24 septembre 2009
Le Sommet du Conseil de sécurité des Nations unies du 24 septembre 2009
(Début de la transcription)

La Maison-Blanche
Bureau du secrétaire de presse
Pour diffusion immédiate
Le 24 septembre 2009
Siège des Nations unies, New York
Allocution du président Obama
au Sommet du Conseil de sécurité des Nations unies
sur la non-prolifération et le désarmement nucléaires
Le président Obama : La 6191e séance du Conseil de sécurité est maintenant ouverte. L'ordre du jour provisoire de cette réunion est porté sur le document du conseil intitulé S/Agenda/6191, libellé comme suit : « Maintien de la paix et de la sécurité internationales, prolifération nucléaire et désarmement nucléaire. » S'il n'y a pas d'objection, je considère que cet ordre du jour est adopté. L'ordre du jour est adopté.
Je souhaite accueillir chaleureusement les distingués chefs d'État et de gouvernement, le secrétaire général, le directeur général de l'AIEA, les ministres et autres représentants distingués réunis dans la salle du Conseil de sécurité. Votre présence est la preuve de l'importance du sujet dont nous allons discuter.
Le sommet du Conseil de sécurité va maintenant commencer l'étude du deuxième élément de l'ordre du jour. Les membres du Conseil ont devant eux le document S/2009/473, qui contient le texte d'une proposition de résolution préparée durant de précédentes réunions du Conseil. Je souhaite attirer l'attention des membres du Conseil sur le document S/2009/463 contenant une lettre des États-Unis, datée du 16 septembre 2009, transmettant un document de conception sur le sujet considéré. Conformément à l'accord négocié plus tôt entre ses membres, le Conseil de sécurité va se prononcer sur le projet de résolution qui est devant lui avant d'entendre les déclarations du secrétaire général et des membres du Conseil. En conséquence, je soumets maintenant le projet de résolution au vote. Que ceux qui sont favorables au projet de résolution contenu dans le document S/2009/473 lèvent la main. Le résultat du vote est le suivant : le projet de résolution est approuvé à l'unanimité, par 15 voix. Le projet de résolution a été adopté à l'unanimité en tant que résolution 1887 de 2009.
Je tiens encore une fois à remercier tous ceux qui sont présents ici. Je vous souhaite à tous le bonjour. Durant les six décennies d'existence du Conseil de sécurité, seulement quatre autres réunions de cette nature ont été organisées. J'ai convoqué celle-ci de façon que nous puissions aborder, au plus haut niveau, une menace fondamentale qui pèse sur la sécurité de tous les peuples de toutes les nations : la prolifération et l'utilisation des armes nucléaires.
Comme je l'ai dit hier, cette institution même a été fondée à l'aube de l'ère atomique, en partie parce qu'il fallait contenir la capacité de tuer que l'homme avait acquise. Même si nous avons évité un cauchemar nucléaire durant la guerre froide, nous nous retrouvons aujourd'hui face à une prolifération d'une envergure et d'une complexité qui exigent de nouvelles stratégies et de nouvelles méthodes. L'explosion d'une seule bombe nucléaire dans une ville - que ce soit New York ou Moscou ; Tokyo ou Pékin ; Londres ou Paris - ferait des centaines de milliers de victimes. Et cela déstabiliserait gravement notre sécurité, nos économies et nos modes de vie.
Une fois de plus, les Nations unies ont un rôle charnière à jouer au niveau de la prévention de cette crise. La résolution historique que nous venons d'adopter incarne notre engagement collectif envers l'objectif d'un monde débarrassé des armes nucléaires. Elle exprime l'entente du Conseil de sécurité sur un vaste cadre d'action visant à réduire les risques nucléaires au fur et à mesure que nous nous acheminons vers cet objectif. Elle reflète l'ordre du jour dont j'ai donné les grandes lignes à Prague, et fait fond sur un consensus selon lequel tous les pays ont le droit de se doter d'une énergie nucléaire pacifique ; les pays détenteurs de l'arme atomique ont la responsabilité d'évoluer vers le désarmement ; et ceux qui ne disposent pas de cette arme ont le devoir d'y renoncer.
