08 octobre 2009

Washington - Le président Obama et son équipe de sécurité nationale sont en train d'examiner un éventail de stratégies visant à instaurer la sécurité à long terme en Afghanistan. C'est ce qu'ont déclaré la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton et le ministre de la défense Robert Gates lors d'un entretien accordé à CNN et diffusé le 6 octobre.
« Nous étudions la situation sur le terrain, a affirmé Mme Clinton. Nous ne voulons rien laisser de côté, parce que nous voulons qu'au bout du compte, le président puisse prendre une décision en toute confiance et persuadé qu'elle nous rapprochera de notre objectif essentiel (….) qui est de protéger notre pays, de prévenir des attaques qui le viseraient et de veiller à nos intérêts et à ceux de nos alliés. »
« Il est déjà suffisamment difficile de relever les défis émanant de l'Afghanistan, du Pakistan et d'Al-Qaïda, sans avoir à subir la pression de prendre une décision rapide, avant d'avoir eu le temps de poser les questions épineuses. C'est contreproductif », a dit Mme Clinton.
M. Obama a entamé une série de consultations avec les membres de son Conseil national de sécurité, les chefs de file du Congrès, les pays alliés et des experts civils de la sécurité nationale. Le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, M. Robert Gibbs, a annoncé que le président prendrait peut-être plusieurs semaines pour prendre sa décision finale.
Le 6 octobre, M. Obama s'est entretenu avec 30 membres influents du Sénat et de la Chambre des représentants à la Maison-Blanche au sujet de l'Afghanistan et du Pakistan. Il leur a également expliqué ce qu'il entendait accomplir avec son évaluation de la situation. Il a aussi indiqué qu'il n'avait pas l'intention de réduire considérablement les forces américaines déployées en Afghanistan, ni de transformer leur mission afin de la réduire à la chasse aux terroristes et aux chefs d'Al-Qaïda. La question qu'il n'a pas encore tranchée est celle d'un renforcement substantiel des effectifs en Afghanistan, sur le modèle de ce qui a été fait efficacement en Irak.
Le 6 octobre, le Sénat a approuvé, par un vote de 93 voix contre 7, une loi d'attribution budgétaire de 626 milliards de dollars pour la défense durant l'année budgétaire 2010. Ce budget prévoit notamment 129 milliards de dollars au titre des opérations en Irak et en Afghanistan.
La stratégie en Afghanistan et au Pakistan
Le 27 mars dernier, le président Obama a annoncé ses objectifs en Afghanistan en déclarant : « Nous avons un objectif clair et précis : perturber, démanteler et battre Al-Qaïda au Pakistan et en Afghanistan, et empêcher son retour dans ces pays à l'avenir. »
« Nous ne sommes pas en Afghanistan pour contrôler ce pays, ni pour lui dicter son avenir. Nous sommes en Afghanistan pour lutter contre un ennemi commun qui menace les États-Unis, leurs amis et leurs alliés, ainsi que les peuples de l'Afghanistan et du Pakistan. »
En juin dernier, il a nommé le général Stanley McChrystal au commandement des forces des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan, et l'a chargé de mettre en œuvre sa stratégie. Le président a en outre demandé au général McChrystal de lui fournir régulièrement une évaluation de la situation et de lui donner son avis sur les moyens nécessaires à déployer pour accomplir sa mission. M. Obama est donc en ce moment en train d'étudier l'évaluation du général McChrystal.
Les deux hommes se sont brièvement entretenus le 2 octobre à bord de l'avion présidentiel, après l'atterrissage de ce dernier à Copenhague. M. McChrystal, qui était à Londres afin de prononcer un discours, a reçu l'ordre de se présenter devant le président à Copenhague. On pense que le général réclamera bientôt des troupes supplémentaires en Afghanistan afin de tenter de stopper la détérioration de la situation.
« Je pense qu'il faut d'abord établir nos objectifs. Pouvons-nous les atteindre ? Je pense que la réponse ne fait aucun doute : absolument », a dit M. Gates lors de l'entretien accordé à CNN.
Il a affirmé qu'indépendamment de ce que déciderait le président au sujet des effectifs, les États-Unis resteraient en Afghanistan.
« Nous n'allons pas quitter l'Afghanistan. Notre détermination à rester dans ce pays et à continuer d'établir une relation de coopération et de confiance avec le Pakistan ne devrait pas être mise en doute. Ce sont là des objectifs stratégiques des États-Unis et, pour maintes raisons, le Pakistan est un pays stratégiquement important. »
Il a ajouté que l'incapacité des États-Unis et de leurs alliés de déployer des troupes supplémentaires en Afghanistan avait contribué à la récente résurgence des talibans.
« Je ne peux que confirmer les propos du général McChrystal lorsqu'il dit que la situation en Afghanistan est grave et qu'elle se détériore. Mais il va falloir partir de là. »
« La réalité est que du fait de notre incapacité et, franchement, de celle de nos alliés, de déployer des renforts sur le terrain, il semble que les talibans aient en ce moment l'avantage. »
À la fin du mois de mars dernier, le président Obama a annoncé une nouvelle stratégie civile, militaire et diplomatique en Afghanistan et au Pakistan, dont l'objectif est de perturber, de démanteler et de battre Al-Qaïda et de l'empêcher d'orchestrer une nouvelle attaque terroriste contre les États-Unis.
M. Obama a choisi le général McChrystal, un ancien des forces spéciales de l'armée des États-Unis, pour mener à bien le volet militaire de cette mission. M. McChrystal a été retenu, en partie, pour sa connaissance approfondie des opérations de contre-insurrection et des conflits du type de celui auquel sont aux prises les forces américaines et celles de la Mission d'assistance à la sécurité dirigée par l'OTAN.