30 octobre 2009

Washington - Les questions, les possibilités et les défis auxquels fait face Washington dans la région du Moyen-Orient sont parmi les plus importants en termes des conséquences qu’ils peuvent avoir sur la sécurité et les intérêts États-Unis, a déclaré le secrétaire d’État adjoint aux affaires proche-orientales, M. Jeffrey Feltman.
« Ce gouvernement œuvre avec vigueur à l’instauration d’une paix générale dans la région, ce qui est, nous en sommes convaincus, non seulement dans l’intérêt des parties concernées, mais aussi dans celui des États-Unis et du reste du monde », a-t-il indiqué, le 28 octobre, lors d’une séance d’une sous-commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants à Washington. M. Feltman, qui a fait un exposé sur la politique actuelle des États-Unis à l’égard du Moyen-Orient et sur les relations avec les pays de la région, a précisé : « Le gouvernement Obama a reconnu dès son entrée en fonction que les efforts de règlement du conflit arabo-israélien étaient la clés de la stabilité, de la réponse aux besoins sécuritaires de nos alliés et de la promotion des intérêts des États-Unis au Moyen-Orient, en Asie du Sud et dans les pays musulmans de par le monde - du Maroc à l’Indonésie. » Et d’ajouter : « Réaliser une paix globale est un défi peu aisé. »
Des progrès sur la voie de la paix dans le conflit israélo-arabe se font à l’heure actuelle, mais ils exigent des efforts diplomatiques patients et constants, a dit M. Feltman aux députés, soulignant toutefois que le règlement de ce conflit ne résoudrait pas automatiquement les autres problèmes de la région.
Par rapport à l’Iran, M. Feltman a indiqué que le gouvernement Obama avait adopté une stratégie d’engagement basée sur des principes bien définis. La rencontre qui a eu lieu le 1er octobre à Genève, entre des responsables iraniens et les délégués des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU - la Chine, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie - plus ceux de l’Allemagne, qui forment le groupe appelé P5+1, a été une première étape positive, mais il faut maintenant lui donner suite avec des actes constructifs et des mesures tangibles, a dit M. Feltman.
Les représentants du P5+1 se sont réunis avec des responsables iraniens à Genève dans le cadre d’initiatives visant à convaincre le régime de Téhéran d’abandonner ses plans de mise au point d’armes nucléaires. Le gouvernement iranien a donné son accord préliminaire à un arrangement dans le cadre duquel il enverrait ses stocks d’uranium faiblement enrichi à la Russie où ils seraient retraités avant de lui être renvoyés aux fins d’alimentation d’un réacteur de recherche. L’objectif de ce plan est d’empêcher l’Iran d’utiliser l’uranium hautement enrichi pour fabriquer une bombe atomique tout en appuyant ses efforts pour se doter d’énergie nucléaire à des fins pacifiques, en l’occurrence en lui fournissant du combustible pour un réacteur de recherche servant à générer de l’électricité. « Nous espérons que l’Iran répondra rapidement et de manière positive aux initiatives du P5+1 et de l’Agence internationale de l’Energie atomique, en s’acquittant des engagements pris le 1er octobre afin d’instaurer la confiance entre les parties aux négociations », a précisé M. Feltman.
Par ailleurs, le Congrès des États-Unis examine actuellement les sanctions économiques supplémentaires qu’il pourrait imposer contre le régime iranien afin de le convaincre d’accepter les mesures d’incitation offertes en échange de son renoncement à ses ambitions nucléaires militaires. Le 28 octobre, la commission des affaires étrangères a soumis à la Chambre des représentants des propositions de loi qui imposeraient des sanctions sur des compagnies du secteur pétrolier - sanctions qui, si elles étaient promulguées, entraîneraient une forte augmentation du prix de l’essence et pourraient paralyser l’économie iranienne.
La région dans son ensemble
Au regard de l’Irak, M. Feltman a indiqué que les États-Unis demeuraient résolus à appuyer ce pays à l’approche des élections législatives tout en s’apprêtant à respecter l’accord conclu avec le gouvernement de Bagdad de retirer leurs forces de combat du pays d’ici août 2010, et l’ensemble de leurs effectifs à la fin de 2011.
Par ailleurs, Washington demeure ferme dans son appui à la souveraineté et à l’indépendance du Liban, un appui qui ne saurait être compromis par d’autres engagements dans la région, a ajouté M. Feltman. « Nous sommes conscients de la situation intérieure délicate au Liban, et nous savons aussi qu’une solution durable au conflit arabo-israélien ne saurait exister aux dépens du Liban. » M. Feltman a aussi déclaré : « Nous continuons d’appuyer les efforts du premier ministre désigné, M. Saad Hariri, pour former un gouvernement fondé sur les résultats des élections légitimes tenues en juin dernier. » M. Hariri tente en effet de créer un gouvernement de coalition, mais il se heurte à l’opposition du Hezbollah, un groupe considéré comme terroriste par les États-Unis. « Nous demeurons très préoccupés par le rôle du Hezbollah au Liban, notamment par le fait qu’il maintient un vaste arsenal d’armes de plus en plus sophistiquées », a dit M. Feltman.
Il a aussi indiqué que le président Obama avait donné le feu vert à un dialogue soutenu, mais fondé sur des principes précis, avec la Syrie ; il a aussi précisé que le régime de Damas devait comprendre que l’engagement de Washington dépendait de sa coopération sur des dossiers revêtant un intérêt particulier pour les États-Unis, dont « le respect de la souveraineté du Liban et le contrôle des combattants étrangers qui cherchent à pénétrer en Irak ».
(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)