Paix et sécurité | Vers un monde plus stable

22 septembre 2009

Les États-Unis espèrent une percée à l'ONU sur le désarmement nucléaire

 
Susan Rice
L'ambassadrice des États-Unis auprès des Nationa unies, Mme Susan Rice.

Washington - Les États-Unis ont bon espoir qu'un consensus sur la non-prolifération et le désarmement nucléaires se dégagera sous forme de résolution de la conférence au sommet du Conseil de sécurité de l'ONU qui se tiendra le 24 septembre sous la présidence du président Obama. C'est la première fois qu'un chef de l'exécutif américain préside un tel sommet.

C'est ce qu'a déclaré la représentante permanente des États-Unis à l'ONU, Mme Susan Rice, lors d'un point de presse, le 18 septembre. Cette résolution, dont le texte définitif pourrait être prêt sous peu, devrait être « significative et complète » ; elle devrait notamment « raffermir les fondements tant normatifs que substantifs » des programmes de désarmement nucléaire, renforcer le régime international de non-prolifération nucléaire et fixer un mécanisme de contrôle du stockage des matières fissiles.

Dans un discours prononcé le 5 avril, à Prague, le président Obama s'était dit déterminé « à œuvrer en faveur de la paix et de la sécurité d'un monde débarrassé des armes nucléaires » ; la composante désarmement du projet de résolution est « significative » et reflète l'objectif du président, a souligné Mme Rice.

Les États-Unis espèrent aussi que la résolution « donnera un élan » en 2010 à la conférence d'examen du Traité de non-prolifération nucléaire, de même qu'aux initiatives visant à assurer le stockage sûr du matériel nucléaire avant la tenue d'une conférence au sommet que M. Obama va convoquer en mars 2010.

« Notre objectif, en ce qui concerne ce dossier, est de souligner l'ampleur mondiale du risque de prolifération, l'obligation que partagent tous les pays d'y faire face, les mesures positives à prendre en vue de réduire les dangers nucléaires, enfin le rôle crucial que doit jouer le Conseil de sécurité pour contrer ces menaces de plus en plus lourdes et pressantes », a souligné Mme Rice.

Par ailleurs, Mme Rice a indiqué que le président Obama devait prononcer un discours lors du sommet sur les changements climatiques tenu le 22 septembre sous l'égide du secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon. Cette allocution devait être « l'occasion pour M. Obama de réaffirmer la détermination des États-Unis de relever ce défi et de discuter des solutions possibles avec un auditoire mondial aussi divers que possible et aux plus hauts niveaux ».

M. Ban Ki-moon considère ce sommet comme le moyen de rassembler la communauté internationale autour de ce thème « pour encourager les progrès » et « donner un élan politique » aux pourparlers prévus à Copenhague (Danemark), en décembre, quand les dirigeants de la communauté internationale tenteront de parvenir à un nouvel accord sur le climat qui succédera au Protocole de Kyoto de 1997, a dit Mme Rice.

« Il est évident que le chemin pour y arriver est difficile et je ne pense pas que quiconque ait aucune illusion à ce sujet », a ajouté la représentante permanente des États-Unis à l'ONU. Mais l'élément le plus significatif de la réunion de New York « sera la participation de nombreux dirigeants, dont ceux, d'un côté, des pays les plus vulnérables et les plus fragiles aux conséquences des changements climatiques et qui luttent pour s'y adapter, qui ont besoin de la technologie et de l'appui de la communauté internationale pour poursuivre leur développement en dépit du réchauffement de la planète, et de l'autre, ceux des nations qui contribuent le plus à ces changements climatiques, réunis tous ensemble pour collaborer sérieusement afin de régler ce problème. »

Chaque pays devra reconnaître la réalité des changements climatiques, « sans nier les données scientifiques et les faits », a dit Mme Rice, et « parler concrètement des mesures qu'il compte prendre au niveau national et en commun avec la communauté internationale pour faire face à ce défi ».

Le président Obama mettra en évidence l'importance qu'accordent les États-Unis aux changements climatiques et au défi qu'ils constituent. Et il soulignera que « c'est un problème qui nous touche tous, et que chacun d'entre nous devra faire sa part afin que nous puissions accomplir les progrès concrets qui nous permettront de le régler », a ajouté Mme Rice.

Par ailleurs, Mme Rice a indiqué que le président Obama devait être l'hôte, le 22 septembre, d'un déjeuner pour les chefs d'État et de gouvernements africains ; cette occasion, la première du genre en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, permettra au chef de l'exécutif américain de s'entretenir avec les dirigeants des gouvernements de l'Afrique subsaharienne des moyens d'œuvrer de concert pour renforcer le développement économique et social.

« Ces entretiens porteront sur trois thèmes principaux : la création d'emplois, notamment pour les jeunes ; la mise en place d'un climat plus propice au commerce et aux investissements ; enfin, les moyens de mobiliser le secteur agricole africain afin qu'il devienne une source d'emplois et augmente son rendement pour pouvoir nourrir les populations du continent », a expliqué Mme Rice. Ce sont là les dossiers les plus pressants pour les pays africains, a-t-elle souligné, et ce déjeuner sera « l'occasion de mettre l'accent sur le fait que nous partageons l'intérêt du continent à relever ces défis ».

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