama sur l'état de l'Union

Washington - Les États-Unis doivent continuer d'exercer leur influence prédominante dans le monde en vue de mettre fin à la prolifération des armes nucléaires, de développer des énergies nouvelles et de faire progresser la dignité humaine dans le monde, a affirmé le président Barack Obama dans son premier discours sur l'état de l'Union prononcé le 27 janvier au soir.
Réaffirmant la détermination de son gouvernement en faveur d'un engagement mondial, M. Obama a déclaré aux membres du Congrès réunis en séance plénière, aux membres de son cabinet, aux juges de la Cour suprême et à l'état-major interarmées, ainsi qu'au public américain qui recevait le discours en direct, que les États-Unis tenaient à poursuivre une telle direction afin de promouvoir « la sécurité et la prospérité communes de tous les peuples ».
Cet engagement des États-Unis consiste à prendre l'initiative dans la lutte contre les changements climatiques, à œuvrer en faveur d'une reprise économique mondiale durable, à créer des partenariats à travers le monde dans le domaine des sciences, de l'éducation et de l'innovation, et à continuer de prodiguer une aide humanitaire, alimentaire et médicale, notamment contre le sida, a déclaré M. Obama.
« Les États-Unis d'Amérique entreprennent ces actions parce que notre destin est lié à celui des peuples situés au-delà de nos rivages. Mais nous le faisons aussi pour des impératifs moraux », a affirmé le président. En défendant la dignité humaine de par le monde, « nous prenons parti pour la fille qui aspire à aller à l'école en Afghanistan, nous soutenons les droits des femmes qui manifestent dans les rues en Iran et nous défendons la cause du jeune Guinéen que la corruption a privé d'emploi. »
Selon M. Obama, la menace des armes nucléaires reste « peut-être le danger le plus grave qui menace le peuple américain ». Aussi son gouvernement mène-t-il une stratégie visant à inverser leur prolifération dans l'optique finale d'un monde « débarrassé de ces armes ».
Les États-Unis et la Russie doivent reprendre le 1er février à Genève leurs négociations sur un nouveau traité de réduction des armements stratégiques (START), projet de traité de réduction des armements que le président a décrit comme « d'une portée sans précédent depuis vingt ans ».
Cet accord devrait être conclu avant le Sommet sur la sécurité nucléaire que le président doit accueillir en avril. Des représentants de 44 États se réuniront alors à Washington dans le but de « sécuriser, en quatre ans, tout le matériel nucléaire vulnérable de par le monde, afin qu'il ne puisse jamais tomber entre les mains de terroristes ».
Des pays tels que la Corée du Nord et l'Iran qui cherchent à se doter de l'arme nucléaire devront faire face à des sanctions économiques alourdies et à une communauté internationale toujours plus liguée contre leurs efforts.
M. Obama a réaffirmé que toutes les brigades de combat auraient quitté l'Irak à la fin août. Il a cependant rappelé que les États-Unis continueraient d'aider et de soutenir le gouvernement et le peuple irakiens. En Afghanistan, une pression accrue contre les talibans et l'accélération de la formation des forces afghanes permettront aux autorités afghanes de prendre en main les rênes de la sécurité de leur pays à partir de juillet 2011, date à laquelle les forces américaines commenceront à se retirer.
L'économie
Le gros du discours sur l'état de l'Union a porté sur l'économie américaine. M. Obama a déclaré que bien que le pire de la récession de 2008 soit passé, le taux de chômage s'élevait à 10 %, beaucoup d'entreprises avaient fait faillite et la valeur des maisons avait baissé.
Pour beaucoup d'Américains, « le changement n'est pas venu assez vite » et la création d'emplois sera encore l'objectif prioritaire du gouvernement Obama sur le plan intérieur en 2010.
L'un des secteurs prometteurs à cet égard, a-t-il dit, est l'énergie propre, dont le développement, conjugué à la réduction de la pollution et à l'atténuation des changements climatiques, procurera de nouveaux emplois et stimulera la croissance économique.
« C'est la bonne stratégie pour notre avenir », a souligné le président. « Le pays qui dirigera l'économie de l'énergie propre sera le pays qui mènera l'économie mondiale, et ce pays-là doit être l'Amérique. »
En outre, les États-Unis doivent promouvoir leurs exportations et chercher de nouveaux marchés avec toute la vigueur nécessaire.
« Si l'Amérique reste sur la touche pendant que d'autres pays concluent des accords commerciaux, nous perdrons cette chance de créer des emplois chez nous », a-t-il déclaré.
M. Obama a dit que son gouvernement allait s'employer en 2010 dans le cadre de la série de négociations commerciales multilatérales de Doha, sous les auspices de l'Organisation mondiale du commerce, d'orienter ces discussions vers l'accroissement des échanges mondiaux par une ouverture accrue des marchés, et « nous renforcerons nos relations commerciales en Asie ainsi qu'avec des partenaires importants tels que la Corée du Sud, le Panama et la Colombie ».
Outre la création d'emplois et la stimulation des échanges, le président a appelé à des mesures visant à réduire la dette fédérale américaine, notamment le gel des dépenses discrétionnaires de l'État fédéral et la réforme de l'assurance maladie.
Selon lui, le gel des dépenses qu'il propose, d'une durée de trois ans, permettrait d'économiser quelque 20 milliards de dollars en 2011, mais ne toucherait pas les budgets dans certains secteurs, dont la défense nationale où réside le gros du budget de l'aide à étranger.
L'adoption d'une loi de réforme de l'assurance maladie non seulement sauvera des vies et améliorera la santé de beaucoup d'Américains, mais permettra de « réduire le déficit d'environ mille milliards de dollars au cours des deux prochaines décennies », a-t-il ajouté.
« Ne tournez pas le dos à la réforme. Pas maintenant. Pas maintenant que nous sommes si près du but. Trouvons un moyen de nous entendre et d'achever ce travail pour le peuple des États-Unis », a demandé le président.
M. Obama a conclu son discours en observant que la démocratie, dans un pays de trois cents millions d'habitants, « peut être bruyante, désordonnée et compliquée ». Mais il a exhorté le Congrès à « prendre un nouveau départ » après avoir traversé une décennie difficile, pour « poursuivre la réalisation du rêve (américain) et pour renforcer une fois de plus notre union ».
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)