08 octobre 2009
Les propos d'une diplomate du département d'État des États-Unis

Washington - Les démarches visant à endiguer la prolifération des armes nucléaires et à prévenir le terrorisme nucléaire devraient être partagées. Il faut notamment des « efforts collectifs » pour empêcher certains pays de franchir le « seuil nucléaire », a déclaré la sous-secrétaire d'État américaine à la maîtrise des armements et à la sécurité internationale, Mme Ellen Tauscher, lors d'une réunion de la Première Commission (désarmement et sécurité internationale) de l'Assemblée générale des Nations unies sur le désarmement, qui s'est tenue le 6 octobre à New York.
Dans sa déclaration liminaire, Mme Tauscher a affirmé que le gouvernement Obama avait entamé des « démarches concrètes » pour débarrasser le monde des armes nucléaires, mais que cette entreprise devait être « une responsabilité partagée parce qu'aucune nation, aussi puissante soit-elle, ne pouvait l'assumer seule ».
Elle a ajouté que la résolution 1887 du Conseil de sécurité, adoptée en septembre, constituait une avancée vers la réduction de la menace posée par les armes nucléaires. Ce document demande notamment à toutes les parties au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) de respecter complètement leurs obligations de non-prolifération et de désarmement, affirme que des garanties effectives de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sont essentielles de ce point de vue et signifie clairement que le Conseil de sécurité a l'intention de ne laisser passer aucune violation de ce traité.
À cette fin, les États-Unis sont notamment en train de négocier avec la Russie un accord de suivi au Traité de réduction des armes stratégiques (START) afin de réduire encore plus le nombre d'armes nucléaires et de vecteurs dans chacun de ces deux pays.
« Dans quelques années, les États-Unis auront 75 % de moins d'armes nucléaires stratégiques déployées par rapport à la fin de la guerre froide », a dit Mme Tauscher.
De plus, a-t-elle ajouté, le président Obama a convoqué, pour le mois d'avril 2010, un sommet sur la sécurité nucléaire afin de discuter des risques de terrorisme nucléaire et de la nécessité de mettre les matières nucléaires en sécurité.
Elle a précisé que, par ailleurs, les États-Unis feraient leur possible pour revigorer le TNP, qu'elle a qualifié de « charnière » du régime international de non-prolifération.
« Les prémisses du TNP sont rationnelles : les pays dotés de l'arme nucléaire vont évoluer vers le désarmement ; ceux qui en sont dépourvus ne feront rien pour l'acquérir ; et tous les pays ont droit à l'énergie nucléaire pacifique. Nous sommes prêts à faire notre part pour respecter les trois piliers de cet accord international vital. »
Le gouvernement Obama œuvre également avec le Sénat à la ratification du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE), de façon qu'on n'ait plus de ces derniers qu'un vague souvenir.
Afin de stopper la production de matières utilisables dans les armes atomiques, les États-Unis soutiennent également l'engagement de négociations sur un traité d'interdiction de la production de matières fissiles (TIPMF), qui s'inscrit dans un plan adopté en mai dernier lors de la Conférence du désarmement.
« Nous exhortons les membres de la conférence à ne pas s'embourber dans des motions et des objections de procédure lorsque la conférence reprendra ses travaux en janvier 2010. » Les États-Unis comprennent que plusieurs pays ont des inquiétudes au sujet du projet de traité, a précisé Mme Tauscher, mais ils sont d'avis qu'il y a moyen de discuter. « Il y a trop longtemps que la conférence est inactive ; il est temps de se remettre au travail. »
Par ailleurs, les États-Unis demeurent fermement engagés envers les conventions d'interdiction des armes chimiques et biologiques, et « aucun gouvernement n'a fait plus que le nôtre pour éliminer les stocks excédentaires d'armes et de munitions classiques, ainsi que pour stopper le trafic des armes légères et de petit calibre ».
À court terme, toutes ces mesures « vont promouvoir l'instauration d'un environnement international plus sécurisé et plus stable, renforcer le régime de non-prolifération nucléaire et entraver les tentatives des terroristes d'acquérir des armes ou des matières nucléaires ».
« Mais les États-Unis ne peuvent pas tout faire seuls. Étant donné qu'il s'agit de menaces communes, chaque pays doit prendre la responsabilité de réduire la menace émanant des armes nucléaires. »
« Cette responsabilité ne s'arrête pas à la décision de renoncer à l'arme nucléaire et d'accepter les garanties de l'AIEA pour donner la preuve de la sincérité de cette décision. Elle doit continuer par le biais d'une participation aux efforts collectifs visant à empêcher certains pays de franchir le seuil nucléaire », a dit Mme Tauscher.