25 septembre 2009

Washington - Les six pays qui dirigent les négociations sur le programme nucléaire iranien ont exprimé leurs inquiétudes communes à ce sujet, ajoutant qu'ils s'attendent à ce que l'Iran soit prêt à entamer « des discussions sérieuses et substantielles » à la rencontre prévue le 1er octobre à Genève.
La secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, s'est entretenue de ce dossier avec ses homologues de l'Allemagne, de la Chine, de la France, du Royaume-Uni et de la Russie, qui forment, avec les États-Unis, le groupe des six pays chargés des négociations avec l'Iran - groupe baptisé P5+1, puisqu'il se compose des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne. À l'issue de cette rencontre, Mme Clinton a déclaré à la presse, le 23 septembre, que tous les membres du groupe étaient d'avis qu'il fallait poursuivre « une approche à deux voies, à savoir d'engagement et de pression » pour tenter de dissuader l'Iran de mettre au point des armes nucléaires.
« Personne ne devrait sous-estimer notre intention de persister sur l'une ou l'autre voie, voire sur les deux à la fois. Cela dépend de la réponse de l'Iran », a dit Mme Clinton. « La direction que prendra ce processus sera entièrement déterminée par le choix que fera l'Iran. Et nous nous attendons à ce que les responsables iraniens indiquent clairement quelles sont leurs intentions lors de la rencontre prévue le 1er octobre », a-t-elle souligné.
Au nom du P5+1, le ministre britannique des affaires étrangères, M. David Milliband, a lu le communiqué conjoint préparé par le groupe à l'issue de ses entretiens du 23 septembre, dans lequel il se dit « gravement préoccupé » par le programme nucléaire de l'Iran et l'exhorte à se plier « dans les meilleurs délais » aux demandes de l'Agence internationale de l'énergie atomique et du Conseil de sécurité de l'ONU dans le but « d'engendrer la confiance » dans ses affirmations que ses activités nucléaires n'ont qu'une fin pacifique.
« Nous avons toujours indiqué que nous voulions négocier un accord global durable pour régler la question du programme nucléaire iranien. Mais cela ne peut se faire que si les deux côtés sont prêts à s'atteler à cette tâche dans un esprit de respect mutuel et déterminés dès maintenant à œuvrer en faveur d'une solution », précise le communiqué. Il réaffirme aussi que le P5+1 est toujours disposé, comme il l'avait indiqué en juin 2008, « à offrir des mesures politiques, sécuritaires et économiques de substance qui seraient bénéfiques à l'Iran et à la région » en échange de la coopération de Téhéran.
La réunion prévue le 1er octobre entre les représentants de l'Iran et du P5+1 offrira l'occasion de trouver une « solution complète, durable et appropriée », indique le communiqué. « Nous nous attendons à ce que l'Iran nous donne une réponse sérieuse, à la suite de laquelle nous déciderons des prochaines étapes que nous adopterons dans le cadre de notre approche à deux voies. »
Dans ses propos à la presse, Mme Clinton a souligné que le communiqué exprimait très fermement la position dont sont convenus les six États membres du P5+1. « Le groupe demeure uni dans sa volonté de faire pression sur l'Iran pour le convaincre de respecter ses obligations internationales afférentes à son programme nucléaire, et s'inquiète sérieusement des défaillances de l'Iran à cet égard, notamment du fait que Téhéran n'a toujours pas répondu aux questions relatives au potentiel militaire dudit programme », a déclaré Mme Clinton.