16 septembre 2009

Washington - L'Iran peut soit abandonner son programme de mise au point d'armes nucléaires et rejoindre la communauté internationale, soit faire face à un isolement encore plus profond, a déclaré le porte-parole du département d'État, M. Ian Kelly, lors d'un point de presse le 14 septembre.
Les entretiens prévus pour le 1er octobre avec des responsables iraniens peuvent être la première étape essentielle à la reprise des négociations actuellement dans l'impasse, a-t-il ajouté. Selon de nombreuses puissances mondiales, l'objectif du programme iranien est de mettre au point des armes nucléaires, et de l'avis de spécialistes dans ce domaine, l'acquisition par l'Iran d'armes nucléaires créerait une situation d'instabilité qui menacerait la sécurité.
« Nous avons l'intention de soulever directement cette question avec l'Iran et de mettre l'accent sur le fait que ce pays ne s'acquitte pas actuellement de ses obligations. Ce sera le point central de nos pourparlers avec les négociateurs iraniens le 1er octobre. L'Iran peut s'avancer sur la voie qui conduira à son intégration à la communauté internationale ou il peut choisir de continuer sur le chemin qui mènera à son isolement », a dit M. Kelly. « Et nous craignons qu'il se trouve actuellement sur ce dernier du fait qu'il ne remplit pas ses obligations à l'égard de la communauté internationale. »
La porte-parole de M. Javier Solana - le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union européenne - a confirmé le 14 septembre à la presse que celui-ci s'était entretenu avec le principal négociateur iranien pour le nucléaire, M. Saeed Jalili, et qu'ils avaient convenu de tenir des pourparlers le 1er octobre. Pour sa part, M. Kelly a précisé que cette rencontre se tiendrait vraisemblablement dans un endroit neutre bien qu'aucune décision n'ait encore été prise à ce sujet.
Six pays - l'Allemagne, la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie - mènent les négociations sur le programme iranien. Mais les pourparlers sont dans l'impasse depuis près d'un an, quand ils avaient exigé de l'Iran, à l'instar du Conseil de sécurité de l'ONU, de suspendre ses activités d'enrichissement de l'uranium. Le groupe formé par ces six pays a été baptisé P5+1 du fait qu'il s'agit des cinq membres permanents de ce conseil plus l'Allemagne. Il avait été créé suite aux initiatives entreprises par la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni pour convaincre les responsables iraniens de suspendre leur programme d'enrichissement de l'uranium en échange d'un ensemble de mesures d'incitation.
Les six puissances avaient offert des mesures commerciales et diplomatiques favorables à l'Iran, il y a trois ans, pour l'inciter à abandonner ses activités d'enrichissement de l'uranium, puis avaient ajouté l'an dernier de nouveaux éléments incitatifs. Mais les autorités iraniennes continuent de rejeter cette suspension comme condition préalable aux négociations.
L'enrichissement de l'uranium est une étape nécessaire à la fabrication d'une bombe nucléaire. Et il se peut que l'Iran possède déjà assez de combustible enrichi pour en fabriquer une, a indiqué, le 9 septembre, un diplomate des États-Unis à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne.
Le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, M. Robert Gibbs, a dit que nombre de pays s'inquiétaient du programme d'armement nucléaire iranien. « Si l'Iran ne veut pas parler de son programme illicite d'armes nucléaires, je pense que cela renforce alors la position de la communauté internationale quand celle-ci souligne le fait que Téhéran ne s'acquitte toujours pas de ses obligations », a précisé M. Gibbs.
L'ambassadeur des États-Unis, M. Glyn Davies, a récemment exprimé ces mêmes préoccupations au Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique. « Nous nous inquiétons du fait que l'Iran cherche délibérément à s'arroger toujours l'option, du moins, de pouvoir fabriquer des armes nucléaires », a dit M. Davies. « Ces activités d'enrichissement de l'uranium qui se poursuivent (…) rapprochent l'Iran du moment où il sera doté de toutes les capacités dangereuses et déstabilisantes auxquelles ce programme peut mener. »
Un nouveau rapport du directeur général de l'AIEA, M. Mohamed ElBaradei, indique que l'Iran possède au moins 1.430 kilogrammes d'hexafluorure d'uranium, un ingrédient essentiel à la fabrication de bombes nucléaires et qui peut être enrichi au point de devenir de qualité militaire, a expliqué M. Davies.
« L'Iran est presque sur le point d'avoir, ou bien possède déjà, assez d'uranium faiblement enrichi pour fabriquer une arme nucléaire », a ajouté l'ambassadeur Davies. « L'Iran a manqué l'occasion de répondre aux inquiétudes de la communauté internationale au regard de son programme nucléaire. »
M. ElBaradei a déclaré lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA que l'Iran n'avait suspendu ni ses activités d'enrichissement ni ses travaux sur des projets d'eau lourde comme l'avait exigé le Conseil de sécurité.
Le porte-parole du département d'État, M. Kelly, a indiqué que le groupe des six puissances tiendraient vraisemblablement des consultations en marge de l'Assemblée générale des Nations unies qui s'ouvre la semaine prochaine à New York.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a imposé trois séries de sanctions politiques et économiques contre l'Iran dans le but de convaincre ses dirigeants de mettre fin à l'enrichissement de l'uranium et d'abandonner leurs plans de se doter d'un programme de mise au point d'armes nucléaires.