28 mai 2009
Service d'information du département d'État
Notre présente discussion porte sur les efforts croissants de la communauté internationale contre la piraterie au large des côtes de l'Afrique de l'Est.
Les États-Unis coopèrent actuellement avec plusieurs autres pays et organisations internationales pour trouver les moyens de dissuader de manière efficace les pirates de perpétrer des attaques au large de l'Afrique de l'Est.
Les Nations unies, la Ligue arabe, l'Union européenne et l'OTAN se sont joints aux États-Unis pour combattre ce problème qui ne cesse de prendre de l'envergure. Le 9 décembre 2008, les États-Unis ont soumis un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies qui autoriserait d'autres États à poursuivre les pirates en territoire somalien, après en avoir informé au préalable le gouvernement fédéral de transition de la Somalie. Une telle action contribuerait à mettre fin à la préparation d'actes de piraterie et au soutien dont ils pourraient bénéficier. La résolution autoriserait aussi les pays étrangers à entrer dans l'espace aérien somalien. Ces mesures élargiraient considérablement l'éventail des moyens dont disposent actuellement ceux qui luttent contre la piraterie en haute mer.
Selon le Bureau maritime international, quarante navires ont été abordés en 2008. Les pirates détiennent toujours des centaines de membres d'équipages. Les cargaisons saisies sont parfois très dangereuses. Des bâtiments de guerre des États-Unis et d'autres pays ont par exemple encerclé le navire ukrainien MV Faina quand il est tombé entre les mains des pirates avec son cargo de 30 chars de l'ère soviétique, d'armes et des munitions. Ce siège naval visait à empêcher le navire d'atteindre les côtes africaines pendant que des négociations étaient en cours. Après cinq mois, le propriétaire du navire a versé une rançon de 3,2 millions de dollars et les pirates ont quitté le navire en février 2009 ; entre-temps, son capitaine avait succombé aux suites d'une congestion cérébrale.
Les États membres de l'OTAN sont eux aussi déterminés à lutter contre la piraterie au large de la Corne de l'Afrique. Des bâtiments de guerre de différents pays, notamment l'Italie, le Royaume-Uni et la Turquie, escortent désormais les bateaux acheminant les approvisionnements humanitaires du Programme alimentaire mondial (le PAM) destinés à la Somalie, parce qu'il est devenu trop dangereux pour les navires commerciaux de circuler dans le golfe d'Aden. Cette mission a permis à la communauté internationale de livrer des tonnes de produits de première nécessité.
Bien que moins d'un pour cent des navires qui passent par le golfe d'Aden aient été inquiétés par les pirates, les experts prédisent que le problème va s'aggraver. La marine des États-Unis a déjà déployé des bâtiments de guerre dans le secteur pour décourager le terrorisme et contribuer à la formation des marines nationales africaines. Mais les forces navales ne peuvent pas à elles seules assurer la protection du commerce maritime sur plus d'un million de kilomètres carrés d'océan. De plus, au fur et à mesure que les organismes internationaux adoptent des mesures plus fermes et mieux coordonnées dans les eaux où sévissent les pirates, ceux-ci apprennent à cibler les défaillances qu'ils détectent dans les dispositifs maritimes.
Mais en dernière analyse, les solutions véritables au problème de la piraterie se situent sur la terre ferme. Tous les pirates doivent débarquer à un moment ou un autre, et l'anarchie qui règne dans des pays comme la Somalie leur permet de prospérer. C'est l'élément fondamental du problème, et il faut le régler.
Les États-Unis ont également parrainé l'adoption d'une résolution onusienne qui établit un dispositif de coopération entre la communauté internationale et le gouvernement somalien. L'accord avec la Somalie permet aux pays et organismes étrangers de prendre « toutes les mesures nécessaires » contre les pirates dans l'espace aérien, sur le territoire et dans les eaux territoriales de ce pays. Cet accès est limité à une période de douze mois, mais les experts sont d'avis qu'il faudra un engagement plus durable de la part de la communauté internationale pour rétablir la primauté du droit et créer un environnement sûr dans la région.