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01 octobre 2009

Les États-Unis condamnent la répression militaire « éhontée et répréhensible » en Guinée

 
Susan Rice, l'ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies
Mme Rice dit que le Conseil de sécurité soutient les demandes africaines pour une enquête sérieuse de la violence en Guinée.

Washington - Les forces de l'ordre guinéennes ont agi le 28 septembre de manière « éhontée et répréhensible » contre des manifestants non armés et pacifiques, a déclaré le département d'État le 29 septembre dans un communiqué où il demande à la junte au pouvoir en Guinée de libérer les chefs de l'opposition et de permettre le retour d'un régime civil « dans les meilleurs délais ».

Selon le porte-parole du département d'État, M. Ian Kelly, les États-Unis condamnent les mesures prises par la Garde présidentielle guinéenne, laquelle aurait ouvert le feu sur un groupe important de manifestants qui s'étaient rassemblés dans un stade de Conakry pour réclamer le départ du dirigeant militaire du pays, le capitaine Moussa Dadis Camara. La fusillade aurait fait au moins 157 morts et plus de 1.200 blessés.

« Ces forces militaires sont également accusées de s'être livrées à des viols brutaux et autres agressions sexuelles contre des manifestantes et de simples observatrices », a déclaré M. Kelly.

Le gouvernement Obama exige « la libération immédiate des chefs de l'opposition et le retour d'un régime civil dans les meilleurs délais », ce qui correspond « à ce qu'exige le peuple guinéen lui-même », a-t-il dit.

Les États-Unis tiennent en outre à ce que le Conseil national pour la démocratie et le développement, le parti au pouvoir, « respecte les engagements qu'il a pris et s'abstienne de présenter des candidats à la prochaine élection », a déclaré M. Kelly.

À New York, la représentante permanente des États-Unis auprès des Nations unies, Mme Susan Rice, a déclaré le 30 septembre à la presse que le Conseil de sécurité avait été informé de la répression violente en Guinée, qu'il la condamnait collectivement et exprimait sa « préoccupation des plus vives » à l'égard des informations en provenance de Conakry, déclarant que les actions de la junte mettaient en péril la paix et la sécurité régionales.

Mme Rice, qui est présidente en exercice du Conseil de sécurité, a déclaré que ce dernier approuvait les décisions et les déclarations publiques de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Union africaine à l'égard de la situation en Guinée, en particulier l'appel lancé par la CEDEAO à une enquête internationale et la déclaration de l'Union africaine annonçant un rapport sur ces événements et la prise possible de mesures, notamment des sanctions.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé aux forces de l'ordre guinéennes de cesser « sans délai » leurs actes de violence. Il a également fait siens les appels lancés à la junte à « traduire les coupables en justice, libérer tous les prisonniers politiques, les chefs de l'opposition et les particuliers qui se voient privés d'une procédure judiciaire régulière et (...) permettre le retour rapide de l'État de droit, de la démocratie et de l'ordre constitutionnel à la faveur des élections prévues pour 2010 ». Le Conseil a également demandé à la junte de tenir l'engagement qu'elle a pris de ne présenter à ces élections aucun candidat du Conseil national pour la démocratie et le développement.

Le 30 septembre, le secrétaire d'État adjoint américain chargé des affaires publiques, M. P.J. Crowley, a indiqué que la nouvelle des viols commis par des militaires guinéens a été diffusée alors que la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, défendait au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution destiné à protéger les femmes dans les zones de conflit.

« Cette résolution condamne le recours au viol comme tactique de guerre et, manifestement, ce sujet ne laisse pas de nous préoccuper alors que nous observons la violence en Guinée, en particulier la défaillance de la discipline parmi les forces militaires de ce pays, se traduisant par un nombre significatif de personnes tuées et de femmes violées », a affirmé M. Crowley, ajoutant que la résolution priait également le secrétaire général des Nations unies de nommer un représentant spécial qui serait chargé de « diriger, coordonner et promouvoir des mesures visant à mettre fin à la violence sexuelle ».

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