Aujourd'hui, le Conseil de sécurité a donné son aval à un effort mondial visant à mettre en sécurité toutes les matières nucléaires vulnérables d'ici à quatre ans. En avril prochain, les États-Unis vont accueillir un sommet pour promouvoir cet objectif et aider tous les pays à l'atteindre. La résolution contribuera également à renforcer les institutions et les initiatives visant à combattre le trafic, le financement et le détournement de matériels liés à la prolifération. Elle demande à tous les États de geler tous les avoirs financiers servant à la prolifération. Et elle réclame des mesures de protection plus fermes pour réduire les risques de détournement de programmes nucléaires pacifiques à des fins militaires.
La résolution qui a été adoptée aujourd'hui va également renforcer le Traité de non-prolifération nucléaire. Nous avons clairement signifié que le Conseil de sécurité a à la fois le droit et le devoir de réagir à toute violation de ce traité. Nous avons clairement signifié que le Conseil de sécurité a à la fois le droit et le devoir de déterminer, chaque fois que ce sera nécessaire, si les violations de ce traité menacent la paix et la sécurité internationales, et de réagir en conséquence.
Cela comprend le respect total des résolutions du Conseil de sécurité sur l'Iran et la Corée du Nord. Soyons clairs : il ne s'agit pas de pointer du doigt des nations particulières - il s'agit de faire respecter les droits de tous les pays qui acceptent leurs responsabilités. Le monde doit s'unir. Et nous devons démontrer que le droit international n'est pas une promesse en l'air, et que les traités seront respectés.
Les douze prochains mois seront absolument critiques pour déterminer si cette résolution et nos démarches globales contre la propagation et l'utilisation d'armes nucléaires sont couronnées de succès. Toutes les nations doivent faire leur part pour qu'elles le soient. Aux États-Unis, j'ai promis que nous allions rechercher un nouvel accord avec la Russie afin de réduire considérablement nos ogives stratégiques et leurs vecteurs. Nous allons faire avancer la ratification du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, et préparer le terrain pour des coupes plus profondes de notre propre arsenal. En janvier prochain, nous allons demander aux pays concernés d'entamer des négociations sur un traité visant à stopper la production de matières fissiles destinées aux armes. En outre, la Conférence d'examen du Traité de non-prolifération nucléaire sera l'occasion de renforcer cet instrument.
Nous ne nous faisons aucune illusion quant à la difficulté de la tâche. Nous savons qu'il y a beaucoup de cyniques, et qu'il y aura des écueils qui sembleront leur donner raison. Mais il y aura aussi des jours comme aujourd'hui, qui nous font progresser - des jours qui racontent une histoire différente. C'est l'histoire d'un monde qui comprend qu'aucune division, aucune différence n'a suffisamment d'importance pour détruire tout ce que nous avons construit et tout ce que nous aimons. C'est cette prise de conscience qui peut rassembler des gens de nationalités, d'ethnies et d'idéologies diverses. Dans mon propre pays, elle a uni des démocrates et des républicains - par exemple George Shultz, Bill Perry, Henry Kissinger et Sam Nunn, qui sont parmi nous aujourd'hui. Et c'est un président républicain, Ronald Reagan, qui a autrefois articulé, en termes très sobres, l'objectif que nous recherchons aujourd'hui. Je cite :
« Il est impossible de gagner une guerre nucléaire. Il ne faut jamais la faire. Et quelle que soit l'énormité des obstacles, nous ne devons jamais ralentir nos efforts de réduction des armes de guerre. Nous ne devons avoir de cesse que nous n'ayons vu l'avènement du jour où les armes nucléaires auront été supprimées de la surface de la Terre. »
Telle est notre tâche. Cela peut être notre destinée. Et nous terminons cette séance plus que jamais résolus à atteindre notre objectif commun. Je vous remercie.
Conformément à l'accord passé entre les membres du Conseil, je souhaite rappeler à tous les orateurs que leur allocution ne doit pas dépasser les cinq minutes, afin de permettre au Conseil de travailler rapidement. Les délégations qui ont des déclarations plus longues voudront bien en faire circuler le texte et en prononcer une version condensée lorsqu'ils s'adresseront au Conseil.
J'invite maintenant le distingué secrétaire général, Son Excellence Ban Ki-moon, à prendre la parole.
(Fin de la transcription)