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07 octobre 2009

La violence en Guinée est une « infâme violation » des droits de l'homme

Les propos de Mme Clinton au sujet de la répression militaire

 
Une homme montre une photo de victimes de violence en Guinée le 28 septembre.
Un homme guinéen tient une photo des membres de sa famille tués par les autorités le 28 septembre 2009.

Washington - Selon la secrétaire d'État américaine, Mme Hillary Rodham Clinton, il faut lancer une enquête internationale sur les meurtres et viols perpétrés par les forces guinéennes de sécurité contre des manifestants pacifiques et de simples observateurs rassemblés dans un stade de la ville de Conakry.

« Il ne devrait y avoir aucune impunité » pour les auteurs de ces atrocités, a dit Mme Clinton, le 6 octobre, alors qu'elle recevait le ministre pakistanais des affaires étrangères, M. Shah Mehmood Qureshi.

« La récente violence survenue en Guinée nous a révulsés et outrés. Les meurtres et les viols aveugles qui ont été perpétrés sous le contrôle du gouvernement et par ses troupes constituent une infâme violation des droits du peuple de ce pays. »

Le département d'État a en effet annoncé, le 30 septembre dernier, que la garde présidentielle guinéenne avait tué 157 personnes et blessés 1.200 autres lors d'incidents survenus deux jours plus tôt. Le 30 septembre toujours, le Conseil de sécurité des Nations unies a à son tour condamné la violence et réclamé un prompt retour à la règle de droit, à la démocratie et à l'ordre constitutionnel par le biais des élections prévues en 2010.

Mme Clinton a affirmé que la junte militaire au pouvoir en Guinée devait faire des excuses sincères à ceux qui s'étaient réunis dans le stade afin de manifester contre le coup d'État du 23 décembre 2008 et la suspension de la constitution du pays. « Ils leur doivent non seulement des excuses verbales, mais aussi la reconnaissance du fait qu'ils ne peuvent pas rester au pouvoir et qu'ils doivent redonner au peuple le droit de choisir ses dirigeants. »

Mme Clinton, qui a fait des droits de la femme son cheval de bataille, a présidé, le 30 septembre, une séance du Conseil de sécurité qui a abouti à l'adoption de la résolution 1888. Ce document prescrit les mesures que peuvent prendre les Nations unies et les États membres pour prévenir la violence sexuelle en période de conflit.

« Vous ne serez pas surpris d'apprendre que j'ai été particulièrement horrifiée par la violence perpétrée contre les femmes. En plein jour, dans un stade, cela relève de la plus haute criminalité », a-t-elle déclaré à la presse le 6 octobre.

« Ceux qui ont commis ces actes ne devraient avoir aucune raison de penser qu'ils échapperont à la justice. Il devrait n'y avoir aucune impunité, et on devrait voir bientôt des démarches visant à traduire en justice les instigateurs et les auteurs des meurtres et des viols. »

Le gouvernement Obama a exprimé son indignation aux dirigeants militaires de la Guinée « dans les termes les plus fermes possibles » et leur a fait savoir qu'il avait l'intention « d'entreprendre les actions appropriées contre l'actuel gouvernement de ce pays », a précisé Mme Clinton.

Le porte-parole du département d'État, M. Ian Kelly, a précisé, le 6 octobre, que la condamnation américaine du massacre et des viols avait été transmise aux dirigeants guinéens lors de discussions entre le secrétaire d'État adjoint aux affaires africaines Johnnie Carson et le ministre guinéen des affaires étrangères Alexandre Cece Loua, et entre le sous-secrétaire d'État adjoint William Fitzgerald et le chef de la junte Dadis Camara.

« Ils ont demandé au capitaine Camara de restaurer l'ordre, d'assurer un meilleur commandement et une meilleure supervision des forces de sécurité, et d'autoriser une enquête internationale sur ces événements », a dit M. Kelly.

« C'est précisément à cause des événements horribles du 28 septembre que la secrétaire Clinton est allée au Conseil de sécurité la semaine dernière réclamer une action urgente pour protéger les femmes et les filles, qu'elle a décrites comme les victimes les plus vulnérables des guerres. »

« L'ONU et la communauté internationale doivent agir dès maintenant pour mettre fin à cette crise », a dit M. Kelly. Il a précisé que le gouvernement Obama était en train d'engager des démarches énergiques pour régler la situation. Il a également évoqué le fait que le ministre français des affaires étrangères, M. Bernard Kouchner, avait également réclamé une enquête internationale, et que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) avait pris la décision d'envoyer le président du Burkina Faso, M. Blaise Compaoré, en Guinée en tant que médiateur.

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