03 février 2010
Le public américain l'a interrogé également sur Guantanamo, l'Afghanistan et Al-Qaïda.
Washington - Pendant que le président des États-Unis Barack Obama prononçait, le 27 janvier, son discours sur l'état de l'Union, des milliers d'Américains se sont branchés à l'Internet pour lui poser des questions par l'intermédiaire du site vidéo très fréquenté de YouTube.
Ils ont également été invités à indiquer par vote leur préférence parmi les 11.000 questions qui ont été envoyées au président. Ce dernier a ainsi pu, le 1er février, répondre, en direct, de la Maison Blanche aux questions les plus populaires, celles qui semblaient intéresser le plus le public américain.
Certaines des questions posées à M. Obama dans le cadre de ce tout premier entretien présidentiel sur YouTube se rapportaient aux thèmes de son discours sur l'état de l'Union : la réforme de l'assurance maladie, la crise de l'emploi, la crise financière, le terrorisme, l'Afghanistan. Mais la question qui a reçu le plus de suffrages (plus de 90 % des participants ayant déclaré que c'était une bonne question) a été celle qui se rapportait au Soudan, dont le président n'a pas parlé dans son discours.
Les États-Unis en quête de la pleine application de l'accord de paix global au Soudan
À cette question, qui visait à savoir ce qu'il avait l'intention de faire afin d'éviter que le Soudan ne sombre dans la violence généralisée cette année, le président Obama a répondu : « La situation au Soudan nous brise le cœur, mais elle est aussi extrêmement complexe. »
Dès son entrée en fonctions, a-t-il dit, il a cherché à s'assurer que les réfugiés dans les camps au Darfour auraient de quoi boire, se nourrir et assurer leur existence de tous les jours et, pour cela, il fallait que les organisations non gouvernementales d'aide humanitaire puissent s'y rendre.
« La prochaine étape de ce défi est d'arbitrer un accord de paix durable entre les rebelles qui se trouvent toujours au Darfour et le gouvernement soudanais » a écrit M. Obama, ajoutant que son envoyé spécial au Soudan, Scott Gration, s'efforçait de mobiliser la communauté internationale en faveur d'un tel résultat.
L'objectif est de conclure « une série d'accords qui d'abord stabiliseraient le pays, puis permettraient aux réfugiés du Darfour de commencer à se réinstaller dans leurs terres ancestrales ».
« Malheureusement, à cause du génocide qui s'est perpétré auparavant, beaucoup de ces villages sont aujourd'hui détruits. Aussi, tout examen de la façon de réintégrer ces populations dans des lieux qui seront viables sur le plan économique, qui ont les ressources nécessaires pour soutenir la population, doit viser une stratégie de développement à long terme, et c'est un défi que la communauté internationale devra contribuer à relever. »
Les États-Unis continuent « de faire pression sur les autorités soudanaises », a écrit le président. « Si elles ne se montrent pas coopératives, nous serons alors en droit de conclure que ce type d'approche ne donne pas les résultats voulus et que nous devons appliquer des pressions accrues afin d'atteindre nos objectifs. »
« Nous sommes en guerre contre un groupe très précis »
Interrogé sur ses intentions relatives à la « guerre contre le terrorisme » et sur les menaces terroristes, M. Obama a commencé par redéfinir la nature de l'ennemi : il ne s'agit pas d'une abstraction appelée « terrorisme » mais « d'un groupe bien précis : Al-Qaïda et ses alliés extrémistes qui ont formé une nébuleuse de par le globe, qui veulent nous attaquer, attaquer nos alliés, attaquer nos bases et nos ambassades autour du monde, et, fait affligeant entre tous, attaquer des innocents sans égard à leur origine, sans égard à leur religion. »
« Nous devons les combattre dans des situations très concrètes en Afghanistan et dans les zones frontalières du Pakistan, où ils se sont terrés. Mais ils se sont propagés dans des pays tels que le Yémen et la Somalie, et nous collaborons sur le plan international avec nos partenaires pour essayer de circonscrire l'étendue de leurs opérations et de les démanteler dans ces régions. »
« Mais nous devons aussi les combattre avec des idées », a poursuivi le président. « Nous devons (...) nous associer à la majorité écrasante des musulmans, qui rejette la violence insensée de cette sorte, et nous attacher à offrir de nouvelles voies, de nouvelles solutions permettant aux gens d'exprimer leurs divergences d'opinion quelles qu'elles soient. Je pense que nous n'avons pas assez bien réussi dans ce domaine. »
M. Obama a également souligné la nécessité d'aider des pays comme le Yémen et le Pakistan sur le plan économique, « afin de faire en sorte que les jeunes trouvent des débouchés ».
Par ailleurs, le projet de fermeture de la prison de Guantanamo a rencontré « une vive résistance politique », a écrit M. Obama. « C'est un dossier qui est devenu l'objet de beaucoup de politicaillerie ».
Il a fait observer que le Congrès était capable de limiter sa capacité de déplacer les prisonniers actuellement détenus à Guantanamo en refusant de financer leur relocalisation : « C'est une chose dont nous devrons nous occuper au Congrès (...) mais aussi au sein de l'opinion publique de façon à ce que les gens comprennent que notre ligne d'action est finalement la meilleure. »
Abordant le dossier énergétique, le président a réaffirmé son appui aux sources renouvelables d'énergie : solaire, éolienne, et autres, tout en reconnaissant que ces sources ne suffiraient pas à répondre aux besoins des États-Unis. Aussi a-t-il demandé à ses concitoyens d'examiner attentivement les programmes d'énergie nucléaire qui ont bien réussi au Japon et en France : « Nous sommes conscients des préoccupations relatives au stockage des déchets nucléaires, des inquiétudes au sujet de la sécurité, mais nous pensons que nous devons y recourir si nous voulons sérieusement régler le problème des changements climatiques. »
Il a également préconisé la poursuite de la recherche de techniques de combustion propre du charbon, du fait que des pays tels que la Chine et l'Inde ne vont pas renoncer à cette source d'énergie et que le monde aura besoin de ces techniques afin d'y recourir de manière écologiquement responsable.
A la fin de la séance, M. Obama a exprimé son enthousiasme pour l'Internet en tant que moyen d'écouter le public et de lui parler : « C'était une expérience exceptionnelle. J'espère que nous aurons l'occasion de la renouveler sur une base plus régulière car elle me permet de dialoguer avec une multitude de gens pleins d'idées merveilleuses. »
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)