Paix et sécurité | Vers un monde plus stable

18 septembre 2009

Le président Obama annonce un nouveau plan visant à protéger l'Europe des missiles iraniens

 
Une missile.
Le danger, en provenance de l'Iran, découlerait davantage des missiles à courte et à moyenne portées, selon des experts américains.

Washington - Invoquant la nécessité de détenir un dispositif antimissile mieux adapté à l'Europe et qui utilise une « technologie fiable et moins coûteuse », le gouvernement Obama a rendu public son plan de déploiement progressif de capteurs radar et d'intercepteurs de missiles destiné à réduire toute menace balistique en provenance de l'Iran.

S'exprimant le 17 septembre à la Maison-Blanche, le président Obama a dit que ce nouveau projet provenait de la recommandation unanime du ministre de la défense, M. Robert Gates, et du chef de l'état-major interarmes, faite à l'issue d'un examen approfondi du plan de défense antimissile pour l'Europe, plan proposé en 2007 prévoyant le déploiement d'un radar et d'intercepteurs de missile, respectivement en République tchèque et en Pologne.

Ce déploiement n'est plus nécessaire, selon les dernières évaluations des programmes nucléaire et balistique iraniens par les services de renseignement des États-Unis, d'autant que, par ailleurs, le nouveau plan incorpore les avancées techniques accomplies dans le domaine de la défense antimissile. Celui-ci « offrira davantage de possibilités et une meilleure défense contre le danger d'une attaque de missiles tout en tirant profit des systèmes disponibles qui ont fait leurs preuves », a souligné M. Obama.

Les derniers rapports des services de renseignement américains indiquent que le danger, en provenance de l'Iran, découle davantage des missiles à courte et à moyenne portées, tel le Chahab-3 qui peut atteindre l'Europe, que des missiles balistiques intercontinentaux comme l'anticipait le plan de 2007. En outre, a indiqué M. Obama « nous avons accompli des avancées technologiques spécifiques dont l'efficacité a été démontrée, notamment au niveau des intercepteurs de missile basés sur terre et sur mer et des capteurs radar qui leur servent d'appui ».

Le nouveau bouclier a été conçu de manière à pouvoir s'adapter à l'évolution constante de la technologie de défense antimissile pour offrir une protection de plus en plus élevée, a dit le chef de l'exécutif américain.

 « Autrement dit, notre nouveau dispositif antimissile en Europe sera capable de défendre les forces américaines et les alliés des États-Unis de manière plus puissante, plus intelligente et plus rapide. Il sera plus complet que celui qui avait été envisagé auparavant ; il fournira des moyens de défense rentables et efficaces ; il appuiera et renforcera notre dispositif de protection du territoire américain contre la menace des missiles balistiques à longue portée ; et il assurera et améliorera la protection de tous nos alliés de l'OTAN », a déclaré M. Obama.

Le président a souligné que les États-Unis et leurs alliés persévéreraient dans leurs initiatives de « diplomatie ferme » face aux activités nucléaires de l'Iran, soulignant que rien ne pouvait se substituer au fait que l'Iran se doit de respecter ses obligations internationales. Le bouclier antimissile en Europe visait toujours clairement à contrer la menace iranienne et les inquiétudes de la Russie au sujet du plan antérieur avaient été « entièrement dénuées de fondement », a dit M. Obama. Il s'est félicité de la coopération russe dans cette nouvelle approche, ajoutant qu'il espérait qu'elle comprendrait notamment une décision de la part de Moscou de modifier « ses capacités de défense antimissile pour les adapter au cadre général de nos intérêts stratégiques communs ».

Selon la fiche d'information publiée par la Maison-Blanche le 17 septembre sur la politique de défense antimissile des États-Unis, le nouveau bouclier se fondera surtout sur des versions modernisées du Standard Missile-3 (SM-3) et d'un réseau de capteurs en Europe pour contrer la menace iranienne. La première phase de déploiement du nouveau bouclier devrait s'effectuer en 2011, soit 5 ou 6 ans plus tôt que prévu par le plan établi en 2007, et l'approche en quatre étapes « élargirait systématiquement l'étendue des territoires défendus étant donné que l'on s'attend à ce que la menace continue de croître », apprend-on de cette fiche d'information qui précise « que d'ici 2018, selon le calendrier prévu, toute l'Europe sera protégée par notre dispositif collectif de défense antimissile. »

À l'heure actuelle, les intercepteurs de missiles SM-3 peuvent être déployés sur des bâtiments de guerre Aegis de la marine des États-Unis ; ils ont réussi à atteindre un satellite tombé en décrépitude et désigné comme cible lors d'un essai effectué en février 2008, lit-on dans la fiche d'information. « En outre, la recherche et le développement prévus pour les prochaines années offrent la possibilité de mettre au point des capteurs radar plus variés et plus puissants » de même que de nouvelles versions de ce missile, comme envisagé dans un calendrier qui s'étendrait jusqu'en 2020.

Le dispositif d'intercepteurs et de capteurs proposé « n'exige pas le déploiement en Europe d'un grand radar unique en République tchèque comme le prévoyait l'ancien plan », tandis que l'usage d'une technologie de détection différente de celle envisagée en 2007 élimine le besoin d'installer en Pologne « dix missiles intercepteurs-sol dans un secteur unique », explique la fiche d'information.

 En revanche, le nouveau plan prévoit, outre la possibilité d'incorporer des structures navales, « de nombreux sites potentiels » pour les éléments du bouclier basés au sol « dont certains pourraient être déplaçables ». Selon les informations fournies sur cette fiche, les États-Unis prévoient « de déployer certains éléments en Europe septentrionale et méridionale et tiendront des consultations étroites avec leurs alliés de l'OTAN sur les options spécifiques relatives à ce sujet ».

 Lors d'une conférence de presse le 17 septembre au Pentagone, M. Gates, et le chef d'état-major interarmes adjoint, le général James Cartwright, ont indiqué que le nouveau bouclier, en étant plus adaptable, pourrait théoriquement être déployé dans d'autres régions du monde pour contrer la menace de missiles balistiques.

 Par exemple, a dit M. Gates, les États-Unis œuvrent de concert avec Israël pour l'aider à améliorer ses capacités de défense antimissile, notamment en provenance de l'Iran, et ce, en partie dans l'espoir « que cela rassurera les autorités israéliennes qu'il est possible de persévérer pendant quelque temps encore » avec les initiatives diplomatiques visant à régler la question du programme de missiles balistiques iranien.

 Les États-Unis pensent « qu'il reste encore du temps pour utiliser la diplomatie et, je pourrais même dire, les sanctions pour convaincre les Iraniens du fait que leur sécurité sera affaiblie plutôt que renforcée s'ils continuent de chercher à se doter d'armes nucléaires », a souligné M. Gates.

 Le général Cartwright a ajouté que si le nouveau bouclier se révèle à la hauteur de nos espoirs, « il offrira une autre forme crédible (…) de dissuasion qui est l'alternative à un dispositif fondé uniquement sur des capacités offensives ».

 Une telle stratégie n'est pas seulement utile au Proche-Orient, a dit le général Cartwright. « Elle l'a été en Asie pacifique, comme vous pouvez le constater par les investissements faits à ce niveau par les Sud-coréens et les Japonais en réponse aux agissements de la Corée du Nord. »

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?